Le Petit Catalaunien Illustré


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 Au sommaire du n° 58
L'éditorial :
Châlons, ville d'art et d'histoire
 
Culture
Le Mau mélé de Lou Paté
Rues et lieux de Châlons
Jeanne d’Arc à Châlons
La cavalcade de bienfaisance
Polémiques autour de la cavalcade
La pucelle et la peste brune
Une lettre en attente de réponse
A lire

Société
Concertation, piège à c... ?
Le diagnostic du patrimoine châlonnais

Le recensement
La prime aux tricheurs
Une réglementation à la tête du client
L’exploit de Me Kanter
L’explorateur des âmes
Journal de campagne

Pourquoi parle-t-on de réchauffement climatique ?
Le pacte écologique
Une démarche citoyenne
10 objectifs et 5 propositions

Ce que disent de la taxe carbone les candidats à la présidentielle
Réduire son CO2 à Châlons
Le vélo à Châlons, c’est possible
Et si vous étiez vélomanes
Chambéry ville pionnière
Parrainage à Bobo

 
L'éditorial
de Sabine Schepens, rédactrice en chef

De Jeanne d’Arc
au pacte écologique

En 1429, Jeanne d’Arc avait revêtu un habit d’homme pour remplir sa mission, nous explique l’Histoire de France. Mais, nous précise Louis Grignon, le 14 juillet de ladite année, lorsqu’elle entra dans Chaalons en Champaigne, elle était en “ pourpoint bleu, jupe courte, chausses et bottes molles à éperons ”.

 En 1884, par contre, lors de la cavalcade de bienfaisance reconstituant cette entrée historique, le rôle de Jeanne d’Arc fut joué par un homme en armure. En 1890, le sculpteur Chapu rétablit la situation et revêtit d’un habit de femme le bronze de la bergère de Domrémy actuellement érigé derrière la cathédrale. En 2003, la peste brune s’abattit sur la pucelle et la laissa en haillons.

Ainsi pourrait se résumer la première partie du dossier que Le Petit Catalaunien Illustré consacre à Jeanne d’Arc à Châlons. Il s’agit là d’Histoire, l’histoire locale d’une héroïne nationale trop longtemps confisquée par un nationalisme imbécile dont on attend toujours de ses représentants locaux qu’ils réparent leurs dégradations de 2003. Et de la Ville qu’elle les y contraigne.

L’inventaire du patrimoine châlonnais vient de s’achever. Sa protection et sa mise en valeur seraient-elles de nouveau à l’ordre du jour ? Il paraît. Mais c’est manifestement une affaire beaucoup trop sérieuse pour mettre en œuvre une concertation digne de ce nom avec les associations de protection du patrimoine. S’en méfierait-on ? Il semblerait bien. Moins on les informe, moins elles peuvent remplir leur mandat et dénoncer de curieuses pratiques. Comme, par exemple, celle qui eut cours place Foch avec une étrange application de la réglementation à la tête du client.

Tout ceci, direz-vous, n’est pas grand chose en comparaison du réchauffement planétaire qui menace notre planète. C’est certain. Gagner près de 6° d’ici la fin du siècle aurait des conséquences dramatiques partout dans le monde. Face aux millions de réfugiés climatiques qui frapperaient alors à notre porte, que ferons-nous et que feront ceux qui dénoncent aujourd’hui les immigrés et applaudissent lorsque la police vient les “ cueillir ” à la sortie de l’école où leurs enfants sont scolarisés et intégrés ?

Sur les douze candidats à l’élection présidentielle, seulement cinq ont signé le pacte écologique et se sont prononcés sur les dix objectifs et les cinq propositions élaborés par la Fondation Nicolas Hulot. Le Petit Catalaunien Illustré soutient cette initiative et y consacre tout un dossier vous appelant à voter pour la planète. Son engagement ne s’arrêtera pas le 6 mai prochain par l’élection d’une ou d’un président(e) de la République. Ce sera à nous tous d’agir pour que, comme Jeanne d’Arc, celle-ci ou celui-ci entende les voix, aussi bien célestes que terrestres, l’invitant à incarner la France se levant en masse pour sauver la planète.

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Le Mau mêlé catalaunien de Lou Paté

Retrouvez les mots qui suivent dans notre Mau mêlé. Avec les 7 lettres restantes, vous trouverez le hérault d’armes du roi Charles VII .

Assy
Chandart
Coignot
Couter
D’Arc
De Boussac
De Culant
De Graville
De Happret
De Joinville
De La Saulx
De Mosen
De Saint Arnaud
De Vailleconte
De Xaintrailles
D’Harcourt
Gilles De Rais
Godar
Hire
Jean D’Aulon
Lambert Lefevre
Lappie
La Trémouille
Legoix
Noisette
Pali
Troissy

 

Rues et lieux de Châlons
Il y a dix neuf ans, Jean-Paul Barbier publiait un petit ouvrage “ Les rues de Châlons en Champagne de A à Z ” pour l’Office de tourisme de Châlons. Les demandes de réédition étaient de plus en plus nombreuses, aussi il a paru nécessaire de reprendre cette idée mais non plus uniquement en évoquant les rues ayant un rapport avec Châlons-en-Champagne, mais un ouvrage exhaustif présentant toutes les rues et lieux de la capitale régionale. C’est ce que nous font découvrir Jean-Paul Barbier et Bruno Bourg-Broc.
La majorité des rues et lieux de Châlons porte le nom d’un personnage plus ou moins connu du grand public. Un grand nombre d’entre eux figurent dans les dictionnaires et encyclopédies. Beaucoup demeurent dans la mémoire collective pour avoir marqué l’histoire du monde, de la France ou de Châlons. Quant aux autres, le passant levant les yeux vers sa plaque de rue a – ou plutôt avait – une tendance naturelle à les classer dans la catégorie des “ illustres inconnus ”. Désormais, le Châlonnais aimant sa ville n’en a plus ni la possibilité, ni le droit. La généralité des notices renvoie à la délibération du Conseil municipal ayant dénommé la voie ou le lieu. Certains noms demeurent cependant mystérieux, comme celui porté par le passage Mélis au Mont-Saint-Michel. Rien de plus normal car, malgré leurs 600 notices, les auteurs ne prétendent pas avoir été exhaustifs et soulignent à cet effet avoir arrêté leur travail au 31 décembre 2006. Ce qui explique sans doute pourquoi ils n’y ont pas fait figurer François Mitterrand dont le nom a été donné au rond-point de la Gare le 25 janvier 2007.

 

Jeanne d’Arc à Châlons
Le Journal de la Marne a publié du 9 au 13 avril 1884 une notice historique de Louis Grignon relatant «le passage de Jeanne d’Arc à Châlons» le 14 juillet 1429. Le Petit Catalaunien en réédite de larges extraits.
Si nous voulons être quelque peu renseignés sur certaines particularités du passage de Jeanne d’Arc à Châlons, ce n’est pas aux ouvrages de nos grands historiens qu’il faut avoir recours. L’histoire générale ne trace rien qu’à grands traits ; elle se borne à mentionner l’événement à cause de ses conséquences, qui, dans l’espèce furent très grandes, car dans cette campagne du sacre, qui fut le commencement de la campagne de délivrance, la soumission d’une ville fortifiée à l’autorité royale avait une importance capitale ; donc l’histoire consigne le fait, en indique les effets, puis elle passe outre.
Nous savons d’une façon certaine qu’à leur entrée à Châlons le roi Charles et Jeanne d’Arc étaient accompagnés de personnages marquants dont on peut dresser le liste presque complète. ... médaillon de la plaque commémorative agraffée sur le mur du collège saint-Etienne, rue de Marne
 
Un historien digne de foi nous apprend que le roi Charles fit gîte à l’hôtel de l’évêché et que Jeanne trouva à Châlons quatre ou cinq de ses parents accourus de Domrémy pour saluer la jeune fille dans sa gloire. A l’un d’eux, nommé Jean Morel, son parrain, elle donna une huque rouge qu’elle avait portée.

Les archives locales nous fournissent aussi quelques renseignements de détail. Nous savons par les comptes de l’Évêché que la livrée des gens de l’évêque se composait de chausses grises, d’une robe de drap vert émeraude chargée sur la poitrine d’un écusson de drap vermeil au lion d’or passant, et d’un chaperon de brunette. M. de Sarrebruck avait fait acheter deux chevaux, l’un à Me Guillaume Godar, chanoine de Saint-Étienne, l’autre à Pierre de Vailleconte, bourgeois de Châlons, au prix de 33 livres tournois chacun, pour se rendre au sacre. Il fut acheté aussi une housse à chevaucher en drap vert émeraude, et à Me Lambert Lefèvre une selle, une avaloire, une bride et un bissac moyennant 9 livres 2 sols.

photos de la cavalcade, fonds Champagne de la Bibliothèque municipale
 
Après en avoir conféré avec les gouverneurs de la ville, l’Évêque Comte de Châlons, pair de France, se rendit à Lettrée le 13 juillet 1429. Il était à cheval, armé de l’épée, ayant avec lui la plupart des gens de sa maison, parmi lesquels on distinguait : Regnault de Mosen et Charlot Macabre ses écuyers, Jacques de Joinville, son écuyer d’écurie, et Florent de la Saulx son argentier, tous portant les couleurs de la maison de Sarrebruck....
 
Le lendemain 14 juillet, l’armée ou l’ost du roi se mit en route de bonne heure afin d’éviter la grande chaleur du jour. Vers neuf heures la tête de la colonne, précédée de nombreux éclaireurs, fut en vue des guetteurs de la ville, qui étaient alors Jehan Chandart, au clocher de Saint-Etienne, et Jehan de Provins dit Le Moucheux, au clocher de Saint-Pierre (Comptes de la ville, 1428). Le tocsin sonna, mais au lieu de ce drapeau noir qui tant de fois avait annoncé aux habitants l’approche de troupes ennemies ou suspectes, ce fut le pavillon d’azur aux armes de France qui fut arboré. La cloche de l’église Saint-Alpin, qui depuis bien des années se faisait entendre chaque jour pour la réunion du guet (Comptes de la ville, 1429) sonna à son tour.
...

Le roi Charles fit bon accueil aux nombreuses requêtes qui lui furent présentées, notamment à celle des sieurs Prot-Gillot, Husson Admole, Jehan Cachat et Simon Barbelée, bourgeois de Châlons, qui s’étaient portés caution pour Patrice, architecte anglais chargé de construire l’église Notre-Dame de l’Epine, et qui, huit jours auparavant, s’était enfui, emportant les fonds qui lui avaient été confiés pour le payement des ouvriers et des matériaux. Le roi leur promit qu’ils ne seraient point rendus responsables, et il fit don d’une somme importante, dont le chiffre n’est cependant pas connu, pour que les travaux ne fussent point arrêtés par cet événement.

Le lendemain 15, dans l’après-midi, l’armée se mit en marche ; elle coucha le soir à Sept-Saulx. Le 16, le roi était à Reims où il fut sacré le 17.

Louis Grignon.
 


 statues de Jeanne d’Arc
- au-dessus : église Saint-Jean
- en dessous : église Notre-Dame-en-Vaux
 
Plusieurs personnes nous ont fait l’observation que dans l’énumération des hôtelleries et auberges existant à Châlons, en 1429, l’hôtel de la Haute-Mère-Dieu avait été oublié par l’auteur des articles sur le passage de Jeanne d’Arc.
M. Grignon, à qui nous avons transmis cette observation, y répond en ces termes :
“ Je n’ai lu jusqu’à présent aucun parchemin, charte, bail ou autre pièce faisant mention de la Haute-Mère-Dieu, avant 1467. Je la vois apparaître pour la première fois en 1476 dans un règlement de police de ville.
“ Cette hôtellerie existait-elle en 1429 ? Je n’en sais rien et je n’ai pu lui donner une antiquité dont je n’ai pas la preuve. M. Charles Remy a du reste fait imprimer en 1875 l’historique de la Haute-Mère-Dieu, qui appartenait alors aux religieux de Haute-Fontaine, et il est fort probable que, pendant la guerre de cent ans, elle ne fut point hôtellerie, mais une maison de refuge pour les religieux. M. Remy n’en parle comme hôtel qu’à partir de 1467 ”.

(Journal de la Marne du 15 avril 1884)

 

La cavalcade de bienfaisance

Le 14 avril 1884, lundi de Pâques, les rues de Châlons s’animèrent avec une cavalcade de bienfaisance ayant pour thème l’entrée dans la ville de Charles VII et Jeanne d’Arc le 14 juillet 1429. Nous empruntons au Journal de la Marne du 17 avril la description de cette manifestation qui attira plus de 10 000 spectateurs.

Ce n’est pas seulement la ville de Châlons, mais c’est la Champagne tout entière qui a voulu assister à la magnifique mise en scène de cette page historique : l’entrée à Châlons de Charles VII et de Jeanne d’Arc...

A 10 heures, le nombre de visiteurs arrivés par le chemin de fer s’élevait à près de 10 000 personnes.


photos de la cavalcade, fonds Champagne de la Bibliothèque municipale

Les costumes multicolores et pour la plupart conformes aux données historiques formaient un ravissant coup d’œil ..
Quand apparut Jeanne d’Arc, il y avait un frémissement dans la foule. On perdait le sentiment du réel, on devenait un français du XVème siècle, devant cette jeune héroïne.
Cette bannière blanche, fleurdelisée, que portaient l’écuyer d’Aulon, était bien celle qui avait flotté en avant des escadrons français, pénétré au plus épais des rangs ennemis, celle que l’on devait voir bientôt arborés près de l’autel de la cathédrale de Reims.
... Mais la foule ne le comprenait pas ainsi, et il fallait plus encore pour satisfaire son goût du spectacle. Venait alors la deuxième partie du cortège ; le char de la musique où se trouvait la Société musicale, sous la direction de M. Toupry ; le char de l’Avenir, rempli de jeunes et gracieux enfants, costumés en marins, et sous la paternelle surveillance d’un joyeux quartier maître ; le char de l’horticulture, décoré d’une façon splendide et apparaissant comme une corbeille de verdure et de fleurs ; le char de l’agriculture, avec les engins les plus nouveaux de la moderne Cérès ; le char de l’industrie, où les principales industries châlonnaises étaient représentées ; le char du champagne ; la noce comique, groupe fantastique où s’étaient donné rendez-vous tous les légumes de la création

 

Polémiques autour de la cavalcade

La cavalcade de bienfaisance du 14 avril 1884 donna lieu à de vives polémiques entre les trois journaux châlonnais, Le Journal de la Marne, clérical, Le Progrès, monarchiste, et Le Libéral, républicain. Dans l’affaire, les arrières pensées politiques ne sont pas loin.

Le Libéral, journal républicain du député Hippolyte Faure, annonça également l’événement, avec certes moins d’enthousiasme, mais surtout en s’interrogeant sur qui composait la commission d’organisation. Il émit en conséquence quelques réserves sur sa légitimité à le faire. Il n’en fallut guère plus au Journal de la Marne pour attaquer son confrère qui le taxa de vouloir politiser la cavalcade.

Mais Le Libéral préfère polémiquer avec Le Progrès à propos du char de la Musique “ dans lequel siégeait épanouie la société musicale châlonnaise, toutes voiles dehors, ayant à sa tête, comme dit le Progrès : Le très sympathique et Éminent Chef qui a nom Félix Toupry ” qui n’est autre que le directeur du Progrès. Que lui reproche Le Libéral ? Tout simplement de ne pas l’avoir entendu jouer place de l’Hôtel-de-Ville, alors que “ le cortège, par l’organe du char de la musique, a rendu les honneurs à tous ceux dont le rang les réclamait, excepté au maire de Châlons, président d’honneur de la cavalcade qu’il le fit partout ailleurs ”.
 
photos de la cavalcade, fonds Champagne de la Bibliothèque municipale

 

La pucelle et la peste brune

L’inconnue du grand bazar publié à l’automne 2006 constitue le premier volet de “ Memoria catalaunica ” dont Bruno Malthet a entrepris l’écriture. Son deuxième roman devrait notamment relater l’histoire et la commémoration du passage de Jeanne d’Arc à Chaalons-en- Champaigne. Le Petit Catalaunien a lu en avant-première le tapuscrit. Il en publie des extraits pour lesquels, bien évidemment, toute ressemblance avec des personnages et événements existant ou ayant existé ne serait qu’une pure coïncidence.

Memoria était méconnaissable. Avec ses guenilles, on eût dit une mendiante sortie tout droit de la cour des miracles ! Fabienne la revoyait encore, deux heures plus tôt, quittant la maison au petit matin, revêtue de sa belle robe de lin finement brodée par dessus laquelle elle avait jeté une petite laine. Pour se “ protéger des saintes glaces ”, lui avait-elle dit en riant avant de disparaître. Sage précaution, effectivement, les matinées de ce début mai étant particulièrement fraîches malgré le soleil. Que s’était-il donc passé ? Ses habits n’étaient désormais plus que des haillons pendant en lambeaux, misérables, racornis et tout roussis. Fabienne écouta son histoire tout en l’aidant à se déshabiller et en lui administrant les premiers soins....

statue de Jeanne d'Arc, square Popelin

Tout à sa rêverie, Memoria n’entendit pas venir dans son dos une petite troupe. Elle était menée par Odette Fachot, conseillère de l’échevinat de Chaalons où elle représentait le sinistre F-Haine. […]
— Mais regardez-moi ça : c’est une honte ! éructait Odette Fachot. Cette pauvre pucelle ressemble à une souillon avec ses fientes de pigeons sur le dos, dans les cheveux et sur les bras ! Et ce vert-de-gris, quelle horreur ! Tiens, c’est bien simple, ça me rappelle ce pouilleux de Trosquot lorsqu’il est vert de colère et qu’il se prend pour ce tas de fumier ambulant de Thanase ! Beurck ! C’est à vomir… J’avais pourtant prévenu le bourgmestre que, s’il n’y remédiait pas, je passerais à l’attaque !
Sous l’œil amusé de Fabrice Zagon et Laurent Roubas, les représentants de la presse locale que le F-Haine avait invités à suivre l’opération commando de son égérie, Odette Fachot [...] entreprit alors d’astiquer la pucelle avec énergie et vigueur. Le premier contact du liquide fumant et grésillant qui s’écoulait sur le dos de la statue fit sursauter Memoria avant de lui arracher un cri de douleur. S’extrayant de son observatoire, interloquée et encore sous le choc, elle observa un instant la scène avant de partir chercher refuge et secours auprès des Amis de la Catalaunie où Fabienne la recueillit toute loqueteuse. La presse nationale s’empara de l’affaire. “ A Chaalons, le F-Haine dézingue Jeanne d’Arc ”, titra le Colvert Enchaîné. Comme à l’accoutumée, le journal satirique n’y alla par quatre chemins. “ Le 10 mai dernier, Jeanne d’Arc a été victime d’un odieux attentat perpétré par une femme : Odette Fachot… C’est que l’élue F-Haine n’y est pas allée de main morte ! Avec du nerf et une force de bœuf, elle a sauvagement décapé la pauvre Jeanne… Bref, à Chaalons, le F-Haine, en voulant récupérer Jeanne d’Arc, l’a brûlée une seconde fois. C’est un vrai travail de Cauchon ! ”.

L’association Nouvelle Catalaunie a écrit au Député-Maire le 8 mars 2007. Elle reste en attente d’une réponse.

Monsieur le Député-Maire,

A l’occasion du 8 mai 2003, la statue de Jeanne d’Arc fut gravement endommagée par le Front National et son égérie locale. Celle-ci avait en effet entrepris de la nettoyer à l’aide d’un produit particulièrement corrosif et d’une brosse métallique qui détruisirent sa patine et lui donnèrent la couleur de la peste brune qui, depuis, ne l’a pas quittée.

Pourtant, suite aux plaintes déposées par l’Association Nouvelle Catalaunie et par la Ville, Mme Erre déclarait dans l’Union du 9 juin 2003 que, “ en tant que conseillère municipale, je touche 30 euros par mois. Notez bien : à partir de ma prochaine paye je les laisse à Bruno Bourg-Broc. Ce sera pour refaire la statue de Jeanne d’Arc… Et si le maire m’envoie un chèque, je le renverrai chez lui ! ”. [...]
Aussi nous vous saurions gré d’une part de nous faire connaître pourquoi la Ville n’utilise pas le versement de ces indemnités conformément à leur objet, d’autre part de nous apporter toute assurance que le crime commis contre notre patrimoine sera bien réparé avant la célébration de la prochaine fête nationale de Jeanne d’Arc.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Député-Maire, à l’assurance de notre considération distinguée.

Bruno Malthet,
Président

1 Soit 33 € (et non pas 30 €) de juillet 2003 à janvier 2006 et 63 € de février 2006 à mars 2007.

 

Le diagnostic du patrimoine châlonnais

“ L’étude pour la création de la ZPPAUP ”, tel était le thème de la réunion publique tenue le 16 mars suivie le 27 d’une seconde destinée aux associations. M. Bailly, architecte en charge du montage du dossier de la Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et paysager, la ZPPAUP, y a présenté la première phase de ses travaux. Elle a porté sur le diagnostic du patrimoine architectural de l’aire prédéfinie par les orientations données par la ville. Mais, comme cela était prévisible, l’élargissement de cette aire s’est rapidement imposé.
 

Concertation, piège à c… ?

La ville de Châlons a décidément une curieuse conception de la concertation. Elle se résume à une présentation du sujet suivie d’un temps de questions – réponses. Mais, ni en amont, ni en aval, les associations présentes n’ont eu droit au moindre support écrit. Rien ne sera accessible sur internet, pas même la présentation du dossier

Le recensement

2758 éléments du patrimoine architectural ont été recensés. Ils comprennent environ 70 à 80% du bâti du centre ancien et 60% de celui l’aire étudiée.

Datation
54 sont antérieurs au XVIIème siècle, 101 du XVIIème, 133 du XVIIIème, 1386 du XIXème, 918 de la première moitié du XXème siècle et 121 de la seconde moitié (1).

Intérêt patrimonial
88 présentent un intérêt majeur (dont 77 sont classés ou inscrits), 470 un intérêt certain, 2198 un intérêt mineur (1 et 2).
 

 

La prime aux tricheurs

Châlons, le 2 avril 2007

Monsieur le Député-Maire,

M. le trésorier municipal vient d’adresser à l’Association Nouvelle Catalaunie et à ses co-requérants des avis de sommes à payer.

...
Venons-en à l’objet même de cette lettre : la remise de la totalité des frais visés dans votre publicité mensongère. Certains des co-requérants les désignent sous le vocable de “ rançon ”. L’expression “ Prime aux tricheurs ” serait sans doute plus appropriée. Aussi trouverez-vous ci-joint un chèque de 1 000 € correspondant à votre prime, votre ami Tronche ayant déjà reçu la sienne.

Si toutefois vous estimiez que l’octroi de cette prime n’était pas mérité, n’hésitez surtout pas à nous en faire retour : nous en ferions, vous le savez, un excellent usage pour défendre le patrimoine châlonnais.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Député-Maire, à nos sentiments les meilleurs envers le patrimoine.

Bruno Malthet,
Président
L’exploit de Me Kanter
Lettre adressée le 25 mars 2007 par l’association à la SARL Le Marché (Me Kanter)

Monsieur,

L’association et ses co-requérants attendaient depuis janvier dernier que vous vous manifestiez afin de vous verser le prix de votre forfaiture contre le patrimoine châlonnais. Vous avez cru utile de le faire de manière fort discourtoise en leur envoyant un huissier plutôt qu’une lettre comme le veut l’usage.

Aussi, avant d’en venir à l’objet de la présente, vous nous permettrez de vous rappeler combien nous réprouvons la conception très particulière de l’éthique qui vous a animés, vous et vos amis de la municipalité, durant toute cette procédure administrative sur laquelle il y aurait également beaucoup à dire. Nous n’ignorons rien du lourd tribut que le patrimoine châlonnais doit payer suite à votre parjure et à leur complicité ayant permis de sacrifier l’intérêt patrimonial et général à votre seul intérêt particulier. Nous savons aussi qu’aucune juridiction n’a dans ses compétences de pouvoir sanctionner ces lamentables manifestations de déficience éthique. ...

Ces choses étant écrites, vous trouverez ci-joint un chèque de 1 000 € correspondant aux frais irrépétibles que l’arrêt du 11 janvier 2007 de la Cour Administrative d’Appel de Nancy a mis à la charge de Mme Jactat, MM Ravaux et Richard et de l’association Nouvelle Catalaunie. Nous en avisons l’huissier que vous avez mandaté.

Nous vous prions de croire, Monsieur, à notre absence totale de salutations et de considérations.

Bruno Malthet,
Président

 

Place Foch : une réglementation à la tête du client

«Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir», écrivait Jean de La Fontaine dans «Les Animaux malades de la peste». Telle est la conclusion qu’il convient de tirer de la politique patrimoniale à géométrie variable menée par la Ville de Châlons place Foch !

Selon que l’on se trouve d’un côté ou de l’autre de la place Foch, la réglementation applicable est à géométrie variable.

A droite, quand on regarde la place depuis l’Hôtel-de-Ville, M. Bourg-Broc sait interpréter de façon très conciliante la réglementation. Il s’agissait alors de permettre l’installation d’une brasserie dans un fonds dont les murs appartiennent à un conseiller municipal. Poser une vitrine là où il n’en existe pas ne constitue alors pas un aménagement suffisant, malgré l’importance des travaux intérieurs, pour exiger l’alignement des ouvertures du rez-de-chaussée sur celles des étages comme le prévoit pourtant la réglementation.

 
A gauche, par contre, par le truchement de son adjointe en charge de l’urbanisme, Mme Vasseur, il sait se montrer impitoyable. Changer une vitrine cassée constitue alors bien un aménagement suffisant, malgré l’absence totale de travaux intérieurs, pour exiger la restauration patrimoniale prévue par la réglementation.
 Le journal municipal nous apporte un début de réponse : à droite, il s’agissait d’une implantation “ en adéquation et en complément de l’Espace Hôtel de Ville ” justifiant bien quelques entorses à la réglementation. 
 

L’explorateur des âmes ou un voyage à bicyclette
dans une France qui va voter


“ Repartir à vélo pour parcourir une France qui va voter reprend tout son sens. Dans l’intimité du territoire et de ses habitants, à vitesse humaine, en dehors des contingences journalistiques habituelles émerge un autre format de parole ”.

Raphaël Krafft, journaliste à France Culture, est arrivé à Châlons le samedi 3 février au soir avec son vélo et sa petite remorque, malgré un fort vent d’est. Il est parti de Paris le 1er février pour une longue aventure de 7 semaines (4 000 km) en France sur son deux roues. Son objectif : prendre le pouls des Français. Comment vont-ils ? Comment ressentent-ils la campagne électorale de la présidentielle ?

 

L’effet de serre,
c’est quoi ?
Pourquoi parle-t-on de réchauffement climatique ?

   
Le pacte écologique
Nicolas Hulot a invité les candidats et les citoyens à manifester leur volonté d’agir en signant le pacte écologique. Parce que la planète terre est en danger et parce qu’il y a urgence à agir, l’association Nouvelle Catalaunie soutient et appuie l’initiative de la fondation Nicolas Hulot. A cet effet, nous publions une synthèse de ce pacte, de ses dix objectifs et cinq propositions concrètes. Ils ont été élaborés par le Comité de Veille Écologique de la Fondation Nicolas Hulot sur lesquels les candidats à la Présidentielle ont été invités à s’engager.

Le Pacte écologique, une démarche citoyenne
pour faire de l’impératif écologique une priorité nationale…

www.pacte-ecologique-2007.org

La fenêtre interactive du Pacte écologique

10 objectifs pour un changement de cap
et 5 propositions concrètes et ouvertes au débat
Ce que disent de la taxe carbone les candidats à la présidentielle

Proposition n°2
Instaurer une taxe carbone en croissance régulière

Pour stabiliser la concentration de gaz carbonique dans l’atmosphère et éviter la catastrophe climatique, les émissions mondiales doivent avoir diminué de moitié d’ici 2050 par rapport à ce qu’elles étaient en 1990, soit une division par quatre dans les pays industrialisés. Il faut donc diviser par quatre notre consommation de pétrole et de gaz naturel en France.

A signé le Pacte écologique
S’est prononcé sur les objectifs et les propositions

 


François Bayrou Union pour la Démocratie Française (UDF)
Marie-George Buffet Parti Communiste Français
Ségolène Royal Parti socialiste (PS)
Nicolas Sarkozy Union pour un Mouvement Populaire (UMP)
Dominique Voynet Les Verts

Ne souhaite pas signer le Pacte écologique
S’est prononcé sur les objectifs et les propositions


Olivier Besancenot Ligue Communiste révolutionnaire (LCR)
Arlette Laguiller Lutte Ouvrière

N’a pas signé le Pacte écologique
Ne s’est pas prononcé sur les objectifs et les propositions

José Bové altermondialiste
Philippe de Villiers Mouvement pour la France (MPF)
Jean-Marie Le Pen Le Front national (FN)
Frédéric Nihous Chasse, pêche, nature et traditions (CPNT)
Gérard Schivardi Parti des Travailleurs
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

15 mars 1993
Ségolène :
royale à Fagnières

Le 15 mars 1993, ministre de l’environnement, Ségolène Royal est sur la décharge sauvage de la SODEX à Fagnières où elle assiste au départ des déchets hospitaliers allemands qui avaient été illégalement entreposés. Depuis 8 mois, l’association de défense de l’environnement de Fagnières exigeait leur départ. L’intervention de Ségolène Royal a été demandée par l’association Nouvelle Catalaunie et organisée par Bertrand Wiedemann-Goiran, secrétaire de la section locale du PS. Pour en savoir plus, lire Le Petit Catalaunien Illustré, n° 3, «Le royal cadeau de Ségolène».

Ségolène Royal à Fagnières et, derrière, Bertrand Wiedemann-Goiran

16 mars 2007
Des OGM pour Sarkosy

Le 16 mars 2007, une quinzaine d’activistes de Greenpeace ont déversé plusieurs tonnes de maïs transgénique devant le QG de campagne de Nicolas Sarkozy, rue d’Enghien, à Paris (Xe). « Cette «livraison» constitue une sorte de retour à l’envoyeur, a expliqué Arnaud Apoteker, responsable de la campagne OGM de Greenpeace France. En livrant du maïs transgénique à Nicolas Sarkozy, nous lui disons : «Vous refusez de prendre position pour un moratoire sur les OGM en plein champ ? C’est donc que vous voulez du maïs transgénique. Et bien, en voilà !».

 

Réduire son CO2 à Châlons

Le Petit Catalaunien Illustré a mené son enquête pour aider ses lecteurs désireux de réduire leurs émissions de CO2 à adopter le mode de transport le mieux adapté à leurs besoins et possibilités.
 

Le dioxyde de carbone (ou gaz carbonique ou CO2) est un produit de toute combustion de matière organique (pétrole, bois, végétaux...). 30 % du CO2 émis en France a pour origine la combustion de carburant pour le transport. Il contribue au réchauffement du climat par son action sur l’effet de serre. Au 21e siècle, le réchauffement moyen de l’air pourrait être de 2 à 3 °C, avec pour conséquence la fonte d’une partie des glaces aux deux pôles et une dilatation des mers, tout ceci entraînant une élévation du niveau des océans de 5 à 7 mètres. Ce danger a motivé l’engagement de la plupart des pays du monde à maîtriser leur production de CO2 dans les prochaines années (conférence de Kyoto, 1997).
Si donc il ne vous reste pas d’autres choix que d’utiliser votre voiture, vos émissions de CO2 seront fonction de son âge, de sa puissance, de votre manière de conduire et de son énergie. La curiosité naturelle du Petit Catalaunien l’a conduit à pousser la porte de plusieurs concessionnaires châlonnais afin de comparer les émissions de CO2 indiquées par les constructeurs selon la motorisation des moteurs pour un même modèle. Il en ressort que les moteurs diesel polluent moins que les GPL qui eux-mêmes polluent moins que l’essence sans plomb. Et le «bioéthanol» ? Le Département de la Marne comme la Ville de Châlons en ont doté une partie de leurs flottes et deux stations service de l’agglomération en distribuent. Une seule marque automobile commercialise actuellement un véhicule fonctionnant avec ce carburant. Sa documentation laisse apparaître que l’éthanol, tout «vert» qu’il serait, a des rejets de CO2 supérieurs aux autres carburants : 167 gr/km contre 157 pour le modèle essence similaire et 124 pour le modèle diesel !

 

Le vélo à Châlons, c’est possible

C’est ce qu’affirme l’association “ Avenir 2 roues ” dont l’objectif est de promouvoir l’utilisation du vélo dans l’agglomération châlonnaise. Elle agit dans deux directions : la sensibilisation de la population lors de manifestations diverses et les contacts avec les pouvoirs publics pour la prise en compte du vélo en ville.
Avenir 2 Roues
7 rue des Plançons
51470 Saint-Memmie
http://chalons.fubicy.org/
avenir2roues@yahoo.fr

Et si vous étiez vélomanes...

Strasbourg, Lyon, Paris, Amsterdam, Québec, Genève, pour ne citer que ces villes, se sont mises au vélo. Si les cyclistes roulent nombreux dans de très grandes villes, pourquoi pas à Châlons ?

Chambéry ville pionnière

L’agglomération de Chambéry est comparable à celle de Châlons avec ses 60 000 habitants. Avec ses 57 km de pistes cyclables, Chambéry a été une ville pionnière qui attend de l’être à nouveau avec une traversée des quais de la Leysse.

Parrainage à Bobo
En devenant parrain ou marraine d’un enfant de Bobo-Dioulasso, notre ville jumelle du Burkina Faso, vous lui permettez d’accéder à l’éducation et ainsi à un meilleur avenir.

Comment devenir
parrain ou marraine ?

L’engagement de parrainage demandé s’élève à 120 euros par an et peut faire l’objet d’un versement trimestriel de 30 euros. Si vous souhaitez devenir parrain ou marraine d’un enfant de Bobo, il vous suffit d’envoyer un chèque libellé à l’ordre du comité de jumelage de Châlons-Bobo qui vous adressera votre Livret de Parrainage.

Ecrire à :
Comité de jumelage Châlons-Bobo - opération parrainage – 7, rue de la Charrière 51000 Châlons-en-Champagne.
Pour tout renseignement complémentaire, téléphonez au :
06 83 50 13 82 ou courriel : parrainage.bobo@wanadoo.fr.
 

 

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