Le Petit Catalaunien Illustré


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 Au sommaire du n° 59
L'éditorial : Les jards ont perdu le nord

 
Culture
Le Mau mélé de Lou Paté
Juliette, l’exilée
Marie-Angélique, l’enfant-loup
Les enfants sauvages
Les grandes dates des jards
Histoire des jards
selon Louis Grignon
selon Louis Barbat
Dieu le veut !
Un intendant iconoclaste
Equal
Les expositions de l’été
200 ans de vie économique
Histoire d'ivoire

Société
pourquoi un comité de jumelage Châlons-Bobo ?
Année européenne de l’égalité des chances pour tous
Droits et bienfaits de la diversité dans l’Union européenne

 
L'éditorial
de Sabine Schepens, rédactrice en chef

Les jards ont perdu le nord

Ce numéro d’été 2007 se lit comme un roman car Le Petit Catalaunien Illustré vous raconte de belles histoires, toutes vraies. Celle de Juliette Récamier, «Une robe blanche sur un sofa de soie bleue», c’est ainsi que la voit François-René de Chateaubriand la première fois chez Madame de Staël en 1801. Elle a 24 ans, elle est belle. Chassée de la capitale par Napoléon, elle devra s’exiler à Châlons.

 Une autre histoire, celle de Marie-Angélique, l’enfant-loup, trouvée près de Châlons en 1731 : Serge Aroles nous conte, après avoir fouillé de longues années dans les archives, la survie et la résurrection d’une enfant perdue dix années en forêt.

Des espaces boisés, lieux de promenade, il y en à Châlons, on les appelle les Jards. Mais les Jards ont perdu le nord : le Jard que nous nommons aujourd’hui le grand Jard fut longtemps dénommé le petit Jard et le grand Jard se situait plus au sud, au-delà du canal Louis XII. Mais, dans une ville où la Marne est un canal et l’anse du Jard la Marne, faut-il vraiment s’en étonner ? Mieux vaut les visiter en compagnie de Louis Grignon et Louis Barbat !

En huit siècles les Jards ont vu défiler l’Histoire de la ville. Il en est une, racontée par Memoria, l’âme de Chaalons-en-Champaigne, qui nous raconte le prêche de Bernard de Clairvaux pour les Croisades en 1147. Nous vous la livrons en avant-première, en attendant sa parution dans une des suites que Bruno Malthet entend donner à « l’Inconnue du grand bazar ».

Pour finir, un peu de réflexion. Sur l’engagement des Châlonnais dans le comité de jumelage avec la ville burkinabé Bobo-Dioulasso : pourquoi depuis 37 ans, malgré leurs différences, ses adhérents, hommes et femmes de bonne volonté, sont-ils rassemblés dans cette relation ? Patrick Denis, le président du comité de jumelage, s’interroge. Une des actions du comité de jumelage est le parrainage d’enfants bobolais qui leur permet d’être scolarisés. Un bulletin de parrainage est joint à ce numéro.

Une des raisons de la participation des Châlonnais dans l’aventure de jumelage avec Bobo est « la volonté de lutter contre les idées nauséabondes du racisme et de l’intolérance qui ont perverti trop d’esprits dans notre pays », comme le dit Patrick Denis. Sur le même axe, l’Union Européenne a lancé en 2007 « EQUAL », un laboratoire d’idées au service de la stratégie européenne pour l’emploi et le processus d’inclusion sociale afin de combattre la discrimination et l’exclusion basée sur le sexe, l’origine raciale ou ethnique, la religion ou les croyances, le handicap, l’âge ou l’orientation sexuelle : égalité des chances et bienfaits de la diversité.

Sur ces belles et bonnes paroles, je vous laisse à votre lecture en espérant que vous apprécierez la diversité de ces thèmes et que nous vous retrouverons à la rentrée.

Bonnes vacances à tous.

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Le Mau mêlé catalaunien de Lou Paté

Retrouvez les mots qui suivent dans notre Mau mêlé. Avec les 8 lettres restantes, trouverez l’autre nom d’Henry Beyle qui comme beaucoup de lettrés a aimé notre Juliette ?

Abbaye au Bois / Adelaïde / Antique / Basse du Rempart / Beauté / Benjamin / Bernard / Buste / Canova / Castellane / Chateaubriand / Constant / Delacroix / Directoire / Dot / Egérie / Etrusque /  Exil / Françoise / Germaine de Staël / Lamartine / Lit / Lyon / Politique / Récamier / René / Révolution / Sainte-Beuve / Salon /

 

Juliette, l’exilée

Juliette Récamier n’est pas une enfant du pays.
Pourtant, contrairement à Mme de Staël, une rue châlonnaise porte son nom car un lien l’unit à la Catalaunie.

Juliette Récamier en 1802 par François Pascal Simon, baron Gérard (1770-1837)

Ci-dessus :
Juliette Récamier (1777-1849). Tableau de l’Ecole française,
début XIXème siècle. Musée Garinet 899-11-344

Extrait de
“ Ils sont passés par Châlons ”
de Jean-Paul Barbier
Editions du Petit Catalaunien Illustré, 2003

De septembre 1811 à juin 1812 Juliette Récamier (Jeanne, Françoise, Julie, Adélaïde Bernard épouse de Jacques René Récamier), exilée pour “ mauvais esprit dans les sociétés ” par Napoléon Ier, décide de s’installer à Châlons, ville suffisamment éloignée de Paris, mais toutefois très proche de la capitale. Elle loge à l’hôtel de la Pomme d’Or, 56 rue de Marne, avec sa nièce, la jeune Amélie et sa femme de chambre Joséphine.

La pension pour trois personnes devenant trop onéreuse, et n’ayant plus les moyens de loger à l’hôtel, elle loue un appartement rue du Cloître, actuellement rue Récamier. C’est toutefois l’hôtel de la Pomme d’Or qui continue de lui préparer ses repas.
Marie-Angélique, l’enfant-loup

L’histoire de l’enfant sauvage trouvée en 1731 à Sarry pour les uns, à Songy pour les autres, a fait couler beaucoup d’encre. Voltaire, Rousseau, Diderot, la Condamine et d’autres se sont intéressés à son cas. Le Petit Catalaunien Illustré a déjà donné la version de Burette de Verrières datant de 17881. Voici celle de Serge Aroles, parue en 2004, qui se base sur des documents d’archives.

L’Enfant sauvage
film de François Truffaut 1969

Statue en basalte de l’enfant sauvage érigée sur la place de Saint-Sernin sur Rance en 1987, oeuvre de Rémi Coudrain, Artiste Sculpteur www.remi-coudrain.moonfruit.fr

 
Les enfants-loups (1344-1954) tome 2 : Marie-Angélique : survie et résurrection d’une enfant perdue dix années en forêt de Serge Aroles, Terres éditions, 2004

Voir également l’article de Jean-Paul Denise dans le N°77 de la revue de Champagne Généalogie ou sur le site : http://www.feralchildren.com/en/pager.php?df=denise

 

Les grandes dates des jards


1147 Saint Bernard prêche la croisade au Jard

1147 Le pape Eugène III est au Jard lorsque se produisit une éclipse
...
2007
Histoire des jards

Aussi loin que l’on remonte dans le temps, les Jards de Châlons ont toujours été un lieu de promenade privilégié des Châlonnais. Nos ancêtres seraient toutefois fort déboussolés s’ils revenaient s’y promener ! Celui que nous nommons aujourd’hui le grand Jard fut en effet longtemps dénommé le petit Jard et le grand Jard se situait plus au sud, au-delà du canal Louis XII. Mais, dans une ville où la Marne est un canal et l’anse du Jard la Marne, faut-il vraiment s’en étonner ?
Pour mieux connaître les Jards, Le Petit Catalaunien Illustré vous invite à les visiter avec Louis Grignon et Louis Barbat.

Le jard en 1580 in Louis GrignonTopographie historique de la Ville de Châlons-sur-Marne, page 86

Louis Grignon :  Le Jard

Le Jard, disent certains manuscrits, aurait été autrefois le jardin de l’évêque. Jardin est peut-être beaucoup dire. Le terrain lui appartenait il est vrai, mais par sa situation et sa nature il n’avait jadis rien de commun avec un jardin. C’était une prairie basse et souvent inondée, plantée ça et là de saules, essence qui convenait très bien à ce terrain humide, et qui en formaient alors tout l’ornement...
 
Louis Barbat : Les promenades du Jard

Le Jard date de l’époque la plus reculée. C’étaient d’abord quelques allées plantées dans une belle et vaste prairie arrosée par la Marne et par le Nau. Saint Memmie, nous l’avons dit, établit, entre la grande et la petite porte de cette promenade, un cimetière pour les chrétiens. L’autre partie était divisée par le fossé du pré Vidame, qui fut remplacé plus tard par le canal de Louis XII1. La partie entourée par la Marne, par ce canal, par le Nau et par les murailles de la ville, s’appelait le Petit-Jard; et la partie que nous désignons sous le nom d’allées de Forêt2 ou des Flammiers formait le grand Jard...

Le jard en 1755 in Louis Barbat Histoire de la Ville de Châlons-sur-Marne

Ci-contre : Le jard en 1854 in Louis Barbat Histoire de la Ville de Châlons-sur-Marne

Barbat : le pont tournant du jard supprimé en 1846

Dieu le veut !

Dans la suite de son roman «L’inconnue du grand bazar», Bruno Malthet consacre plusieurs chapitres à un raid aventure se déroulant dans Chaalons où les compétiteurs doivent notamment répondre à des questions culturelles concoctées par La Catalaunie Illustrée. Pendant que Eugène Thanase et Benjamin Lhéritier recherchent qui, de l’intendant Hue de Miroménil, du docteur Balthazar Trosquot ou bien de la Marie-Rose, détruisit nuitamment la chaire à prêcher de saint Bernard, Memoria, l’héroïne du roman, conduit les compétiteurs sur les traces du saint homme. Suivons-les.

Bernard gravit une à une les marches de la chaire, se dressa devant la foule, les bras écartés, et réclama le silence. Derrière lui, sous le dais, le roi prit place et s’assit, entouré des ambassades de Conrad III et de Barthélémy de Senlis, le nouvel évêque de la Ville. Les brumes hivernales se dissipèrent et un pâle soleil traversa le drap du dais, découpa la silhouette de l’abbé de Clairvaux et l’auréola d’une secrète lumière qui lui donna une majesté si éclatante que plus d’un participant se signa. De ce corps si frêle monta alors une voix profonde et puissante où Bernard mit tout le feu dévorant son âme au service de la croisade.

“ …Pour les chevaliers du Christ, c’est en toute sécurité qu’ils combattent pour leur Seigneur...
Lorsque sa voix se tut, un immense murmure parcourut l’assistance avant d’enfler et de gonfler dans un même cri sortant de toutes les poitrines : “Dieu le veut ! Dieu le veut ! Des croix, des croix, qu’on nous donne des croix ! ”.

Je sais où ils sont, moi, ces damnés Sarrasins ! Viens, Benjamin, Prends les croix et on y va tout de suite...
— Où donc, Eugène ?
— Au Mont Saint-Michel et à la Bidée, pardi !
— Chut! Travy pourrait nous entendre et nous dénoncer !...


Je n’y comprends plus rien ! murmura Urbain à l’adresse de Memoria. D’après Barbat, Saint Bernard prêcha la croisade en juin 1147. Or, la scène que tu viens de nous faire revivre se passe bien en hiver, non ?
— Tout à fait ! A la chandeleur, même…
— Comment peux-tu être aussi affirmative ?...
Un intendant iconoclaste
Les motivations de Monsieur de Miroménil nous sont absolument inconnues et inexplicables. Toujours est-il qu’il fait mander au conseil de Ville de faire procéder à la démolition de cette chaire qu’il juge indésirable. ...

Alors, une nuit, sans que personne n’en soit averti, il envoie une équipe d’ouvriers avec mission de raser la chaire et d’en faire disparaître toute trace. Ainsi fut fait et au lever du jour plus rien ne rappelait qu’en cet endroit s’était élevée la chaire à prêcher de Saint Bernard ...

Roger Canard

Extrait de «La chaire à prêcher de Saint Bernard», in «Histoire de Catalaunie», recueil de nouvelles de Roger Canard, hors-série du Petit Catalaunien Illustré, 2001
Pourquoi un comité de jumelage Châlons-Bobo-Dioulasso

L’assemblée générale du comité de Jumelage Châlons/Bobo-Dioulasso s’est tenue le 8 juin dernier. Dans son rapport moral, le président Patrick Denis a souhaité s’interroger et faire s’interroger les adhérents sur le sens de leur engagement en faveur d’un jumelage avec une ville africaine : pourquoi Châlons est-elle jumelée avec Bobo-Dioulasso ? Pourquoi ce jumelage dure-t-il depuis 37 ans ? Pourquoi, malgré leurs différences, les adhérents, hommes et femmes de bonne volonté, sont-ils rassemblés dans cette relation ? Nous en publions de larges extraits.

Ci-contre : La cérémonie de jumelage à Bobo en 1970. A gauche, M. Sib-Sie, maire de Bobo; au centre : M. le Ministre de l’intérieur de Haute-Volta. A droite, Jean Degraeve, maire de Châlons. (Extrait de “ Ils sont passés par Châlons ” de Jean-Paul Barbier, Editions du Petit Catalaunien Illustré, 2003).

Parrainage à Bobo
En devenant parrain ou marraine d’un enfant de Bobo-Dioulasso, notre ville jumelle du Burkina Faso, vous lui permettez d’accéder à l’éducation et ainsi à un meilleur avenir.
Comment devenir parrain ou marraine ?
L’engagement de parrainage demandé s’élève à 120 euros par an et peut faire l’objet d’un versement trimestriel de 30 euros. Si vous souhaitez devenir parrain ou marraine d’un enfant de Bobo, il vous suffit d’envoyer un chèque libellé à l’ordre du comité de jumelage de Châlons-Bobo qui vous adressera votre Livret de Parrainage.
Ecrire à :
Comité de jumelage Châlons-Bobo - opération parrainage chez Danièle Mathy , 83 bld Kennedy 51000 Châlons-en-Champagne.
Pour tout renseignement complémentaire, téléphonez au :
06 83 50 13 82 ou courriel : parrainage.bobo@wanadoo.fr.
EQUAL 2007
Année européenne de
l’égalité des chances pour tous


L’initiative EQUAL constitue un laboratoire d’idées au service de la stratégie européenne pour l’emploi et du processus d’inclusion sociale. Sa mission est de promouvoir une vie professionnelle plus inclusive, en combattant la discrimination et l’exclusion basée sur le sexe, l’origine raciale ou ethnique, la religion ou les croyances, le handicap, l’âge ou l’orientation sexuelle. EQUAL est mise en œuvre par le biais des Etats membres et est financé par le Fonds social européen.

http://equality2007.europa.eu

200 ans de vie économique et de justice consulaire
La Marne, une industrie aux mille facettes

Archives départementales de la Marne, 43 rue Carnot à Châlons du 22 juin au 6 septembre 2007
La Marne, une industrie aux mille facettes, une exposition à visiter aux travers principalement d’affiches publiciataires exposées avec les tableaux des noms des présidents consulaires châlonnais depuis le XVème siècle et les panneaux de l’exposition du bicentenaire du code de commerce édicté en 1807.

Eventail avec Louis XVI rétablissant le Parlement à son avènement (1774)
Dieppe, vers 1775, Musée du Louvre

Histoires d’ivoire
Musée des Beaux-Arts et d’archéologie de
Châlons-en-Champagne,
exposition du
7 juillet 2007 au 13 janvier 2008

Bénitier :
Jésus et la Samaritaine
Flandre, XVIIème siècle, Musées de Châlons-en-Champagne

A travers quatre-vingt six pièces choisies dans la collection d’ivoires modernes (1450-1900) du musée du Louvre, dont une partie est montrée pour la première fois à cette occasion, enrichies de seize pièces en ivoire appartenant aux collections des musées de Châlons-en-Champagne, cette exposition propose une approche thématique. Abandonnant une présentation géographique ou chronologique, ces oeuvres sont autant d’évocations de l’usage de l’ivoire, de son travail et de sa fascination. Le véritable vecteur de cette exposition est bien sûr le matériau, qui en forme aussi le fil conducteur. D’autres substances, le bois de cerf, l’os ou la corne, y trouvent naturellement leur place. En introduction, trois pièces en ambre du musée du Louvre, évoquent un autre matériau organique très apprécié dans la même période et montrent ce goût des matières rares et exotiques.
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