1919-1920 Reconnaissance...
Tous les numéros et livres publiés depuis 1991...
S'abonner, commander d'anciens numéros ou des livres
 
 

Ce numéro hors-série n° 22 fait l’objet d’un tirage limité. Il est disponible  au prix de 12,50 € dans nos points de vente
 habituels.


Hors-série n° 20

 

 

Présentation du hors-série n° 22

Début 1919, Châlons attend avec impatience le retour de ses régiments d’avant-guerre pour l’orchestrer autour d’une grandiose fête de la Reconnaissance. Elle n’intervient que le 14 septembre, une fois la paix signée, et rend hommage à ses vaillants poilus et à leur chef, le général Gouraud. Celui-ci, qui a préservé Châlons en juillet 1918 d’une seconde invasion, se voit offrir une épée d’honneur. Quant aux régiments, ils reçoivent chacun un fanion aux armes de la ville et à la gloire qu’ils ont acquise sur les champs de bataille. Tous participent à un banquet, offert par les Châlonnais à ses vaillantes troupes, après avoir rendu hommage à la mémoire glorieuse des poilus morts pour la France. Cinq mois plus tard, le 8 février 1920, Raymond Poincaré, Président de la République, remet à la ville de Châlons la Croix de Guerre.

Ces grandes manifestations patriotiques nécessitaient assurément d’être développées dans les colonnes du Petit Catalaunien Illustré. Mais l’abondance des sources et de l’iconographie disponibles se prêtait mal à une série d’articles séquencée sur plusieurs numéros de la série courante. Les réunir sur un seul aurait déséquilibré sa composition et nécessité d’opérer une sélection et des synthèses trop drastiques pour qu’en émerge véritablement la catharsis châlonnaise du traumatisme de la Grande Guerre.

Ce numéro hors-série évite cet écueil. Comme celui consacré à « La Grande Guerre à Châlons et ses environs », qu’il prolonge, il constitue une chronique locale construite à partir de la reproduction d’articles publiés dans L’Union Républicaine et Le Journal de la Marne, ainsi que de l’iconographie disponible.
 
En attendant nos régiments : Le départ du 48e territorial M. Clemenceau annonçait hier à la Chambre la démobilisation prochaine des classes composant la territoriale. Au moment où le régiment territorial de Châlons, le 48e, va disparaître...
Le retour du 106e d’Infanterie et du 25e d’Artillerie Le maire de la ville de Châlons sur Marne a l’honneur d’informer ses concitoyens que la municipalité et le conseil se sont préoccupés de fêter le retour de nos vaillants régiments qui doivent réintégrer leur garnison. Il a été admis en principe que la rentrée des troupes donnerait lieu à une manifestation patriotique lorsque tous les régiments seraient de retour...
Le retour des Vainqueurs Honneur au 106e et au 25e : La population châlonnaise accueille avec enthousiasme fantassins et artilleurs. Nos régiments commencent à rentrer. Hier, le 106e d’infanterie et le 25e d’artillerie réintégraient leur vieille garnison après 54 mois d’une guerre terrible d’où ils reviennent glorieux et vainqueurs ! ...
Le départ du 106e ? Nous apprenons que notre vieux et bien aimé « régiment d’acier » qui tient garnison à Châlons depuis 1874 va, après 45 ans de séjour dans notre ville, s’établir à Metz, sa nouvelle garnison. Une compagnie est déjà partie vendredi.
La paix victorieuse à Châlons Les Châlonnais ont fêté la paix victorieuse, sans attendre la signature du traité de Versailles, en manifestant leur joie dans les rues de la ville...
La soirée de mardi à Châlons Ce fut hier [mardi 24 juin] à Châlons une soirée de liesse et d’enthousiasme exubérant. La retraite organisée par le 106e a fourni à nos concitoyens l’occasion qui leur avait manqué la veille de témoigner leurs sentiments. Ils l’ont fait pendant plusieurs heures avec une exubérance qui s’exprimait par tous les moyens qu’une foule heureuse emploie pour témoigner son contentement...
Le « Te Deum » à la Cathédrale Hier, à 11 heures, en l’église Cathédrale décorée sobrement et avec le goût aux couleurs nationales, était chanté le solennel Te Deum d’actions de grâce pour la conclusion de la paix.
Inutile de dire que la foule était énorme, émue, et recueillie...
Le 14 juillet de la Victoire Le 14 juillet 1919 est le premier qui suit l’armistice du 11 novembre 1918 et la signature du traité de paix à Versailles le 28 juin 1919. Il restera le 14 juillet de la célébration de la victoire. A Châlons, elle se fait avec ferveur, malgré son manque de préparation et l’absence des drapeaux régimentaires partis à Paris pour participer au défilé des armées alliées.
Les poilus manifestent Hier soir, vers huit heures, une troupe d’environ 250 soldats, se présenta sur la place de l’Hôtel-de-Ville en criant : « démobilisation, démobilisation, la classe ! ». Certains officiers adressèrent quelques paroles à ces mécontents ...
Les drapeaux châlonnais Un appel à la Municipalité et à l’Autorité Militaire On nous demande de bien vouloir prier la Municipalité et l’autorité militaire d’organiser une réception pour le retour de nos drapeaux, au lendemain des fêtes de la Victoire célébrées à Paris par toute la France. Nous nous associons à ce vœu...
La Ville de Châlons Aux Poilus de sa Garnison Il est depuis longtemps décidé que Châlons fêtera solennellement les troupes de sa garnison : le 106e d’Infanterie, le 25e d’Artillerie, les 15e et 5e chasseurs à cheval et le 29e bataillon de chasseurs à pied. Ils ont tous pris avec le 6e Corps une part glorieuse à la guerre ; ils sont tous porteurs de la Fourragère décernée aux troupes d’élite...
Appel à souscription Si nous en jugeons par la liste de souscriptions qui tous les jours s’allonge, nous pouvons dire sans crainte d’être contredits que le public châlonnais a approuvé l’initiative de la municipalité. Les résultats de la souscription sont beaux, mais sont-ils suffisants ?...
La fête de la Reconnaissance au général Gouraud, à nos Poilus Le 14 septembre 1919, Châlons fêtera magnifiquement la victoire et les sublimes Poilus qui l’ont, par leur héroïsme, arraché au destin, ayant à leur tête le grand soldat qui fut le défenseur de la cité, le Général Gouraud...
Fête de la reconnaissance L’épée d’honneur du Général Gouraud offerte par les habitants de Châlons-sur-Marne Dans un élan spontané, les habitants de Châlons ont décidé d’apporter leur hommage de reconnaissance au Général Gouraud, en lui offrant une épée d’Honneur en souvenir de sa victoire de la Marne...
L’hommage de Châlons à un Grand Chef et à ses Grands Soldats La ville de Châlons-sur-Marne, qui fut durement éprouvée pendant la guerre, et qui accueillit avec une joie immense la Victoire libératrice, va fêter demain, dans l’allégresse, les artisans glorieux de cette victoire.
Ce sera plus et mieux qu’une fête ; ce sera un acte de reconnaissance, ému, délicat, magnifique envers un grand chef, le Général Gouraud, envers ses soldats admirables, envers tous ceux qui se sacrifièrent avec une générosité sublime pour le salut de la Patrie...
Et decus et robur ! C’est la force et c’est l’honneur ! Discours prononcé au Service Solennel demandé par la Municipalité de Châlons, pour les morts de la guerre à l’occasion des fêtes de la Reconnaissance, le samedi 13 septembre 1919, par Monseigneur Tissier, évêque de Châlons.
Messieurs,
Mes biens chers Frères,
Je chercherai dans ces deux mots si pleins de choses, qui sont la devise de notre antique cité, tout le sujet du discours que je dois à la mémoire et à la louange de nos soldats et de leurs chefs glorieux, en cette solennité de la reconnaissance. Châlons, depuis les temps nouveaux, a emprunté aux vieux évêques, comtes et pairs de France, dont je suis l’humble successeur, cette consigne gracieuse et éloquente de ses armes, où l’or des lis et l’argent de la Croix marient avec l’azur du ciel leurs couleurs et leur symbole. En prenant le patrimoine elle en acceptait les tâches. Pour résumer l’histoire du siècle écoulé, je dirai simplement qu’elle n’en a pas déchu.
Elle arrivait à la guerre avec tout un passé mémorable, fait des gloires pacifiques de son Église, de la dignité de ses magistrats, de la charité éclairée de ses œuvres, de la vertu de ses citoyens et du prestige de ses régiments d’élite. Et decus et robur...
La fête de la Reconnaissance Dimanche, la population châlonnaise tout entière a solennellement rendu son suprême hommage de reconnaissance au Général Gouraud et aux Poilus de sa garnison. La municipalité et nos concitoyens ont eu à cœur de s’unir pour donner à ces fêtes patriotiques un caractère de grandeur et de beauté qui rendent la cité Catalaunique digne des héros qui l’ont sauvée d’une deuxième invasion...
Sur l’esplanade de Valmy Vers 11 heures, M. le Sous-Secrétaire d’État à la présidence du Conseil et le Général Gouraud, salués par les Vivats de la foule, arrivent sur l’esplanade Valmy. C’est là que doit être offerte une épée d’honneur au Général Gouraud et des fanions aux quatre régiments de la garnison...
Le banquet Le banquet a eu lieu à midi dans le vaste hall des docks de l’artillerie, tout orné de feuillages, pavoisé aux couleurs de la France et de ses alliés. La table d’honneur comprend une centaine de couverts...
Les réjouissances À 14 heures 1/2, la foule qui voulut bien apporter son tribut au profit de l’œuvre de bienfaisance (Aveugles de la Guerre), s’empressa d’envahir le Vélodrome, où avait été organisé une grande fête athlétique avec le concours des principaux champions des clubs parisiens, du Sporting Club de Châlons et de l’Œuvre des Vacances sportives, sous la direction de M. Gaillardeaux. Cette grande fête, agrémentée d’un brillant concert par la musique militaire, a obtenu un grand et légitime succès....
La décoration de la ville Gloire et remerciements à tous les Châlonnais qui ont apporté tout leur cœur et toute leur ingéniosité à décorer les rues et les façades de leurs maisons. On passait sous une voûte multicolore où nos couleurs se mariaient avec celle des nations étrangères...
1er novembre Aux morts de la Grande Guerre, à leurs veuves, à leurs orphelins
A la Cathédrale A 10 heures ½, une messe a été célébrée sous la présidence de Monseigneur l’Évêque. […]
Le chœur et la nef de l’église étaient pavoisés de trophées de drapeaux. A la fin de la cérémonie, Monseigneur l’Évêque, dans une sobre allocation, rendit un nouvel hommage aux héros morts pour la Patrie, à leurs veuves et à leurs orphelins.
Au Cimetière Militaire La population, tout entière, avait tenu à s’associer à cette imposante manifestation.
A l’annexe du Cirque La foule des veuves et des orphelins se presse dans l’annexe. En face d’elle, prennent place sur l’estrade les personnalités...
La Croix de Guerre  à Châlons-sur-Marne Les représentants de la Marne, accompagnés par M. Rault, préfet, ont été reçus mardi par M. Raymond Poincaré, Président de la République, qui leur a promis de venir, le 8 février prochain, remettre la Croix de Guerre à la ville d’Épernay et à la ville de Châlons-sur-Marne...
Le Président de la République remet la Croix de guerre à Châlons Le soleil nous a souri en cette journée du 8 février dont le souvenir sera impérissable ; il s’est pour ainsi dire associé à la glorification de la cité châlonnaise par le premier magistrat de la République. Aussi quelle animation joyeuse dans nos rues qui s’étaient parées aux trois couleurs de France pour recevoir M. Raymond Poincaré et tous ses invités ! Châlons avait un air de fête, mais, à la manière champenoise, gardait dans sa joie la mesure et le tact exquis qui caractérisent notre bon et beau pays...
Discours de M. Poincaré Messieurs, Après m’être si souvent arrêté à Châlons aux jours les plus sombres de la guerre, pour aller visiter ce front de Champagne où se sont livrés tant de combats sanglants, j’éprouve une grande émotion à revenir aujourd’hui dans votre ville, que j’ai vu si placide aux heures de danger et qui a supporté, avec une si noble résignation, les atteintes les plus douloureuses...
Discours de M. Servas, maire de Châlons La distinction que le Gouvernement de la République accorde à la Ville de Châlons nous fait tressaillir d’une patriotique fierté. Nous avons passé par de cruelles épreuves : pendant quatre ans, nous avons subi le contrecoup de la lutte stabilisée à nos portes et des grandes attaques jusqu’à l’avance victorieuse de 1918. Invasion, bombardements par canon et par zeppelin, incursions aériennes presque quotidiennes, maisons abattues et brûlées, hôpitaux remplis de blessés et visés plus spécialement par l’ennemi, soldats français et alliés tombés pour la cause commune, Nuits sans sommeil, jours fiévreux, nous avons connu les péripéties les plus douloureuses...
Discours de Léon Bourgeois Enfin, M. Léon Bourgeois prend de nouveau la parole et prononce une très belle allocution qui provoque l’unanime émotion et soulève tous les applaudissements. C’est un touchant hommage rendu à l’éminente personnalité de M. Poincaré.
Rappelant l’évocation qui a été fait de la Lorraine, de l’Alsace et de la Champagne, M. Léon Bourgeois dit que M. Poincaré est comme le symbole et la synthèse de ces trois chères provinces, marches de la France. Nous saluons en vous, dit-il, dans notre Champagne, le grand Lorrain...
 


 

 

 

© 2019 Association Nouvelle Catalaunie
Tous droits de reproduction et de représentation réservés