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Présentation de l'oeuvre - biographie sommaire
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Les chausses de Jehan de Soudron
et autres nouvelles à fonds historique
de Louis Grignon
éditions du Petit Catalaunien Illustré, 1995

Les chausses de Jehan de Soudron
La belle Maguelonne
La Tour Maudite
La mésaventure de Jacquinot de Ponthion
Le Barbier Jodet
L’Arbalétrier
La Dame de Trosnay



 

4ème de couverture

 

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Présentation

Tous les passionnés d’histoire locale connaissent « la Topographie historique de la ville de Châlons sur Marne », l'oeuvre maîtresse de Louis Grignon publiée en 1889 et rééditée en 1976.

Mais réduire l’oeuvre de Louis Grignon à sa « Topographie » serait perpétuer la méconnaissance quasi-générale qui entoure son oeuvre littéraire depuis plus d’un siècle. En redécouvrant ses nouvelles à fonds historique, Les Editions du Petit Catalaunien Illustré ont souhaité faire partager largement le plaisir de lire ces véritables petits chef-d’oeuvres littéraires. Et réparer un oubli. Parues entre 1877 et 1890 sous forme de feuilletons dans « le Journal de la Marne », l’un des journaux châlonnais de l’époque, ces nouvelles n’ont en effet jamais été réunies et publiées sous forme de recueil.

Les qualités d’historien de Louis Grignon, associées à ses talents d’écrivain, lui permettent de mettre en scène avec bonheur l’Histoire et de la faire vivre au quotidien. Car lorsqu’il écrit ses nouvelles à fonds historique, l’Histoire n’est jamais un prétexte à la propre histoire des personnages qu’il met en place dans le décor du Châlons qu’il connaît bien, celui des XVIe et XVIIe siècles.

L’Histoire pèse de tout son poids sur leur destin. A partir d’un parchemin, d’un acte notarié, d’un registre d’état civil, d’une pierre tombale ou encore d’une aiguille retrouvée plantée dans un crâne, il reconstitue leur histoire, fait renaître une époque, une atmosphère, un lieu, une langue savoureuse. Tantôt, ses personnages sont pris dans la tourmente de la Ligue qui secoue le pays en ces temps de guerre de Religions. Tantôt, ils s’affairent sur les remparts de la ville menacée par l’arrivée des troupes de Charles-Quint, ou se pressent sur le passage du duc de Nevers, le gouverneur de Champagne venant présider les Etats provinciaux.

Avec humour, Louis Grignon sait redonner vie à nos ancêtres sous les visages de Jehan Legros le Ligueur et Louise Malibon sa fiancée, du barbier amoureux Estienne Jodet, du menestrier très en vogue Jacques Babolet, du drapier-chaussetier Maistre Nicolas Robillard ou encore de la bourgeoise Dame Véronique qui rêve de noblesse, du sympathique et bon vivant frère Laurent, quêteur des Cordeliers... Au passage, Grignon égratigne et se moque de la bourgeoisie locale. Elle prend les traits de Me Gilles, le procureur pingre de « l’Arbalétrier » qui craint fort la peste. Ou de Me Ytam, l’inénarrable avocat du « Barbier Jodet », parcourant, à l’heure de plaider, les rues de Chaalons en Champaigne à la recherche de son sac à procès... Son confrère Me Grangule, lui, sort du sien un véritable morceau d’anthologie oratoire où l’on découvre toute la métaphysique du port des chausses depuis Adam jusqu’à Jehan de Soudron. Mais cette satire de la société bourgeoise serait incomplète sans celle des médecins et apothicaires ne méconnaissant rien du latin et d’Aristote, mais ignorant tout, ou à peu près, de leur art.

Biographie sommaire

Louis Grignon naît le 21 Octobre 1829 à Châlons. Il entreprend des études de pharmacie mais ne les achève pas. Il s’engage alors dans le 3ème régiment de génie de Metz. Elève puis officier d’administration, il part en Algérie et voyage beaucoup avec son régiment. D’un esprit curieux et grand travailleur, il remédie à l’insuffisance de ses premières études en utilisant ses temps libres pour compléter ses connaissances en musique, littérature, architecture, histoire et langues (latin, arabe). Il profite de ses voyages pour visiter, apprendre et emmagasiner des connaissances encyclopédiques.

Louis Grignon prend sa retraite à Guéret en 1868, puis revient dans sa ville natale en 1874. Sa retraite de l’armée lui permet de se livrer totalement à sa passion : l’histoire religieuse et civile de Châlons. Il entreprend le dépouillement des archives locales. Minutieusement et patiemment, il amasse quantité de notes. Cet historien consciencieux va utiliser tout ce matériel dans ses études historiques et dans ses nouvelles.

Cette accumulation de notes lui inspire sa « Topographie historique de la ville de Châlons sur Marne ». C’est sa grande oeuvre, précise dans les détails et rigoureuse dans la méthode. Elle lui vaut l’estime des historiens et l’engouement des passionnés d’histoire locale. Elle retrace cette dernière sous un angle complètement original à l’époque, puisqu’il s’agit de l’histoire des rues et des maisons de Châlons. Cet ouvrage de référence, ainsi que « le diocèse de Châlons en 1405 », sa dernière oeuvre historique, lui ont valu de recevoir la médaille d’or de la Société d’Agriculture, Commerce, Sciences et Arts de la Marne.

Louis Grignon abordera avec succès les genres les plus divers : études musicales, études historiques sur Châlons, articles, feuilletons et romans. Mais il en fait éditer peu. Son unique ouvrage littéraire publié le sera en 1876. C’est un roman, « Le côté des hommes ». Par la suite, il écrira le « Livre des célibataires », demeuré à l’état de manuscrit, dans lequel, lui, le modèle du célibataire endurci et forcé (du fait de ses voyages), dépeint et raille les inconvénients de sa vie solitaire. Ses « Souvenirs d’Algérie », non publiés, ont été malheureusement perdus.

Par contre, toutes ses nouvelles, qu’elles soient « modernes » ou à fonds historique, paraissent sous forme de feuilletons dans « le Journal de la Marne » de 1877 à 1891. Les héros de ses nouvelles « modernes » affrontent la vie avec bonne humeur. Ils ont nom Jean Mâchepain, le Pannetier, Grosmolet, Grinchard l’Huissier, Nasutus le médecin, Bicoquet, Pincemouche, Ducerceau : tout un roman ! Louis Grignon a su gagner, par sa fantaisie et son imagination, la faveur des lecteurs champenois de la fin du XIXe siècle.

Louis Grignon quitte Châlons en 1888, tout en y conservant des liens, pour Paris où il meurt en Août 1891 en état de pauvreté : une souscription de la Société d’Agriculture, Commerce, Sciences et Arts de la Marne sera nécessaire pour couvrir les frais de sa sépulture au cimetière de Bagneux où il est enterré.

Une rue de Châlons en Champagne et le collège de Fagnières portent aujourd’hui le nom de Louis Grignon. Depuis la réédition en 1976 de sa « Topographie » par l’association des Amis de la Bibliothèque Enfantine, personne ne s’était intéressé à l’oeuvre de Grignon. Il est vrai que sa dispersion dans les journaux du XIXe siècle ne facilite pas la tâche ! Aujourd’hui, cet oubli est partiellement comblé avec la publication de ses nouvelles à fonds historique. Avec l’aide de Jean-Pierre Ravaux, conservateur des Musées Municipaux de Châlons, que nous remercions, nous avons agrémenté cet ouvrage de notes. Elles permettront au lecteur de mieux suivre le cheminement des personnages de Grignon dans le dédale des rues du Châlons des XVIe et XVIIe siècles. A quelques exceptions près et parfois sous le même nom, toutes ces rues existent encore. Beaucoup conservent des maisons à colombage, malgré les méfaits dus aux guerres, à l’alignement que fustige Grignon dans « La Dame de Trosnay » et autres rénovations urbaines.

Puisse cet ouvrage contribuer à faire sortir de la galaxie des « illustres inconnus » cet authentique défenseur du patrimoine châlonnais, historien consciencieux doublé d’un auteur littéraire de talent. Ce serait le meilleur hommage que nous puissions lui rendre.


Châlons en Champagne, le 29 août 1995

Sabine M. Schepens ; Bruno Malthet

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