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CHV : surélévation
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CHV :

(combat mené en 2003)

Bras de fer autour de la surélévation
en style attique du mausolée du CHV

1) Prélude en trois actes ou la concertation ratée
2) L'objet du conflit : une surélévation en attique
3) Au fait : que dit le POS ?
4) Perspectives : la goutte d'eau qui fit déborder le vase
5) Résultat ...
6) En guise de conclusion provisoire

Prélude en trois actes ou la concertation ratée
 Acte 1 : Les trois associations de défense du patrimoine châlonnaises reçoivent le 17 juin du maire une lettre de fin de non recevoir à leurs observations critiques relatives notamment au CHV. Avec, en substance, le message suivant : "circulez, y'a rien à voir (cf Le Petit Catalaunien Illustré n° 43)  
 Acte 2 : Nouvelle Catalaunie découvre avec stupeur que les associations ont été flouées. Ni le 28 mai, date de la réunion de concertation prévue au protocole d'accord sur le CHV, ni le 13 mai, lors de l'AG des Amis du Vieux Châlons, ni le 17 mai, dans la lettre précitée, elles n'ont été informées qu'un permis de construire avait été délivré à l'Effort Rémois le 23 mai ! Le président de Nouvelle Catalaunie fait part de sa stupéfaction dans l'Union du 15 juillet.

 
 Acte 3 : "Le maire voit rouge", titre l'Union du 17 juillet. Selon le premier magistrat, le président de Nouvelle Catalaunie ferait de "l'obstruction systématique"et aurait une "volonté délibérée de nuire". Et d'enfoncer le clou en dénonçant "nous avons en face de nous des inconscients, ce recours est de nature politique" avant de menacer de poursuites indemnitaires... Bigre de bigre !

 

 Bref, comme le titre Marne-Hebdo, le maire accuse notre président de sabotage.

L'ANC (association Nouvelle Catalaunie) se prendrait-elle pour le FLNC ? Mais que fait la police, dans ce cas ?

 

 Des accusations intolérables que l'association, évidemment, n'a pas laissé passer. Dans une lettre au maire du 21 juillet, son président remet les pendules à l'heure.

Elle lui rappelle en effet "Nouvelle Catalaunie n'a pas pour habitude de confondre la défense du patrimoine, qui fait partie de son objet, et le combat politique, qui n'en fait pas partie"..."Bref, inutile de se tromper de combat et de voir rouge chaque fois que notre association est en désaccord avec la politique patrimoniale de la Ville et de voir bleu quand elle va dans le sens de la municipalité...".

 

Et de poursuivre : "...Nous menons un combat associatif et, en tant que tel, il est légitime et respectable, quand bien même certains ne le partageraient pas, ce qui est parfaitement leur droit et fait la force de la démocratie.

"Quant à votre argument selon lequel nous ferions de l'obstruction systématique avec, comme le dit M. Camus, " une volonté délibérée de nuire ", permettez-nous de le trouver quelque peu surprenant et particulièrement choquant.

"Faut-il en effet vous rappeler, Monsieur le Député-Maire, que si dans l'affaire de la SEMCHA, vous vous en êtes sorti, tout compte fait, avec les honneurs, c'est bien parce que ni mon association, ni moi, nous n'avons fait de l'obstruction. Bien au contraire !" . Et de citer l'action en ce sens mené par l'association.

L'objet du conflit : une surélévation en attique
 Répondant le 17 juin aux associations, le maire leur précise à propos du dernier niveau projeté que "Les balcons sur rue sont certes interdits par l'article UA11 du POS. Mais aucun n'est prévu. Le dernier étage est réalisé en attique". Et de joindre à sa lettre des simulations montrant très clairement qu'il y aura bien des balcons ! Ce que la lecture des plans confirmera.  
 Assurément, c'est l'examen du permis de construire (que tout citoyen peut consulter en mairie) par Nouvelle Catalaunie qui a mis le feu au poudre. Si le maire, alerté sans doute par ses services, a aussitôt vu rouge, l'association, elle, va de (mauvaises) surprises en (mauvaises) surprises et elle en alerte aussitôt ses co-requérants de l'affaire avec la SEMCHA.  
1er constat : le projet prévoit de surélever l'existant jusque 4,14 m pour atteindre, à quelques centimètres près, l'altitude du faîte du toit de l'Hôtel de Ville ! Soit près de 30% de plus que l'existant.
 2ème constat : toutes les simulations jointes au dossier donnent une image tronquée de la réalité, les perspectives étant arrangées de façon à ce que la construction paraisse s'intégrer dans l'enveloppe préexistante.

 
Ici, les flèches de Notre-Dame, comme la construction, gitent dangereusement à droite...

 

 
surélévation opérée

 3ème constat : dans l'affaire, ce sont d'abord les perspectives sur Notre-Dame et sur l'Hôtel de Ville qui vont en prendre un sérieux coup. Un de plus, après le massacre perpétré dans les années 70. Pourtant, une simple lecture du cahier des charges du site inscrit aurait permis aux auteurs de ce projet de voir et de mettre en oeuvre le dessin ci-après :

 
 4ème constat : quant aux façades de la place Foch, inscrites avec leurs toitures à l'inventaire supplémentaires, elles vont tout simplement être écrasées ! Ce que ne laissait pas du tout apparaître le caliquot qui figurait jusque début juillet sur la façade du bar moderne.  
   
surélévation opérée
 Et Saint-Alpin ? Il y avait, avant le saccage opéré par les vandales dans les années 70, une perspective intéressante sur saint-Alpin depuis la rue du Sauvage. Massacrée comme les autres, elle disparaitra totalement.
   
 perspective rue du sauvage en 2003

 demain ?
 Fallait-il en rester là et s'en tenir à la réponse du Député-Maire du 17 juillet 2003 aux associations, à savoir : "vos arguments en la matière me paraissent subjectifs. Je vous rappelle que l'opération de restructuration du CHV est attendue et correspond à un enjeu majeur de revitalisation du centre ville"?

 
Bref, comme le dit notre ami OR, le laisser exhausser le mausolée d'un étage attique ?
 Fallait-il que l'on se range à cet argument qui, rappellons-nous, était déjà celui qui a prévalu lors du saccage du Centre ancien de Châlons ? Qui se souvient que, à l'origine, le projet de "rénovation" du CHV prévoyait, en 1967, de construire une tour devant (et aussi haute que) Notre-Dame, projet heureusement refusé, mais qui a, malheureusement, accouché du mausolée de marbre que nous connaissons ? Ou fallait-il que l'on soit des "inconscients", des "saboteurs". Bref, des empécheurs de bétonner en rond ?

 
Un lapsus révélateur de BBB : doit-il caser 400 logements,
ou casser les perspectives ? That is the question !
 

Au fait : que dit le POS ?

 L'article UA 11 du POS dispose en son point 9 que " le long des voies repérées au plan de zonage par un trait continu (-), les surélévations ou surbaissements sur rue sont interdits. Ceux-ci peuvent être autorisés en façade arrière ".  
Avec 4,14 m de plus que le mausolée de marbre, le projet en attique ne respecte pas le POS.
 L'article UA 6 du POS dispose en son point 1) que " le long des voies repérées au plan de zonage par un trait continu (-), les constructions doivent être implantées à l'alignement. Pour le rez-de-chaussée, un recul est autorisé ".  Au cas particulier, le dernier niveau à usage d'habitation est en recul sur la rue de l'Hôtel-de-Ville et sur le quai Barbat d'un mètre environ (aucun des plans annexés au permis ne cote précisément ce retrait).
 L'article UA 7 du POS dispose en son point 5) que " en cas d'extension ou de surélévation d'une construction déjà implantée à moins de 3 m d'une limite séparative, cette addition, d'une enveloppe maximale de 30 m² de SHON (surface hors-œuvre nette), peut être autorisée dans le prolongement du bâti existant ".  Au cas particulier, l'extension et la surélévation prévue par le projet litigieux porte sur un ensemble immobilier implanté en limite séparative des fonds riverains. La SHON nouvelle prévue au projet est par ailleurs de 2 651,11 m².

 L'article UA 11 du POS dispose en son point 7 que " le long des voies repérées au plan de zonage par un trait continu (-), les balcons sur rue sont interdits ".

Au cas particulier, le dernier niveau habitable du projet litigieux a des balcons donnant sur les voies publiques que sont le quai Barbat, la rue de l'Hôtel-de-Ville et l'impasse Saint-Germain.

 
 L'article UA 11 du POS dispose à ses points 14 et 15 que " Dans le cas de modification ou de réparation des toitures, la transformation en toiture-terrasse, accessible ou non, est interdite. Les toitures-terrasses sont interdites. ".

 Au cas particulier, le projet litigieux prévoit de créer un jardin suspendu intérieur au dessus du rez-de-chaussée, lequel fait l'objet d'un permis de construire délivré au profit de la SEMCHA et suspendu par le Tribunal administratif par ordonnance du 10 février 2003.

La réalisation de ce jardin suspendu implique au préalable la suppression de la toiture terrasse existante située au niveau supérieur et formant actuellement la toiture du niveau R+2. Ce jardin suspendu constitue une toiture terrasse interdite par le POS.

 L'article UA 12 du POS dispose à ses points 2 et 3 que :
" 2) … le nombre de places de stationnement à réaliser pour l'opération projetée doit répondre aux normes suivantes... :
a) constructions à usage de logement : 1 place par tranche de 60 m² de SHON pour l'habitat collectif
Le projet prévoit 51 places (une par logement). Or, compte tenu de la SHON créée, soit 5504,64 m² pour les logements et 74,09 m² pour les bureaux, il en faudrait 91 places au total.
Précisons, pour être complet, que l'Architecte des Bâtiments de France, s'il a donné son accord, n'a pas été consulté sur les 3 dernières modifications apportées au projet. Précisons aussi que le dossier pose un problème de comptage du nombre de niveaux, de couleur des façades attiques et de pentes de toit... Bref, qu'il y a eu quelques tours de pos-pos dans cette affaire !
 

Perspectives : la goutte d'eau qui fit déborder le vase

Le cahier des charges du site inscrit, dans lequel l'îlot du CHV est inclus, précise que " dans les réaménagements et regroupements d'intérieurs d'îlots (à l'occasion des travaux de réhabilitation ou de construction neuve), il est souhaitable de respecter les limites historiques et de les réintroduire dans la composition des aménagements de sols, jardins ou volumes de constructions neuves " (cahier des charges du site inscrit, p 19).

Une démarche, que, assurément, nos élus, qui aiment Châlons et clament haut et fort vouloir tourner la page du CHV en rectifiant les erreurs commises par leurs prédécesseurs (d'avant 1977), ont eu à coeur de suivre.

Nous avons donc procédé, à partir de la collection de cartes postales de la BMVR de Châlons-en-Champagne, à une recherche pour connaître les limites historiques et de nous assurer qu'elles avaient bien été réintroduites dans la composition des volumes de la construction en attique...

 

 place Foch et rue de l'Hôtel de Ville en 1907.

Les maisons rue de l'Hôtel-de-Ville ont des façades similaires à celles de la place, mais des toits moins pentus, et laissent intacte la perspective sur Notre-Dame.

 

 place Foch et rue de l'Hôtel de Ville vers 1938.

Les premières maisons rue de l'Hôtel-de-Ville ont été rasées pour construire Le Grand bazar de la Marne. Seul subsiste, en fond de rue, le Café des Oiseaux. La perspective sur Notre-Dame est partiellement brisée.

 

 place Foch et rue de l'Hôtel de Ville vers 1960.

La place attend le passage des vandales...

 

 Quai Barbat vers 1900.

Les maisons le long du quai laissent intacte la perspective sur l'Hôtel de Ville.

 

 Quai Barbat vers 1938.

Le Grand bazar de la Marne dresse ses façades cubiques sur le quai Barbat et vient briser la perspective sur l'Hôtel de Ville.

 

 Vue générale vers 1938

A l'angle du quai Barbat et de la rue de l'Hôtel-de-Ville, le mythique Café des Oiseaux...

 

 ... rasé pour les besoins de la bonne (?) cause du style vandale

 

 

 

 

Et oui ! Les Vandales, repassant par Châlons après plus de 15 siècles d'absence, prolongèrent l'oeuvre destructrice du Grand Bazar et nous laissèrent un très mauvais, très gros et très laid souvenir à cet endroit-là et, hélas, ailleurs...
   

Résultat : nous avons ...
1) déposé le 21 juillet 2003 un recours devant le Tribunal administratif

signataires :
Bruno Malthet, pour l'association Nouvelle Catalaunie, Roger Canard, Danièle Jactat, Jean-Pierre Ravaux et Olivier Richard.
 
 2) sans l'assortir, pour l'heure, d'un référé-suspension, bien que les conditions juridiques en soient réunies, " Il nous a en effet paru souhaitable, avant d'user de cette possibilité, de vous inviter à ouvrir une véritable concertation entre la Ville, l'Effort Rémois, la SEMCHA et les requérants sur l'ensemble du dossier de restructuration du CHV, en vue d'aboutir à un projet global acceptable". (extrait de la lettre adressée le 21 juillet au député-Maire).
Précision : le référé-suspension, utilisé dans l'affaire SEMCHA, avait conduit le juge à suspendre très rapidement le permis.
3) tout en rassurant la ville et ses interlocuteurs.  En effet, "sans risque de subir des retards abusifs, ils peuvent commencer dès maintenant les travaux de destruction du mausolée : le permis de démolir délivré le 23 mai 2003 ne fait l'objet d'aucun recours, tant de notre part que de nos " alliés " (extrait de la lettre adressée le 21 juillet au député-Maire).
Voilà. Et, pour tout vous dire, nous avons même proposé que cette "réunion de concertation [se tienne] dans la semaine suivant la foire exposition, laissant d'ici là le temps aux esprits de se calmer et à chacun de profiter pleinement de ses vacances" (idem).

Et, si ça peut vous rassurer, cette ligne de conduite ne doit absolument rien aux menaces de M. Bourg-Broc rapportées par la presse locale le 17 juillet. Elle a en effet été arrêtée de concert par les requérants et adoptée par le Conseil d'administration de l'association Nouvelle Catalaunie le 10 juillet 2003.

Et dire que, malgré tout ça, y'en aura encore qui diront que nous sommes des inconscients, que nous faisons de l'obstruction systématique et on ne sait quoi d'autres encore... Si vous en connaissez, invitez-les donc à visiter cette page !

 En guise de conclusion provisoire...

 Il y a attique...

  et attique...
   

et certainement moyen de s'entendre !

 

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