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Au sommaire

Culture
L'édito
1870-1871 : la guerre oubliée
Comment Châlons se prépara à la guerre de 1870
Demandez à Dieu de bénir nos armes
Napoléon III à Châlons
Une armée invincible
Le transport des troupes
Un cafetier indélicat
Le moral des troupes
Joseph Perrier
Peut-on bêcher les œuvres d’un enfant de Châlons ?
Victor et Joseph Navlet exposés au musée
A lire

Société
ZPPAUP : une protection sans filet
Le vœu rejeté
L’ACCIR fête ses 40 ans
Un nouveau projet pour l’ACCIR
Terre à vendre en Afrique
Contre la municipalisation des centres sociaux et culturels
La thermographie fait monter la température
Vers un parc éco-irresponsable ?
Zoom sur un abandon incompréhensible
Questions pour un champion
 

 
L'éditorial
de Sabine Schepens

rédactrice en chef

Bêcher ou agir, il faut choisir

Heureuse initiative que celle du Musée de nous faire découvrir le talent de deux peintres châlonnais du XIXe siècle, Victor et Joseph Navlet. Ne manquez surtout pas cette exposition. Nul n’étant toutefois prophète en son pays, personne ne s’étonnera de lire que, peu après la mort de Victor, nos élus municipaux ont bêché l’achat de huit de ses tableaux proposé par le conseil municipal.

 Lorsqu’en 1865 Joseph Navlet peint le passage de la Marne en 1814 par les Cosaques, il ne se soucie pas de l’exactitude de sa composition. Il ne fait que superposer des événements vieux d’un demi-siècle qu’il n’a pas vécus. Aussi la mémoire collective dont il a hérité et sa propension à revisiter l’histoire les ont-elles quelque peu déformés. S’il s’était appuyé sur l’histoire de Barbat1, qui vécut ces moments douloureux et les publia 10 ans plus tôt, son tableau aurait représenté une scène totalement différente. Outre les vestiges de l’Arc de Triomphe érigé à la gloire de Napoléon Ier, on y verrait un pont où « la mine avait fait deux grands trous dans la voûte de l’arche du milieu, [mais dont] les parapets et les trottoirs n’étaient pas endommagés ». La Marne n’étant alors pas guéable – « elle était à pleins bords » – le général Yorck, un Prussien et non pas un Cosaque, « exigea qu’on lui fit sur-le-champ un pont de bateaux ». Comme cela n’était pas possible, « l’ennemi entreprit de rendre le passage praticable à son armée » et, après huit jours de travaux, put enfin franchir le tablier du pont.

En 1870, le souvenir de l’occupation de Châlons en 1814 et 1815 par les Prussiens, à qui Napoléon III vient de déclarer la guerre, est encore très vif. Elle est toujours synonyme d’exactions et d’effrois, malgré la bravade et le patriotisme dont font preuve les Châlonnais dans l’euphorie du mois de juillet. Près d’un siècle et demi après, cette guerre est oubliée et a été très peu étudiée au niveau local. Pourtant, pour difficile qu’elle soit, la déclinaison châlonnaise de l’Histoire et celle de l’occupation qui suivit la défaite vaut mieux que le silence et l’oubli. Le Petit Catalaunien Illustré commence donc avec ce numéro une série de reportages « à chaud » en s’appuyant essentiellement sur la presse d’époque. Il en a également tiré trois portraits de Joseph Perrier, disparu la veille de la déclaration de guerre.

Si ces conflits sont loin derrière nous, d’autres grondent à nos portes. Moins spectaculaires, ils touchent notre patrimoine dont la protection se fera sans filet, les Centres Sociaux et Culturels menacés de municipalisation pour satisfaire on ne sait trop quelle mise au pas de la vie associative, ou encore le projet de futur parc des expositions. En l’état actuel des choses, celui-ci se payerait le luxe d’être éco-irresponsable en tournant délibérément le dos au Grenelle local de l’environnement.

Il y a encore beaucoup à faire pour convaincre non seulement nos concitoyens, mais aussi et surtout nos élus que le développement durable de Châlons comme de la planète, loin d’être une façade médiatique, est une impérieuse nécessité. La terre souffre de cette malhonnêteté intellectuelle dont les pays du sud continuent à pâtir. Heureusement, il existe encore des associations solidaires pour agir et réagir. Telle l’ACCIR, qui fête ses 40 ans cette année. Elle œuvre sur le terrain et accompagne les paysans africains sur le chemin du développement.

1 Barbat, “ Histoire de Châlons-sur-Marne “, 1855, réédition des éd. Horvath, 1979, p 561 et 562

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1870 - 1871 : la guerre oubliée

La guerre franco - prussienne de 1870 – 1871 a été peu étudiée au plan local. Une défaite est, il est vrai, toujours un sujet très délicat à aborder. Avec ce numéro, le Petit Catalaunien Illustré entreprend de faire découvrir à ses lecteurs comment les Châlonnais vécurent au quotidien cette guerre et l’occupation qui suivit.

Comment Châlons se prépara à la guerre de 1870

« On entend chanter partout :
Bismark, si tu continues,
De tous les Prussiens n’en restera guère
Bismark, si tu continues,
De tous les Prussiens n’en restera plus.
Cela se hurle dans les rues et dans les cafés » de Châlons

« Demandez à Dieu de bénir nos armes »


Le 2 août 1870, le Journal de la Marne publie la « Lettre circulaire & mandement de Mgr l’évêque de Châlons prescrivant des prières publiques pour l’heureux succès de nos armées ». Le Petit Catalaunien Illustré en publie quelques extraits.


Un café théâtre à Mourmelon sous le second empire
Napoléon III à Châlons

Le 28 juillet 1870, Napoléon III passe en gare de Châlons et est accueilli par les autorités et une foule importante. Deux témoins, le journaliste du Journal de la Marne et le jeune Henri Galli, nous racontent la scène qu’ils n’ont pas vue avec les mêmes yeux. Le premier observe « l’air de force et de santé de l’Empereur », le second son « air endormi et ennuyé, presque triste ».
Une armée invincible
« Un grand peuple qui défend une cause juste est invincible ! », proclamait Napoléon III à la veille de conduire ses « armées bénies par Dieu ». Ce qui n’a rien à voir avec le dogme de l’infaillibilité.
Un cafetier indélicat

Le passage par Châlons des troupes montant à la frontière a fait le bonheur des cafetiers dont l’établissement bordait la place de la Gare. L’un d’eux, le sieur Caffin qui avait un peu trop forcé sur l’addition, vit son café saccagé et dut subir l’opprobre générale.
Le transport des troupes

Grâce aux 800 trains qui passèrent par Châlons pour transporter ses troupes à la frontière du Rhin, l’armée française aurait dû gagner la guerre à toute vapeur si
Le moral des troupes

« A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ». Cet alexandrin de Pierre Corneille dans Le Cid aurait pu trouver à s’appliquer aux troupes françaises à la veille d’engager le fer. A en croire la lettre que nous publions, la route de Berlin leur paraissait devoir être une petite promenade tranquille et excellente pour le moral.

« Nous donnons, à la quatrième page du présent numéro, la CARTE DES BORDS DU RHIN. Incessamment nous publierons la carte de la MER BALTIQUE et, s’il y a lieu, celle de l’ALLEMAGNE. Nous ferons un tirage spécial de ces cartes et elles seront délivrées gratuitement à nos nouveaux abonnés. Les personnes, autres que nos nouveaux abonnés, pourront les obtenir au prix de 10 centimes l’exemplaire1 ». Seule la carte des bords du Rhin, que nous reproduisons ci-contre, sera publiée par le JdM.

Joseph Perrier

Né en l’an III, Joseph Perrier laissa son nom à la maison de champagne fondée par son père. Il fut une figure importante de la vie économique, politique et sociale de Châlons sous la monarchie de juillet et le second empire. Il s’éteint à la veille du conflit franco-prussien de 1870.

« A l’avènement de M. Perrier aux fonctions de maire, l’avenir était débordé et une dette assez lourde pesait sur la caisse municipale...»

« A peine avait-il atteint l’âge de 45 ans qu’il était nommé président du tribunal de commerce... »

« Vous parlerai-je, messieurs, de l’importance que M. Joseph Perrier a su donner à une exploitation à peine commencée par son père ? »

Cour intérieure des caves Joseph Perrier à Châlons-en-Champagne

Maison Joseph Perrier, cartes postales fin du XIXe s, bibliothèque municipale Georges Pompidou, CP 391 et CP392

 

Peut-on bêcher les œuvres d’un enfant de Châlons ?

Lors du conseil municipal de Châlons du 14 février 1887, l’acquisition de huit tableaux de Victor Navlet, actuellement exposés au musée des Beaux-Arts et d’Archéologie, donna lieu à un débat fort animé.
Victor et Joseph Navlet exposés au musée

Le Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie présente au public jusqu’au 17 janvier 2010 une exposition consacrée à “ Victor et Joseph Navlet, peintres châlonnais du XIXe siècle ”.

 

« Pont de la Marne - 1814 » de Joseph Navlet. Huile sur toile, Musée des Beaux Arts et d’Archéologie de Châlons-en-Champagne.
Exposition jusqu’au 17 janvier 2010 ; Musée des Beaux-Arts, place Godart.
 

Visites guidées les samedis 31/10, 5/12 et 2/01 et les dimanches 6/12 et 3/01 à 10 H, 14h30 et 16 h.

Conférences
le jeudi 19/11 à 18h30 à deux voix : “ Une famille d’artistes : les Navlet ” par Jean-Paul Barbier, président de la société des Amis des musées de Châlons-en-Champagne, et “ Victor et Joseph Navlet, affirmation de deux conceptions artistiques ” par Philippe Pagnotta, conservateur en chef des musées de Châlons-en-Champagne.
le jeudi 7/01 à 18h30 : “ La salle des conférences de l’assemblée nationale des frères Navlet : un espace parlementaire idéal ? ” par Alexandre Niess, docteur en histoire.
le jeudi 14/01 à 18h30 : “ Victor Navlet, peintre d’architecture ” par Claude Mignot, professeur d’histoire de l’art et de l’architecture moderne, université Paris IV Sorbonne.

Avis de recherche
En vue de l’exposition Antral du 1er trimestre 2010, le musée de Châlons invite les lecteurs du Petit Catalaunien Illustré possédant des œuvres de cet artiste châlonnais susceptibles d’être exposées à se rapprocher de M. Philippe Pagnotta, conservateur en chef des musées de Châlons-en-Champagne.
Tel : 03 26 69 38 53.

 

ZPPAUP : Une protection sans filet

Depuis cet été, la zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP) de Châlons est entrée en application. Les constructions et travaux sont soumis à une réglementation spécifique visant à éviter le laissez-faire qui prévalait précédemment et défigura tout le centre ancien. Cette protection se fera cependant sans filet, l’avis conforme de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF) ayant été supprimé. A moins que...
 
Le vœu rejeté
Le vœu, présenté par Alain Goze et rejeté par Conseil municipal de Châlons-en-Champagne le 3 juin 2009, avait été élaboré en concertation avec l’association Nouvelle Catalaunie. Nous le publions.
 
L’ACCIR fête ses 40 ans

Une amitié, un constat et un événement climatique sont à l’origine de l’Association Champenoise de Coopération Inter Régionale (ACCIR) : des agriculteurs marnais s’engagent aux côtés des paysans africains
Une action d’accompagnement au développement

Les objectifs de l’ACCIR sont l’accompagnement des organisations rurales d’Afrique de l’Ouest afin d’augmenter les revenus des paysans à travers des projets de développement ainsi que la sensibilisation et l’information de l’opinion publique champenoise aux questions de solidarité internationale.
Terre à vendre en Afrique

La crise alimentaire aidant, des pays riches soucieux de leur sécurité alimentaire achètent à l’étranger, et en particulier en Afrique noire de vastes domaines agricoles.
Selon la FAO, ils seraient de plus en plus nombreux à mettre la main sur d’immenses surfaces pour assurer leur approvisionnement alimentaire...
Association Champenoise de Coopération Inter-Régionale
Complexe agricole du Mont Bernard
Route de Suippes
51000 Châlons-en-Champagne
Téléphone/Fax : 03.26.64.28.58 Email : accir@orange.fr
site www.accir.org
Contre la municipalisation des centres sociaux et culturels

Lors de la Journée des associations, les dirigeants et bénévoles des associations gérant les centres sociaux ont invité les Châlonnais à signer une pétition s’opposant à la municipalisation de leurs structures. Ils ont également diffusé une lettre ouverte adressée au maire de Châlons.
La thermographie fait monter la température

De quelle couleur est votre toit ? Du bleu économe au rouge énergivore, elle a été déterminée par une thermographie aérienne qui fait monter la température chez plus d’un propriétaire pensant être correctement isolé.

 

 

La thermographie aérienne fait l’objet d’un dépliant disponible en mairie permettant de mieux comprendre les objectifs recherchés.

 

Vers un parc des expos éco-irresponsable ?

Si les mots ont encore un sens, loin d’être un équipement éco-responsable, le futur parc des expositions de Châlons-en-Champagne sera éco-irresponsable. Il tournera en effet le dos au développement durable dont le Grenelle local de l’environnement entendait faire un engagement fort de la ville.

 

Zoom sur un abandon incompréhensible
Panneaux photovoltaïques, puits canadien et récupérateurs d’eaux pluviales : le Petit Catalaunien a recherché si ces trois abandons ne présentaient aucun intérêt au regard du développement durable en général et des engagements du Grenelle local de l’environnement en particulier. L’incompréhension la plus totale demeure.

Questions pour un champion
Lors de la séance des questions – réponses du conseil de quartier Frison-Gare, une habitante pose la question qui fâche, à savoir comment résoudre le problème qu’elle rencontre avec des pigeons logeant sous son toit.

« Prenez-vous en à M. Malthet qui s’oppose à ce que nous régulions les pigeons ! » L’intéressé s’insurgeant, le champion continue et s’énerve : «Vous avez écrit des choses sur moi à ce sujet qui sont à la limite de la diffamation ».
« Moi ? Mais je n’ai jamais rien écrit de tel sur vous ! »
« Que deviennent les pigeons capturés ? », s’inquiète l’habitante.
« Nous les euthanasions... ».
« C’est faux, M. Baty ! Vous ne les euthanasiez pas, vous les asphyxiez et les faites souffrir durant 2 mn 30 ! »
« Taisez-vous, M. Malthet, vous avez perdu votre procès contre la ville sur ce sujet-là ! »
« Quoi ? Mais c’est complètement faux, vu que je n’ai jamais intenté de procès à la ville sur les pigeons ! »

Suit l’œil noir du champion, multirécidiviste des anathèmes, qui préfère ne pas insister et regarde avec inquiétude le journaliste de l’Union présent. Va-t-il l’épingler une énième fois ? Oui. Le dernier Châlons où l’on cause  du 7/10/2009 relève que « les deux gars se sont pris le bec » et conclut que « entre eux deux, ça ne roucoule pas vraiment ».

En parlant de roucouler, nous rappelons à nos lecteurs l’existence d’un roman aussi instructif que divertissant écrit par Bruno Malthet : « La guerre des pigeons ». Son avant-propos précise que toute ressemblance avec des personnages et événements existant ou ayant existé serait une pure coïncidence.

Se pourrait-il que, malgré cet avertissement, notre champion ait pu s’identifier à l’un des personnages de cette fiction ? Nous n’osons le croire ni le penser, la chose étant particulièrement incongrue, tant le très colombophobe général Thanase est le type même de l’anti-héros.

Il ne reste qu’une seule explication possible : notre champion ne l’a pas lu, ce qui est fort regrettable. Pour ne pas tomber dans le même travers, achetez-le !

La guerre des pigeons de Bruno Malthet, éditions du Petit Catalaunien Illustré, 2008, 275 pages, Prix public 23€.
En librairie, auprès de l’association et sur www.catalaunien.net
 

 

 

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