Le Petit Catalaunien Illustré


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 Au sommaire du n° 55

L'éditorial : La rose et l’aubépine

Culture

Le mau mélé de Lou Paté
La belle Dame des champs
Victor Hugo et Alexande Dumas à l’Epine
Façades et dimensions - le télégraphe Chappe
La première pierre - le puits - Les derniers piliers
L’aigle et le lys - Le portail ouest
Histoire de la statue de Notre-Dame de l’Epine
La logette et le jubé
Une vierge assise sur son aubépine
Un colloque international
Des usages civils de l’église de l’Epine
De la couronne à la basilique
La mise au tombeau
Huit siècles de pèlerinage
Quand trois égale deux et non pas une...
Traduire sans trahir - Les images pieuses
Histoire d’une tradition - L’escargot
Ce qu’en disent Baugier et Puiseux
Ce qu’en dit l’édition de 1910

La tribune d’orgue
Une épineuse querelle byzantine
Les gargouilles
L’avis des Jésuites
Pour l’amour des peuples
L’avis de l’école des Chartes

Finissons-en
Programme du colloque international Notre-Dame de l’Epine
Plaisir de lire sur l’Epine
En bref
Les expos de l’été
Le musée 1939-1945 de Cheniers

 
L'éditorial
de Bruno Malthet, président de
l'association Nouvelle Catalaunie

La rose et l’aubépine

Cet été, la formule traditionnelle du Petit Catalaunien Illustré fait relâche. N’en déduisez pas pour autant que l’actualité patrimoniale ferait défaut. Elle fut au contraire particulièrement chargée ce printemps, avec notamment le dossier de l’ancienne abbaye de Toussaints, et en ce début d’été, avec l’adoption par le conseil municipal de Châlons du Plan local d’urbanisme. Mais nous aurons l’occasion de revenir à l’automne sur ces sujets qui fâchent et les silences qui les entourent.


Cet été, donc, Le Petit Catalaunien Illustré vous donne rendez-vous avec un des fleurons du patrimoine de la Catalaunie, Notre-Dame de l’Epine, dont on célèbre cette année les 600 ans du début de sa construction, en pleine guerre de 100 ans et au milieu des savarts champenois.

Ce numéro spécial ne prétend pas à l’exhaustivité autour de ce monument historique dont l’histoire n’est pas détachable de ce qu’il est avant tout : un lieu de pèlerinage et de culte. Cette ambivalence de l’enchevêtrement du profane et du sacré, l’édifice la traduit fort bien. Tout un chacun y puisera ce que bon lui semble pour sa culture et/ou pour ses convictions religieuses ou laïques.

Pour ma part, j’y ai trouvé l’inspiration qui, au moment d’achever cet éditorial, me manquait pour synthétiser ce numéro en quelques lignes ou, plus précisément, en quelques vers. Preuve s’il en est que Notre-Dame de l’Epine ne laisse pas indifférent et qu’une rose peut toujours pousser sur une aubépine sans qu’il soit forcément nécessaire d’y voir un miracle, ni même une invention.
 

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Le Mau mêlé catalaunien de Lou Paté

Retrouvez les mots qui suivent dans notre Mau mêlé. Avec les 6 lettres restantes, vous répondrez à l’énigme selon laquelle, grâce à son apparition, nous lui devons une dentelle de pierre.

Abbé
Augustins
Basilique
Bulle
Buisson
Cage
 
Chanoine
Chappe
Coupe
Cure
Epine
 
Escarboucle
Gargouille
Implorer
Jubé
Logette
Marguilliers
 
Minimes
Miracle
Misset
Orgue
Pèlerin
Puits
Tribune
 
La belle Dame des champs

Flamboyant au milieu des champs, la basilique Notre-Dame de l’Epine s’élance depuis six siècles dans la plaine champenoise sous des cieux d’azur aussi bien que nuageux.
Victor Hugo à l’Epine

“ A deux lieues de Châlons, sur la route de Sainte - Ménéhould, dans un endroit où il n’y a que des plaines, des chaumes à perte de vue et des arbres poudreux de la route, une chose magique vous apparaît tout à coup...
Alexandre Dumas à l’Epine

“ Tout à coup, je vis se lever au milieu de ces grandes et tristes plaines de la Champagne une magnifique fleur de pierre, taillée à jour comme un ivoire de Dieppe ; c’était la petite église Notre-Dame de l’Epine...

Télégraphe Chappe de l'Epine

La flèche nord de l’église de l’Epine a été rasée en 1798 pour y installer un télégraphe Chappe qui fonctionnera jusqu’en 1852.

L’association “ Mont Saint-Quentin Télégraphe de Chappe ” a mis en ligne sur son site internet, fort bien documenté, une page consacrée au télégraphe de l’Epine. En visitant ce site, vous y trouverez la relation très particulière qu’entretint Victor Hugo avec ce “maudit télégraphe” avant qu’il n’y vit à l’Epine un “grand insecte noir”.


 www.telegraphe-chappe.com et http://intrados.free.fr 
 

La première pierre

Le règlement en 1406 d’un litige né entre les marguilliers de Notre-Dame de l’Epine et le présidial de l’évêque de Châlons permet de dater à ladite année le démarrage de la construction de l’église que nous connaissons actuellement.
Le puits

Le puits de l’église de L’Epine date de la construction de l’église et fait 26 m de profondeur. La tradition veut que son eau aide à soigner la stérilité des femmes et ait d’autres vertus. Sans garantie...
Derniers piliers

Une inscription gravée sur le chapiteau de l’un des quatre piliers des voûtes des chapelles de l’abside indique la date d’achèvement de l’édifice : “ l’an mil VC et XXVII Guichart Anthoine tos catre nos at fet ” (l’an 1527 Guichart Antoine tous quatre nous a fait ). On sait que ces piliers ont été réalisés en sous-oeuvre : cette inscription permet donc de dater l’année d’achèvement de l’église.
L’aigle et le lys

La plus grande des flèches de l’Epine porte des fleurs de lys, la seconde des aigles impériaux. Que se cache-t-il vraiment derrière ces symboles dynastiques ?

Histoire de la statue de Notre-Dame de l’Epine

La statue de Notre-Dame de l’Epine peut être datée du début du XIVème siècle. Richement habillée sous l’Ancien Régime, mutilée à la Révolution, elle a été restaurée au XIXème siècle en vue de son couronnement.

Image pieuse vers 1860

La statue dans son reposoir
La logette

Il existe sur le pourtour nord du chœur de l’église une logette portant la date de 1543 et postérieure à la partie du monument où elle est placée...

Le fond de cette logette est orné de peintures représentant une vierge immaculée avec divers symboles.

 

Le jubé

Notre-Dame de L’Epine est une des rares églises à avoir conservé son jubé gothique du XVème siècle.

Au-dessus, une splendide poutre de gloire en bois du XVIème siècle avec le Christ en croix entouré de la Vierge et de Saint Jean.

Une vierge assise sur son aubépine

Les vitraux du XVIème siècle de la basilique de L’Epine ont été détruits. La description de celui de l’Invention de la statue nous est toutefois connue. Il représentait une vierge sur son aubépine.

Détail du vitrail de l’apparition

Des usages civils
de l’église de L’Epine


Sanctuaire religieux, l’église de L’Epine fut aussi un lieu de protection des populations et de leurs biens durant les guerres qui secouèrent la région au fil des siècles.

Vitrail du transept sud

De la couronne à la basilique

A la charnière du XXème siècle, deux papes se sont penchés sur Notre-Dame de L’Epine pour la couronner, lui accorder des privilèges et lui donner le titre de basilique.

Huit siècles de pèlerinage

Lieu de dévotion dès le XIIIème siècle situé sur l’une des routes conduisant à Saint-Jacques de Compostelle, Notre-Dame de L’Epine va devenir, au cours des siècles, un important lieu de pèlerinage. Aujourd’hui, la Vierge au buisson attire tous les ans près de quatre-vingt mille pèlerins.

Statue de Saint-Jacques de Compostelle à l’Epine

La mise au tombeau

Situé dans une chapelle de l’abside, ce magnifique ensemble monumental provient de l’église de l’ancien couvent des Cordeliers à Châlons qu’il a quitté probablement au moment de la Révolution. Daté du début du XVème siècle, il représente une saisissante mise au tombeau du Christ

Quand trois égale deux et non pas une…


On ne connaît que trois représentations anciennes de l’Invention de la statue de Notre-Dame de L’Epine. Il s’agit de trois images pieuses réputées représenter le “ vrai portrait ” de la statue miraculeuse. La plus ancienne diffère cependant profondément des deux autres et alimentera la polémique autour de “ la fausseté de la statue de Notre-Dame de l’Epine ”.


La gravure de Roussel


La gravure de Picart


La gravure des Lazaristes

Traduire sans trahir

Traduire un texte sans le trahir n’est pas chose aisée. Aussi arrive-t-il souvent que le traducteur s’autorise quelques libertés, comme le fit Samuel Hacquin, curé de l’Epine. Une jeune agrégée en lettres classiques, Camille Rambourg, a procédé pour nous à la traduction littérale des deux distiques latins de la gravure de Roussel.

Détail de la gravure de Roussel

Quatrain latin de l’image de Rousel
Agnus pandit iter ; sub spina fulget imago :
Virginis, humana non operata manu.
Mirantur populi, templum meditantur, et omnes
Ut fieret mirum, munera mira ferunt

Traduction versifiée de Samuel Hacquin
L’agneau monstre au Berger de la Vierge l’image
Sous le feuillage espais d’un buisson espineux :
Les peuples estonnez viennent lui faire hommage
Laissants pour y bastir un temple glorieux

Traduction littérale
L’agneau ouvre le chemin ; sous l’épine brille la statue
De la Vierge, [statue] qui n’a pas été faite par une main humaine.
Les gens s’émerveillent, ils forment le projet d’un sanctuaire et tous,
Pour qu’une chose merveilleuse ait lieu, apportent des présents merveilleux.

Les images pieuses

Dès l’apparition des premières gravures sur bois au XVème siècle, les innombrables images de piété constituent l’essentiel de la production des imprimeurs et graveurs. Elles offrent aux moins fortunés l’équivalent des chapelles privées et des retables. Pour s’assurer de la protection du saint, on les porte sur soi comme une relique, on les glisse dans les missels ou on les appose sur les murs des maisons.

Histoire d’une tradition

Dans ses “ Mémoires Historiques de la Province de Champagne ” publiées en 1721, Edme Baugier est le premier à relater la découverte de la statue de Notre-Dame de l’Epine plus de trois siècles après son invention miraculeuse. Sa version des faits diffère quelques peu de la tradition orale que nous rapporte au début du XXème siècle l’abbé Puiseux.
Ce qu’en dit Baugier

Edme Baugier publia en 1721 ses “ Mémoires Historiques de la Province de Champagne ” contenant la première relation connue de la tradition relative à la découverte de la statue de Notre-Dame de l’Epine. Nous la publions sans autre modification que sa transcription en français moderne.
 
Ce qu’en dit Puiseux

En 1901 est publiée à titre posthume une œuvre de l’abbé Puiseux : “ Notre-Dame de l’Epine, son histoire, son pèlerinage ”. Nous publions le passage où l’auteur relate la tradition de l’Invention de la statue de la vierge.

 

 

Ce qu’en dit l’édition de 1910

Une nouvelle édition de “ Notre-Dame de l’Epine, son histoire, son pèlerinage ” a été publiée en 1910. Elle diverge quelque peu de la première.
Les gargouilles

Elles sont plus d’une centaine et elles sont plutôt lubriques. Faut-il s’en étonner ? Non, si on s’en tient au symbolisme du Moyen-Âge entourant une église consacrée à la virginité de Marie. Les vices, qui s’opposent à cette virginité, se devaient de figurer à l’extérieur. Les artistes ont donné libre cours à leur imagination et ont sculptés des animaux et des scènes souvent obscènes. Les gargouilles les plus suggestives ont été mutilées. Germaine Maillet, qui les a étudiées dans le détail, les a classées “ en quatre catégories : personnages et animaux réels, animaux musiciens, animaux ou êtres fabuleux, combat des hommes et des animaux ” (bulletin n° 109-112 du “ Bulletin du comité du folklore champenois ” 1973).

 

Une épineuse querelle byzantine

La statue vénérée de Notre-Dame de l’Epine a-t-elle été faite de la main de Dieu ou des anges ? Son “ invention miraculeuse ”, au sens médiéval du terme, est-elle une miraculeuse invention, au sens moderne ? Ces questions et celle des origines de la basilique de l’Epine furent au cœur d’une épineuse querelle byzantine qui opposa au début du XXème siècle deux ecclésiastiques châlonnais.

Cette querelle, on s’en doute, finit par faire quelques vagues “ urbi et orbi ”. Les organes catholiques châlonnais, Le Journal de la Marne et la Semaine de Châlons, prennent naturellement parti pour le miracle et l’abbé Pannet. L’Union Républicaine, quant à elle, se régale : “ ceux qui inventent des bourdes pareilles sont des charlatans et des imposteurs qui spéculent sur la crédulité des imbéciles ”.

L’abbé Misset : “ M. l’abbé Misset est un terrible jouteur. Jamais peut-être il n’a manié la plume, j’allais dire l’épée, avec autant de vigueur, jamais il n’a autant multiplié les coups, ni si durement retourné le fer dans la plaie ”. M.L. Clugnet in “ Le Polybiblion ”, 1904.

L’avis des Jésuites

Dans leur numéro du 20 septembre 1904, “ Les Etudes des RR. PP. Jésuites ” se prononcèrent sur la polémique opposant les abbés Pannet et Misset. Les Jésuites y donnent raison sur le fond à ce dernier qui s’empressa d’en publier de larges extraits1. Nous les livrons à notre tour à nos lecteurs en leur faisant toutefois grâce des commentaires souvent aussi acides qu’inutiles dont l’abbé Misset agrémenta sa thèse.
Pour l’amour des peuples
Qu’importe-t-il de percer le mystère de Notre-Dame l’Epine, s’interrogea Monseigneur Tissier pour clore le débat qui avait secoué son diocèse autour de la tradition du buisson lumineux ? “ Si cela fait quelque chose à l’Histoire, cela ne fait rien à l’amour des peuples ”.

L’avis de l’école des Chartes
Dans son numéro de janvier-février 1905, la bibliothèque de l’école des Chartes publie un article sur la querelle opposant les abbés Pannet et Misset. On y retrouve les thèses défendues par ce dernier avec, comme chez les jésuites quelques mois auparavant, un désaveu formel quant à “ certaines vivacités… et attaques personnelles, qui… n’ajoutent rien à la démonstration ”. L’abbé Misset s’empressera, bien évidemment, de publier cet article en l’agrémentant de ses commentaires dont nous ferons grâce à nos lecteurs.

Finissons-en

La querelle des abbés Misset et Pannet n’a pas échappé, on s’en doute, au journal radical de Châlons, L’Union Républicaine. Mais elle finit par lasser son rédacteur en chef qui, dans un article bien pesé sur trois colonnes à la Une du 14 septembre 1904, siffle la fin de la partie en titrant
“ Finissons-en ”. Nous en publions les principaux extraits.
Colloque international

Notre-Dame de L’Epine
1406 - 2006
600 ans d’histoire
15 - 16 septembre 2006

A l’occasion du sixième centenaire du début de la construction de la basilique, classée au patrimoine mondial de l’U.N.E.S.C.O., la S.A.C.S.A.M. organise un colloque international rassemblant historiens et historiens de l’art autour de quatre thèmes principaux :
- Autour de 1406, genèse et développement d’un sanctuaire
- L’œuvre flamboyante et Renaissance : architecture, sculpture et mobilier
- Vitalité du pèlerinage et image du sanctuaire du XVIe siècle à nos jours
- Naissance d’un patrimoine : restaurer, écrire l’histoire
La participation au colloque est gratuite. Les inscriptions se font auprès de la SACSAM. Une restauration sur place est prévue le midi (environ 20 €/repas).

S.A.C.S.A.M.
Société d’agriculture, commerce, sciences et arts du département de la Marne
B.P. 180 - 51009 Châlons-en-Champagne Cedex
Tel. : 03 26 66 39 97 (répondeur) -

Courriel : academie.chalons@free.fr

Site web : http://academie.chalons.free.fr

En bref

Musée 1939-1945 de Cheniers

A quelques kilomètres de Châlons en Champagne en direction de Sézanne le petit village de Cheniers abrite un musée. D’initiative personnelle, un collectionneur a rassemblé dans sa maison, au 39 rue principale, une impressionnante collection de souvenir de la deuxième guerre mondiale et en particulier sur les actions aériennes. Sur 150 mètres carrés, plus de 500 objets sont offerts à la curiosité du public. Le musée est ouvert tous les dimanches de 14h30 à 18h30.

On peut découvrir dans le cimetière de Cheniers la tombe d’aviateurs qui ont été abattus au dessus de Cheniers lors de la grande bataille aérienne au dessus de Mailly le Camp. Un reste de l’avion a été installé près des tombes. C’est un hommage à ceux qui ont donné leur vie pour la liberté.

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