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Caves médiévales CHV : surélévation

La
ZPPAUP
page 1/2

CHV : tromperies Le PLU de 2006
Foch : M° Kanter St. Jeanne d'Arc
Château de Coolus Maison des oeuvres
Ste Pudentienne ZPPAUP
Abbaye Toussaints Haute-Mère-Dieu

sur cette page : histoire d'une revendication associative

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La ZPPAUP
(zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager)
(combat mené en 2006-2009)

autres pages
contribution citoyenne à l'enquête publique relative au plan local d'urbanisme (mai 2006)
2006 : mise en chantier de la ZPPAUP

ZPPAUP : histoire d'une
revendication associative
à travers les articles publiés par Le Petit Catalaunien Illustré
 

  Le site inscrit (article paru dans le suplément au n° 46 du PCI, printemps 2004) Quel périmètre pour la ZPPAUP ? (article paru dans le suplément au n° 46 du PCI, printemps 2004)
  Introduction au débat (article paru dans le suplément au n° 46 du PCI, printemps 2004)  ZPPAUP : Une protection à petits pas comptés (article paru dans le n° 46 du PCI, printemps 2004)
 Débat municipal :
Entre frilosité et conviction (article paru dans le suplément au n° 46 du PCI, printemps 2004)
 Architectes et PLU :
Vive la folie douce ! (article paru dans le suplément au n° 46 du PCI, printemps 2004)
 Intégrons la ZPPAUP dans le PLU
(article paru dans le PCI hors-série , janvier 2004) l'attente des associations
premières discussions
 ZPPAUP : Un des coins du voile
(article paru dans le PCI n° 43 , été 2003) bureau municipal du 2 juin 2003
brève analyse
 ZPPAUP : un sigle pour protéger intelligemment son patrimoine
(article paru dans le PCI n° 41 , hiver 2002-2003)
La ZPPAUP de Z à P : contenu
ZPPAUP et monuments historiques
ZPPAUP et PLU
 L'urbanisme prospectif
(article paru dans le PCI n° 41 , hiver 2002-2003)
SDAU, SCOT, POS et PLU
Le SCOT
Le PLU et son PADD
  ZPPAUP : Béton, business et basta pour le bâti ancien
(coup de gueule paru dans le PCI n° 40 , automne 2002)
Béton, bussines et basta
une politique au coup par coup
de qui se moque-t-on ?
une seule solution : la ZPPAUP
La myopie urbanistique
plus de blablabla : des actes
 Châlons-en-Gruyère
(article paru dans le PCI n° 38 , printemps 2002)
La politique du gruyère...
est de retour...
avec ses effets pervers...
justifiant de créer une ZPPAUP
 Les augustins se mobilisent
(article paru dans le PCI n° 37 , hiver 2001-2002)
Une mobilisation réussie
protéger le cadre de vie
vers une zone de protection du patrimoine
 

 Quel périmètre pour la ZPPAUP ?
Le choix d’un périmètre continu ou discontinu pour la zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager sera tout, sauf anodin.

Le centre ancien de Châlons est inclus dans un site inscrit disposant d’un cahier de recommandation.

De nombreux autres secteurs extérieurs au site inscrit justifieraient une protection, qu’ils soient :
¨urbains (secteur de la gare, avenue de Paris, Chanzy-Forgeot, avenues de Metz, de Gaulle et des Alliés...)
¨ou paysagers (jard Jacquesson, zones vertes entre Marne et voies SNCF...).

Leur rattachement au site inscrit dans le cadre d’une ZPPAUP doit-il être réalisé dans une zone continue, avec création de nouveaux secteurs renforcés, ou peut-il s’accomoder d’une discontinuité géographique permettant, entre les secteurs protégés, aux élus d’autoriser aux architectes et bétonneurs de développer sans contrainte leurs art et projets immobiliers ?

Un choix qui sera tout sauf anodin.

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.

 Le site inscrit

Le site inscrit de Châlons-en-Champagne correspond approximativement à la ville historique délimitée :
• au nord par les avenues de Valmy et de Sainte-Ménehould,
• à l’est par la rue du Général-Féry et le boulevard Emile-Zola,
• au sud par les allées Paul-Doumer et Voltaire, l’avenue du Général-Leclerc et la rue de l’Industrie,
• à l’ouest par le canal latéral à la Marne.

Les secteurs renforcés

Les conseils du cahier de recommandations urbanistiques et architecturales du Centre ancien sont modulés suivant l’importance et l’intérêt des différentes parties du tissu urbain. De là, découle la création de secteurs appelés «renforcés» exigeant une attention et un soin particulier dans toutes les actions à entreprendre :
1. secteur vieille ville,
2. secteur Notre-Dame-en-Vaux / Léon-Bourgeois,
3. secteur Saint-Loup / Arquebuse,
4. secteur Saint-Jean / Jean-Jacques-Rousseau.

Le cahier de recommandations

Le cahier de recommandations urbanistiques et architecturales du Centre ancien est une annexe documentaire du Plan d’Occupation des Sols contenant des conseils qu’il est recommandé aux pétitionnaires et architectes de suivre, que la Ville peut leur imposer mais qu’elle oublie généralement de faire.

 
le site inscrit et ses secteurs renforcés

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 Introduction au débat

Pour introduire le débat de notre assemblée générale, nous publions trois compte-rendus : celui du conseil municipal du 25 mars ayant mis la ZPPAUP à l’étude, et ceux de la commission d’urbanisme ayant auditionné sur le PLU l’ordre des architectes le 2 décembre 2003 et les associations le 22 janvier 2004. Nous publions aussi la carte et la définition du site inscrit du centre ancien de Châlons, sensé le protéger avec un cahier de recommandation. Sa transformation en cahier des charges sera au centre des enjeux de la ZPPAUP dont le périmètre reste à définir.

 ZPAUP :
Une protection à petits pas comptés

Le Conseil municipal a décidé d’engager la ville de Châlons-en-Champagne dans le processus de création d’une zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP). “ Enfin ! ”, serions-nous tenté de dire, en mettant toutefois un bémol à notre premier réflexe de satisfaction que l’annonce de cette décision a suscité.


Porté depuis 2001 par les associations de défense du patrimoine, le débat sur la création d’une zone de protection du patrimoine est entré dans une nouvelle phase, active et publique, avec le vote du conseil municipal du 25 mars 2004.

Pour l’association Nouvelle Catalaunie, ce dossier est indissociable de la procédure en cours de révision du plan d’urbanisme, l’actuel plan d’occupation des sols ayant montré ses limites en matière de protection du patrimoine. Malgré un unanimisme de circonstance lors du vote de la délibération, ce lien est loin d’être admis par tous. Nos adhérents et abonnés pourront en juger en prenant connaissance, dans l’encart joint à ce numéro en vue de la préparation de notre assemblée générale, des trois premiers temps forts de ce débat : le conseil municipal du 25 mars et les deux réunions de consultation, sur le plan local d’urbanisme, des associations et des architectes.

A la lecture de la délibération du conseil municipal et à l’audition des débats de nos élus sur le site internet de la ville, la démarche municipale manque singulièrement d’enthousiasme. Elle adopte volontairement un train de sénateur pour se laisser plus facilement distancer par la révision du plan local d’urbanisme, avec lequel elle ne fait pas le lien, au lieu de le rattraper et de l’éclairer.

La démarche paraît avoir été engagée de manière contrainte pour faire taire les critiques des associations de défense du patrimoine que, au demeurant, le projet de délibération ignorait royalement dans sa phase de concertation.

Au sein du conseil municipal, le débat a fait apparaître une ligne de partage qui dépasse le traditionnel clivage gauche - droite et traverse les deux camps. En filigrane, on y découvre que ceux qui se passeraient bien de la mise en place d’une zone de protection du patrimoine n’osent pas le dire franchement. Ils n’y sont donc «pas opposés» mais laissent transpirer leurs réserves en voulant mettre des garde-fous devant les garde-corps prévus par les textes.

Cette grande frilosité de la majeure partie de la majorité municipale, rejointe par l’opposition socialiste, renvoie aux critiques émises par l’ordre des architectes vis à vis des règles actuelles du plan d’occupation des sols. Nos hommes de l’art aimeraient bien les voir disparaître. La protection du patrimoine leur apparaît en effet comme un frein à leur créativité, aux besoins de leurs clients et à leur vision de l’urbanisme du IIIème millénaire.

Faut-il pour autant du passé faire table rase ? Ardents défenseurs d’une nouvelle Catalaunie respectueuse de son histoire, nous ne le pensons pas.

Si le débat autour de la ZPPAUP ne fait que commencer, son calendrier est son principal point faible au regard de la révision en cours du plan d’occupation des sols en plan local d’urbanisme (PLU). En ne permettant pas à la ZPPAUP de rattraper son retard sur ce grand chantier qu’est le PLU, la ville met sciemment la charrue devant les bœufs.

Certes, comme l’a expliqué le premier adjoint, les règles de la ZPPAUP s’imposeront au PLU qui ne pourra être en contradiction avec elles. Mais en commençant par fixer les règles du PLU, on inverse nécessairement les données du problème. Quand on connaît les lourdeurs en tout genre que représente toute révision partielle d’un plan d’urbanisme, on peut légitimement craindre que la tentation sera grande, au moment de fixer les règles de la ZPPAUP, de les subordonner à celles déjà retenues par le PLU.

Ce serait alors la création a minima d’une ZPPAUP qui, tout en affichant la nécessité de protéger notre patrimoine, ne réglerait en rien les critiques qui sont les nôtres sur les insuffisances actuelles du POS. Celles-ci découlent de l’existence d’un cahier de recommandations urbanistiques que nous aimerions voir se transformer en cahier des charges tandis que d’autres voudraient le voir disparaître.

D’où, notamment, notre insistance pour que l’étude de la ZPPAUP soit intégrée dans celle du PLU.

La prochaine assemblée générale de l’association Nouvelle Catalaunie sera l’occasion de poursuivre ce débat avec nos adhérents.
Bruno Malthet
Président de l’association
Nouvelle Catalaunie

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 Débat municipal :
Entre frilosité et conviction

Le débat du conseil municipal du 25 mars 2004 autour de la mise à l’étude d’une zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager est accessible sur le site internet de la ville. Nous publions une synthèse analytique et chronologique de ce débat qui, au delà de l’unanimité du vote, fait apparaître un très net clivage entre
la frilosité des uns et la conviction des autres..

Avec la prudence d’un Sioux qui marcherait sur des œufs, Bruno Bourg-Broc, Député-Maire, a présenté le projet consistant, pour l’heure, à faire appel en 2005 à un architecte pour étudier le périmètre et les conditions d’élaboration de cette zone de protection. Cette étude devra permettre au Conseil municipal de confirmer ou non sa décision de créer une ZPPAUP avant de la présenter à la commission régionale du patrimoine et des sites puis de la soumettre à l’enquête publique préalable à son adoption définitive après 2007.

Jean-Claude Rouffignac, parlant au nom du groupe socialiste, s’est dit “ ne pas [être] opposé à la mise en chantier d’une réflexion sur la ZPPAUP ” mais a eu du mal à dissimuler sa méfiance en demandant d’être “ très attentifs aux contraintes que la délimitation de cette zone risque d’apporter à l’évolution de notre ville ”. Car, insista-t-il, il est “ très important de ne pas s’enfermer dans un cadre trop rigide qui ferait de certaines parties de la cité un musée d’architecture ”. Il souhaite que la ville puisse se transformer “ tout en protégeant son patrimoine paysager ”, oubliant au passage, et par deux fois, les volets architectural et urbain de la zone de protection. Une intervention qu’aussitôt le Député-Maire a déclaré “ partager point par point ”.

Puis le débat a changé de tonalité et s’est fait prospectif avec le groupe de la gauche plurielle qui, rappelle Alain Goze, se prononce sans réserve pour la
ZPPAUP qu’elle réclame dans cette enceinte “ depuis deux ans ”. L’élu a demandé que les associations soient aussi associées, comme le prévoit le projet de délibération pour les propriétaires et la population, “ à la rédaction du Cahier des Charges lors des réunions publiques d’information et de concertation ”. Ce à quoi Mme Vasseur, adjointe à l’urbanisme, lui répondra plus tard qu’elle pensait “ avoir lu quelque part que les associations seraient consultées ” et qu’elles se sont du reste déjà exprimées sur ce point “ dans le cadre de la révision du PLU ”.

Sur le fond, Alain Goze a insisté sur le fait qu’il est “ indispensable d’inscrire dans la délibération que les travaux de la ZPPAUP se feront en concertation, en lien et en étroite complémentarité avec le PLU ” dont les travaux de révision sont dans leur phase active. Ce qui nécessite de revoir “ la gestion du temps ” puisque le financement de l’étude sur la ZPPAUP est prévue de 2005 à 2007, d’où la nécessité d’une “ révision globale du PLU intégrant la ZPPAUP ”.

Pour René Doucet, premier adjoint, une telle “ démarche en étroite correspondance est une évidence, mais le calendrier n’est pas tout à fait le même ” car le PLU sera adopté avant la ZPPAUP “ qui doit être précédée d’un inventaire général du patrimoine puis de l’élaboration du projet architectural ”. Mais ce n’est pas pour lui une difficulté si peu “ que l’on veille à ce qu’il n’y ait pas contradiction entre les deux procédures ”.

Pierre Devarenne, conseiller délégué au patrimoine, réagit au propos de Jean-Claude Rouffignac, en estimant que “ on peut mettre en valeur un patrimoine dans une ville qui n’est pas une ville musée ”. Dans la ZPPAUP, “ le patrimoine est utilisé pour sa vocation : habitation, bureau… contrairement à un musée où l’objet n’a plus sa fonction ”. La volonté d’une ZPPAUP est claire : elle est là pour “ améliorer la protection du patrimoine et le mettre en valeur afin de rendre le centre ville plus attrayant ”. Une prise de position guère appréciée par Jean-Claude Rouffignac qui a estimé “ que M. Devarenne est en contradiction avec M. le Maire qui s’est déclaré tout à fait d’accord avec moi ! ”.

Ce qui conduisit Bruno Bourg-Broc à recadrer le débat en insistant sur la nécessité “ de peser les tenants et aboutissants ” de la démarche. Aussi reprit-il le communiqué de presse qu’il a publié avant le conseil et qui prévoit “ de consulter les associations ”. Un communiqué qui, par rapport au projet de délibération, donne à l’entendre une vision plus dynamique de la démarche municipale visant à définir “ le périmètre de la ZPPAUP à partir du recensement des enjeux patrimoniaux ”.

Joëlle Vasseur, adjointe au maire à l’urbanisme, se défend de vouloir interdire les paraboles en centre-ville et s’interroge sur le caractère “ continu ou discontinu ” que pourrait avoir une éventuelle ZPPAUP.

Bernard Barberousse, pour la gauche plurielle, insista sur l’importance du dernier des 3 “ P ” du sigle : paysager. “ Les richesses paysagères sont exceptionnelles à Châlons et il ne faudra pas les négliger ”. Sur les délais de mise en œuvre de l’étude, il les trouve “ un peu long, car, comme l’a dit Alain Goze, il faut une cohérence avec le PLU ”. Et l’élu de rejeter l’argument financier, évoqué pour renvoyer le démarrage de l’étude à 2005, comme n’étant “ pas convaincant ” avant d’annoncer que le groupe de la gauche plurielle demandera lors “ du vote du budget supplémentaire de prévoir un financement pour commencer cette étude à l’automne 2004 ”. Ce qui, financièrement, est possible, le compte administratif de 2003 dégageant un excédent que le budget supplémentaire devra affecter. Reste à savoir si la volonté politique existe et suivra.

Pierre Devarenne dit partager le point de vue de Bernard Barberousse sur l’aspect paysager qui est important, “ notamment sur les essences d’arbres qui ne sont pas les mêmes en centre-ville et en périphérie ” et demande que l’on “ intègre une partie de la charte de l’arbre en cours d’élaboration dans la ZPPAUP ”.

Le débat étant clos, la délibération autorisant la mise à l’étude d’une zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager a été adoptée à l’unanimité.

Sans, pour autant, acter formellement l’engagement pris en séance d’associer les associations à la concertation qu’elle prévoit.

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 Architectes et PLU :
Vive la folie douce !

Si nos élus écoutaient les architectes châlonnais, ils supprimeraient d’un trait de plume toutes les règles actuelles de protection du patrimoine prévues par le plan d’occupation des sols. Le génie créatif de nos hommes de l’art pourrait alors s’exprimer pleinement afin d’agrémenter le centre ancien de nouveaux chefs-d’œuvre susceptibles de rivaliser d’audace avec le bientôt feu CHV et l’encore omniprésent blockhaus de Pierre Dac…

La commission d’urbanisme a reçu les architectes châlonnais le 2 décembre 2003 dans le cadre de la révision du plan local d’urbanisme de Châlons-en-Champagne. La veille, l’ordre des architectes s’était réuni pour définir ses objectifs et préparer toute une série d’observations et de suggestions sur l’actuel plan d’occupation des sols. Le libéralisme outrancier qui se dégage de la lecture du compte-rendu de ces réunions est manifestement aux antipodes des exigences des associations de défense du patrimoine.

Les objectifs que se sont assignés les architectes visent à supprimer de la réglementation “ tous les articles faisant appel à la subjectivité des élus et des instructeurs ”, ainsi que tous les “ critères esthétiques ”. L’architecte des bâtiments de France ne serait consulté que “ dans les sites historiques ”, les autres zones étant dévolues à l’architecte conseil relevant de la profession. Pour atteindre ces objectifs, les architectes entendent bien s’impliquer et participer au groupe de travail qui aura la charge de rédiger le PLU.

La bible des architectes se résume aux codes civil et de l’urbanisme qui seuls devraient régenter l’implantation des constructions par rapport aux voies, emprises publiques et limites séparatives. S’agissant des hauteur des constructions, l’ordre des architectes lance un provoquant “ A vos suggestions... ” qui en dit long sur leur vision de la ville, “ domaine de la verticalité ” par excellence.

Avançant plus avant dans ses propositions, l’ordre se prononce pour la suppression de l’article UA 11-1 du POS sur lequel s’appuyaient, entre autres, les recours de l’association Nouvelle Catalaunie contre les permis de construire du CHV. Cet article prévoit que “ le permis de construire peut être refusé ou n’être accordé que sous réserve de l’observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l’aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l’intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu’à la conservation des perspectives monumentales ”.

Accéder à une telle demande reviendrait à renoncer à toute protection du site inscrit du centre ancien de Châlons-en-Champagne que les associations de défense du patrimoine veulent au contraire étendre pour créer une zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager !

Car, manifestement, pour nos architectes, du passé il nous faut faire table rase. Comment expliquer autrement leur demande de suppression de l’article UA 11-2 précisant que “ Dans le cas de regroupement de parcelles, la nouvelle construction doit refléter dans sa volumétrie les partages du passé ” ? Et du suivant disposant que “ les proportions des nouvelles constructions doivent s’harmoniser avec celles du bâti ancien… sur le principe de proportions liées au rapport plein/vide de 1/1, 2/1, 3/1 qui est le rythme des ouvertures par rapport à leurs intervalles horizontaux ” ? Pour nos hommes de l’art, nos constructions anciennes correspondent en effet à “ des modes de vie désuets ” normalisés par le POS et sont antinomiques avec les fonctions des constructions nouvelles.

Il faut donc aussi en finir avec l’article UA 11-5, qui permet de s’opposer à la création de portes, de fenêtres lorsque ces ouvertures défigurent l’architecture ancienne ou qu’elles marquent une rupture du style du bâtiment, et avec l’article UA 11-6 qui interdit “ La réalisation de portes de garage dans les façades existantes ”. Une telle porte a, il est vrai et comme chacun s’en doute, toute sa place dans une façade à colombage ou à appareillage de craie et de briques !
Surtout, il faut absolument redonner de la couleur à nos façades dont les revêtements extérieurs, après avoir subi la grisaille des crépis lépreux qui caractérisait le centre ancien avant la mise en place du plan de ravalement, n’ont droit aujourd’hui qu’à la “ couleur pastel (blanc cassé par toutes les couleurs ”. L’ordre demande donc que l’on supprime toutes “ références couleurs ”, ce qui autoriserait demain, par exemple, des façades rouge vif ou jaune fluo…

La modernité des hommes de l’art d’aujourd’hui ne faisant décidément pas bon ménage avec l’archaïsme de leurs aînés des siècles passés, l’ordre des architectes suggère de “ supprimer les articles faisant référence à des périodes de l’architecture ” en laissant le soin à l’architecte des bâtiments de France “ de transmettre ses recommandations ”.

La référence aux périodes de l’architecture est, il est vrai, prégnante dans le plan d’occupation des sols rédigé au début des années quatre-vingt en réaction contre le vandalisme qui détruisit le vieux Châlons au nom de la modernité.

Ainsi, l’article UA 11-4 interdit les modifications des détails architecturaux lorsqu’elles n’ont pas pour objet “ de restituer l’état historique postérieurement endommagé ”. L’article UA 11-8 prévoit lui que “ les devantures des commerces doivent s’harmoniser avec l’architecture des bâtiments ”. Quant à l’article UA 11-13, il oblige sur la place Foch de restituer le projet originel de 1768.

Pour conclure son cahier de doléances architecturales, l’ordre des architectes se devait de demander la levée de l’interdiction des toitures-terrasses. Une position qui, si elle était retenue, reviendrait à justifier, a posteriori, l’édicule du centre culturel Pierre Dac aujourd’hui privé de permis de construire pour cause de… toiture-terrasse !

A lire le compte-rendu de la réunion de la commission d’urbanisme ayant écouté nos hommes de l’art, la position de l’ordre ferait l’unanimité de la profession, à une exception près. Un seul architecte a en effet réagi en précisant “ qu’un secteur sauvegardé serait un véritable “ booster ” pour la mise en valeur du patrimoine ”. Il sait, il est vrai, de quoi il parle pour avoir à son actif, entre autres, le sauvetage et la rénovation de la maison Clémangis.

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 Intégrons
la ZPPAUP dans le PLU
Les associations de défense du patrimoine ont été auditionnées le jeudi 22 janvier 2004 par les commissions municipales de l’Urbanisme et des Affaires culturelles dans le cadre de la révision du POS en PLU. En voici la synthèse.

l'attente des associations
La révision du plan d’ocupation des sols en plan local d’urbanisme n’a de sens que si l’objectif recherché est de redonner de la cohérence à une réglementation d’urbanisme qui doit être respectueuse de notre passé et être résolument tournée vers demain sans créer de rupture.

Cette démarche passe inévitablement par la mise en place concomitante d’une zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP), et d’un projet d’aménagement et de développement durable (PADD) dont nous aurions apprécié avoir, préalablement à cette réunion, les grandes lignes directrices.

Se faisant la porte-parole des associations de défense du patrimoine, Nouvelle Catalaunie a donc demandé que cette ZPPAUP soit engagée dès maintenant, tant dans le principe que dans les études conséquentes. Pour nous, les contours de cette ZPPAUP doivent déborder les limites actuelles du site inscrit (c’est à dire, grosso-modo, le centre-ville) pour englober tout le tissus urbain antérieur à 1945 ainsi que, outre nos parcs et jardins publics, les zones paysagères naturelles comprises entre la Marne et le chemin de fer d’une part, le jard Jacquesson sur la Rive-Gauche d’autre part.

Au delà même des limites de cette ZPPAUP, nous attendons du futur PLU qu’il s’attache à respecter les perspectives sur nos monuments majeurs, et notamment Notre-Dame, dont les flèches sont dans l’axe des principales voies convergeant sur Châlons-en-Champagne.

Dans le périmètre du site inscrit, nous attendons par ailleurs une évolution de la réglementation s’agissant des toitures, de façon d’une part que la pente minimale de toit augmente en fonction du nombre d’étages autorisés ; d’autre part que l’on travaille sur l’esthétique des toits visibles et donc de leurs tuiles.

Nous avons demandé en outre qu’il soit procédé à un recensement des logements du centre-ville ne disposant pas d’un parking. Le problème du stationnement devra être, à notre sens, réglé dans le PADD.

Nous avons conclu ce propos préliminaire en espérant que cette réunion ne serait pas la dernière et qu’elle serait suivie d’une véritable concertation.

premières discussions
En réponse, Mme Vasseur, adjointe au maire en charge de l’urbanisme, nous a précisé qu’aucune grande orientation n’est, à ce jour, définie et qu’il y aura une nouvelle consultation sur la base d’un projet. Elle a ajouté que la réflexion sur la ZPPAUP arrivait à son terme et qu’on en parlera d’ici quelques mois. Mais qu’il s’agit là d’une autre procédure que le PLU, objet de la réunion.

Le débat qui a suivi a porté autour du stationnement, d’une éventuelle déréglementation du POS et du cahier de recommandation (hostilité des associations), des hauteurs des constructions neuves en centre-ville (à limiter en fonction des immeubles environnant), des limites de l’interventionnisme de la ville sur les couleurs, des mises à jour des pans de bois (nous demandons une plus grande incitation quand ça en vaut la peine), des enseignes (réglementation non respectée) et paraboles (faut-il attendre la télé numérique par adsl ?), des portes de garage, des entrées de ville et du centre-ville, des pentes de toit et toits terrasses...

Lorsque le PLU sera écrit noir sur blanc, il y aura relecture. L’agence d’urbanisme a exprimé le souhait qu’une des associations y participe. Le PADD sera présenté dans ses grandes lignes aux conseils de quartiers d’octobre 2004.

D’ici là, toutes les suggestions seront les bienvenues. N’hésitez pas à nous transmettre les vôtres. Elles nous seront utiles pour préparer notre prochaine assemblée générale annuelle.


NB : en arrivant à cette réunion, nous ne connaissions pas la teneur des discussions engagées avec les architectes châlonnais.
Leur ultralibéralisme aura sans doute eu pour effet bénéfique d’accélérer le processus de création d’une ZPPAUP.

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 ZPPAUP : Un des coins du voile

L’assemblée générale des Amis du Vieux Châlons a - enfin ! - été l’occasion de lever un des coins du voile qui recouvre le dossier de la Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager (ZPPAUP) demandée à cor et à cris depuis 18 mois par les associations de protection du patrimoine. L’indécision demeure de rigueur.

Le bureau municipal du 2 juin s’est penché sur le dossier de la ZPPAUP. Il a essayé de jauger ses avantages et inconvénients avant de botter en touche en renvoyant sa décision à une séance ultérieure. «En septembre sans doute», a expliqué M. Doucet, premier adjoint au maire, lors de cette assemblée générale. Le Petit Catalaunien Illustré s’est procuré le compte-rendu, que nous reproduisons in extenso ci-après, de cette réunion du bureau municipal de Châlons.
« ZPPAUP - avantages inconvénients - objectifs pour Châlons
Le patrimoine châlonnais, tant bâti que naturel, est largement reconnu, puisque 40 immeubles sont inscrits ou classés, 5 sites sont classés et 2 sites inscrits.

Ce patrimoine a déjà largement été pris en compte avec les mesures suivantes :

¨Le POS (Ndlr : Plan d’Occupation des Sols) actuel a intégré les préconisations des études réalisées dans le cadre du site inscrit du centre historique. Un cahier de recommandations urbanistiques et architecturales du site inscrit est annexé au POS.
¨Publicité et enseignes sont réglementées dans le site inscrit.
¨II existe des campagnes de ravalement de façades (12ème campagne).
¨Une OPAH (Ndlr : Opération programmée d’amélioration de l’habitat) a été réalisée en centre ville de 1987 à 1990.
¨De nombreux bâtiments et espaces publics ont été restaurés, dont récemment l’Hôtel de Ville, le marché couvert, le Petit Jard, le Jard Anglais, l’église Saint-Jean... et maintenant la place Foch.

Que manquerait-il ? Peut-être la possibilité de travailler mieux encore les coloris et matériaux des façades, les mobiliers urbains, les revêtements des voiries et trottoirs, les paysages urbains, bâtis ou naturels, les végétaux... La rencontre avec la délégation d’Epernay a bien montré que ces aspects étaient traités par le biais d’une ZPPAUP, mais il est vrai que le POS d’Epernay ne tenait pas compte du patrimoine autant que celui de Châlons.

Les ZPPAUP ont connu plus de succès que les secteurs sauvegardés. 350 ZPPAUP approuvées à ce jour depuis la loi du 7 janvier 1983 et 620 en cours d’élaboration, pour 91 secteurs sauvegardés depuis la loi du 4 août 1962.

De son côté le PLU (Ndlr : Plan Local d’Urbanisme devant remplacer le POS) peut prescrire beaucoup de choses concernant le patrimoine, mais ne peut aller dans le détail des matériaux par exemple.

La ZPPAUP peut aller dans le détail, mais sa principale caractéristique est qu’elle est créée par arrêté préfectoral après accord du Conseil Municipal, et que les autorisations de construire sont délivrées après avis conforme de l’Architecte des Bâtiments de France. Actuellement l’avis conforme de l’ABF n’est requis qu’en cas de co-visibilité avec un monument classé ou inscrit.

Les règles de la ZPPAUP se substituent aux règles de protection des abords des monuments historiques.

Avant de prendre sa décision le Bureau souhaite :

¨Prendre contact avec une Ville qui a mis en place un secteur sauvegardé. Charleville par exemple. (Contact : Député-Maire)
¨Avoir un tableau comparatif ZPPAUP / secteur sauvegardé (AUDC)
¨Inviter M. l’Architecte des Bâtiments de France à une réunion de Bureau Municipal, le 30 juin si possible. (E. Ameline)».

Derrière des arguments techniques apparemment neutres, on sent les réticences et résistances des partisans du bétonnage et de la densification du centre ancien. Précisons que les associations de défense du patrimoine ne sont pas demandeuses d’un secteur sauvegardé. Affaire à suivre.

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 ZPPAUP :
Un sigle pour protéger
intelligemment son patrimoine
La ville doit accompagner son plan local d’urbanisme d’un projet d’aménagement et de développement durable. La zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager constitue un des outils permettant de le compléter.

 

En février 2002, la Ville de Châlons-en-Champagne s’est lancée dans l’élaboration d’un Plan Local d’Urbanisme (PLU). Elle va devoir en conséquence procéder à une refonte de sa politique de l’urbanisme, actuellement déclinée par le Plan d’Occupation des Sols (POS). Dans ce cadre, la loi lui fait obligation d’organiser la concertation avec la population en vue d’élaborer son Projet d’Aménagement et de Développement Durable (PADD) que le PLU déclinera.

Élaborer un PADD et un PLU, c’est dessiner le visage de la ville pour les vingt prochaines années. Pour capitaux qu’ils soient, ces documents n’en sont pas moins insuffisants pour protéger efficacement le patrimoine architectural, urbain et paysager qu’une ville comme Châlons a hérité de deux millénaires d’histoire. Certaines villes, comme Troyes ou Provins, ont choisi depuis longtemps la technique du secteur sauvegardé pour y parvenir.

Les associations de défense du patrimoine, elles, réclament à cor et à cris la création d’une ZPPAUP, une zone de protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager. Une procédure moins contraignante que le secteur sauvegardée qui doit pouvoir s’inscrire dans la refonte globale de l’urbanisme local que sera l’adoption du PLU et du PADD.

Après le coup de gueule qu’elles ont poussé dans les colonnes de notre dernier numéro, ces associations sont-elles sur le point d’être entendues par la ville de Châlons ? Quelques espoirs sont permis. Sans les concerter ni les associer à sa phase de réflexion, celle-ci vient en effet de se pencher sur la ZPPAUP d’Epernay dont les associations lui avaient révélé l’existence.

Derrière les sigles
ZPPAUP, PLU, PADD : autant de sigles abscons qui nécessitent un décryptage afin de bien appréhender leurs tenants et aboutissants.

La ZPPAUP de Z à P

La décision de mettre à l’étude une ZPPAUP appartient au Conseil municipal. Sa conduite revient au maire, assisté par l’ABF, l’architecte des bâtiments de France. Après un premier examen par le Conseil municipal, le projet ainsi élaboré est transmis au Préfet de Région pour être soumis à enquête publique. Les conclusions de cette enquête et l’avis du Préfet sont transmis pour avis à la Commission régionale du patrimoine et des sites. Le projet est alors de nouveau transmis au conseil municipal pour accord avant que le Préfet de Région ne crée la zone par arrêté.

Le contenu de la ZPPAUP

Le projet de ZPPAUP fait obligatoirement l’objet d’un rapport de présentation exposant les particularités historiques, géographiques, architecturales, urbaines et paysagères justifiant la création de la zone. Ce document peut également contribuer à expliciter le contenu de la protection et à mieux en faire comprendre les raisons.

Le projet de ZPPAUP doit contenir l’énoncé des règles générales et particulières qui s’appliqueront dans tout ou partie de la zone en vue de protéger ses paysages, son urbanisme et son architecture. Il s’agit de prescriptions ou de simples recommandations. Les prescriptions visent les interdictions ou limitations au droit de construire, au droit d’occuper et d’utiliser le sol. Ainsi peuvent être prévues des interdictions de démolir ou de modifier l’aspect des immeubles, ou encore de déboiser. Peuvent de même être prévues des obligations de moyens en prescrivant, par exemple, l’utilisation de certains matériaux. Enfin, le projet doit être accompagné de documents graphiques permettant de délimiter la zone et indiquant, le cas échéant, les parties de zones qui seront soumises à des règles spécifiques.

La ZPPAUP et les monuments historiques

La création d’une ZPPAUP demeure sans incidence sur les immeubles inscrits ou classés au titre des monuments historiques. Par contre, elle rend totalement inopérant leur périmètre de protection de 500 m lorsque ce monument est situé dans la zone. Lorsque celui-ci est situé hors zone, son périmètre s’arrête là où elle commence. Si la ZPPAUP ne produit aucun effet sur les sites classés de son périmètre, elle suspend par contre la protection des sites inscrits.

ZPPAUP et PLU

Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) remplaçant le Plan d’occupation des Sols (POS) doit respecter la ZPPAUP qui lui est annexée. Si besoin est, le PLU doit être modifié ou révisé. Tout permis de construire portant sur la zone est soumis à une autorisation spéciale accordée après avis conforme de l’ABF intervenant dans un délai d’un mois pouvant être prolongé de 3 mois au plus. Quant aux permis de démolir, ils ne peuvent être délivrés qu’avec l’accord de l’ABF. Celui-ci sera saisi pour avis des déclarations de travaux auxquelles le maire peut s’opposer dans les deux mois de leur dépôt en mairie. Enfin, toute publicité est en principe interdite dans la ZPPAUP, sauf à créer une zone de publicité restreinte.

Le maire peut faire appel devant le Préfet de Région de l’avis de l’ABF. Le Préfet dispose alors d’un délai de 4 mois pour émettre un avis, après consultation de la commission régionale du patrimoine et des sites, qui se substitue alors à celui de l’ABF.

L’urbanisme prospectif

La loi Voynet du 25 juin 1999 a mis au cœur des préoccupations d’aménagement du territoire le développement durable pour qu’il soit “supportable” et conciliable avec l’espace, la nature, l’environnement, la protection du patrimoine de l’humanité.

SDAU, SCOT, POS et PLU

Dans la même perspective de développement durable, la loi du 13 décembre 2000 relative à la Solidarité et au Renouvellement Urbain, dite loi SRU, a transformé radicalement le droit de l’urbanisme pour en faire un outil de réflexion et de prospective inscrivant le développement dans l’avenir. Les SDAU (schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme) sont remplacés par les SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale) et les POS (Plan d’Occupation des Sols) par des PLU (Plan Local d’Urbanisme).

Au delà du changement de sigles, cette transformation incarne une rénovation de l’urbanisme territorial repensé dans le contexte actuel de la décentralisation et du développement durable. Désormais, la réflexion d’aménagement et d’urbanisme à mener sur un territoire devient globale et doit intégrer, outre les traditionnelles préoccupations de zonages, tous les aspects de la politique urbaine qu’il s’agisse de l’urbanisme, du patrimoine, de l’habitat, des déplacements, les implantations commerciales et industrielles.

Le SCOT

Les SCOT, qui s’inscrivent dans la perspective de la loi de 1999 sur la simplification de la coopération intercommunale, deviennent alors le document d’orientation des aires urbaines incarnées par les établissements publics de coopération intercommunale (communautés de communes, communautés d’agglomération, communautés urbaines ...). Par ailleurs, ils se préoccupent de la réalité de la vie des hommes en prenant en considération les bassins de vie et les bassins d’emplois dont la géographie ne correspond pas souvent à celle des communes ou des structures intercommunales existantes.

Le PLU et son PADD

Les PLU, pour leur part, doivent reposer sur un véritable projet urbain à définir par les élus. Leurs orientations pour l’avenir du territoire s’inscrivent dans le Projet d’Aménagement et de Développement Durable (P.A.D.D.) prolongé par le PLU qui met en œuvre les orientations définies et conduira à l’édiction d’un règlement d’urbanisme précis et exhaustif.

A noter que, par tradition et abus de langage, les communes mettent en avant le terme de PLU pour valoriser la rénovation de leur politique urbaine. Pourtant, le P.A.D.D. est plus significatif que le PLU de la réforme issue de la loi SRU.
La concertation

Enfin, et ce point mérite une attention particulière, la loi SRU instaure l’obligation de concertation avec les populations pour l’élaboration des PLU. Les décideurs locaux sont tenus de faire une place au citoyen, de le consulter, de l’informer et d’organiser une véritable concertation dont la procédure doit être clairement définie. La loi n’organise pas elle-même la concertation, préférant laisser ce soin aux communes elles-mêmes et faisant confiance à la mobilisation des associations.

La même concertation doit trouver à s’appliquer pour la ZPPAUP.

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 ZPPAUP :
Béton, business et basta
pour le bâti ancien

Depuis 18 mois, la création d’une ZPPAUP est au cœur du discours des trois associations patrimoniales de Châlons : les Amis du Vieux Châlons, les Augustins et Nouvelle Catalaunie, atterrées qu’elles sont devant l’ampleur que prend la politique du gruyère1. La réponse tardant à venir, elles sont plus que jamais déterminées à exiger de nos élus qu’ils s’engagent résolument dans la sauvegarde du patrimoine ancien de Châlons-en-Champagne en créant une ZPPAUP. Elles viennent d’écrire une lettre ouverte au Député-Maire pour le lui dire.

Les associations

des Amis du Vieux Châlons
des Augustins
Nouvelle Catalaunie
à
Monsieur Bruno Bourg-Broc
Député-Maire
de Châlons-en-Champagne

Monsieur le Député-Maire,

Béton, business et basta

Aujourd’hui, la lisibilité de la politique urbanistique de Châlons ne se décline plus qu’autour de 3 « B » pour béton, business et basta. Basta pour le tissu urbain ancien, abandonné à la politique du « laissez faire » ayant désormais cour en notre bonne ville. Cette politique donne parfois, il est vrai, de bons résultats lorsque les propriétaires, sensibilisés à l’importance que revêt le patrimoine ancien de Châlons, le remettent en valeur dans le cadre du plan de ravalement des façades initié par la municipalité de votre prédécesseur Jean Reyssier et que vous avez poursuivi. Mais, trop souvent, ce « laissez faire » nous rappelle les sombres années soixante-dix qui ont vu la destruction massive du centre ancien de Châlons.

Le mitage de notre tissu urbain ancien

Le mitage de notre tissu urbain ancien est de nouveau en route. Il n’y a qu’à regarder la rue des Martyrs de la Résistance pour comprendre d’où l’on vient et où l’on va. D’un habitat individuel sur deux ou trois niveaux, on passe progressivement à un habitat collectif à quatre ou cinq niveaux. Au fur et à mesure que disparaît la première génération des Amis du vieux Châlons qui, depuis les années soixante-dix, ont su préserver notre tissu ancien, les organismes logeurs et autres promoteurs immobiliers rachètent tout ce qui passe et se lancent dans une densification à outrance du centre ville. Sans doute pour remplir l’objectif que vous vous êtes fixé en annonçant clairement la couleur dans l’Union du 14/09/02 : « nous allons créer 400 logements par an, reste à savoir où ».

Une politique au coup par coup

Cet « où », preuve s’il en est que la ville de Châlons-en-Champagne n’a plus d’autre politique urbanistique que le coup par coup, est laissé à l’appréciation de tous les bons businessmen bétonneurs de la place. L’urgence de redéfinir les règles du jeu s’impose donc. Car aussi aberrant que cela puisse paraître, un propriétaire d’un immeuble de caractère peut parfaitement décider aujourd’hui de le démolir pour reconstruire à sa place une « m… ». En témoigne la maison des années vingt située au rond-point Bagatelle, à l’angle des avenues des Alliés et du Président Roosevelt, abattue en 2001 pour laisser place à un immeuble de rapport à l’esthétique totalement ratée, malgré l’opposition des Amis du Vieux Châlons.

Pour justifier leur choix, tous nos bons businessmen bétonneurs vous jurent, la main sur le cœur, qu’ils aiment Châlons, le charme de son habitat ancien, etc... Mais que là, voyez-vous, ils n’avaient vraiment pas le choix et qu’ils ont dû se résoudre, la mort dans l’âme, à démolir cet immeuble, tant il était vétuste et tant la vermine l’avait rongé.

De qui se moque-t-on ?

Les Châlonnais seront ainsi tout surpris d’apprendre que l’immeuble situé aux 9 et 11 rue Herbillon, qui ne demandait qu’à être réhabilité, n’attend plus que vous lui donniez le coup de grâce en signant le permis de démolir déposé par la Renaissance Immobilière de Châlons. Sous le fallacieux prétexte qu’il ne serait plus qu’une ruine se cache la volonté de densifier les lieux sur quatre niveaux au lieu de trois aujourd’hui. Pour se donner bonne conscience, il se dit que nos promoteurs envisageraient le plus sérieusement du monde de faire du faux vieux en réutilisant une partie de la façade en pierre de Savonnières ! En annexant, au passage, la ruelle du Nau ceinturant l’immeuble qui pourtant, à ce que l’on sache, fait toujours partie du domaine public.

De qui se moque-t-on ? Trop, c’est trop. La coupe est pleine et explique, pour partie, la décision d’Olivier Richard de repasser le flambeau de la présidence des Amis du Vieux Châlons à Frédéric Chef. Et les Amis du Vieux Châlons sont bien déterminés, avec le soutien actif des Augustins et de Nouvelle Catalaunie, à repartir au combat, comme au début des années soixante-dix s’il le faut, pour mettre un terme à la politique du gruyère de tous nos bons businessmen bétonneurs.

Une seule solution : la ZPPAUP

Or, pour ce faire, il n’existe pas 36 000 manières. La politique urbanistique initiée à la fin des années soixante-dix est à bout de souffle. Elle a besoin d’être totalement repensée et reconstruite sur de nouvelles bases. La création d’une ZPPAUP1 couvrant la totalité du tissu urbain ayant survécu à la deuxième guerre mondiale s’impose comme étant incontournable. Epernay, dont le patrimoine et le tissu urbain ancien2 sont loin d’avoir la richesse de celui de Châlons-en-Champagne, dispose d’une ZPPAUP. A ce que l’on sache, elle ne constitue pas un handicap pour son développement urbain. Pourquoi en serait-il autrement à Châlons ?

De la myopie urbanistique

Devant le tribunal de l’histoire, votre équipe municipale porterait une très lourde responsabilité à attendre qu’il ne reste pratiquement plus rien à sauvegarder pour lancer les études préliminaires de la ZPPAUP. Vous connaissez le lourd tribu payé par notre patrimoine, malgré les mises en garde répétées des Amis du Vieux Châlons, à cause de la myopie urbanistique qu’affectait d’afficher nos édiles d’avant 1977. Vous qui aimez à l’occasion nous rappeler que vous participâtes activement à ce combat, vous ne pouvez pas ne pas vous en souvenir. Ni ignorer combien il y a urgence à lancer une ZPPAUP. L’architecte des bâtiments de France, dit-on, y serait plus que favorable. Nos trois associations aussi. Elles vous l’ont du reste rappelé lors de l’audience que vous leur avez accordée le 29 avril 2002. Vous aviez alors souhaité prendre encore un peu de temps avant de vous prononcer.

Plus de blablabla : des actes

Aujourd’hui, nous attendons de vous, Monsieur le Député-Maire, que vous affichiez clairement votre volonté politique de créer très rapidement une ZPPAUP à Châlons-en-Champagne. Tout nouveau report de ce dossier équivaudrait pour nous à une tergiversation que nous ne saurions admettre. Au delà de cette affirmation, nous attendons également que vous passiez aux actes en rejetant les sollicitations des bétonneurs, à commencer par le projet de la RIC rue Herbillon.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Député-Maire, à l’assurance de notre détermination à œuvrer pour la sauvegarde du patrimoine que des générations de Châlonnais nous ont léguées.

Châlons-en-Champagne,
le 20 septembre 2002

Pour l’association

des Amis du Vieux Châlons
Frédéric Chef
président

des Augustins
Danièle Jactat
présidente

Nouvelle Catalaunie
Bruno Malthet
président

Copie à :

·Monsieur le Préfet de Région, Préfet de la Marne
·Monsieur l’Architecte des Bâtiments de France
·Journal l’Union
·Journal Marne-Hebdo

1 ZPPAUP : zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager.

2 Epernay a subi des destructions massives durant les deux guerres mondiales et dans les années soixante-dix avec la « rénovation urbaine » du quartier saint-Thiebault, l’équivalent du quartier Saint-Dominique à Châlons.

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 Châlons-en-Gruyère
La politique du gruyère, à l’origine de la destruction du centre ancien de Châlons, est de retour avec ses effets périphériques pervers. Les associations de défense du patrimoine, pour lesquelles la coupe est pleine, demandent que la ville soit classée en zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager.

Tous les enfants vous le diront : dans le gruyère, le meilleur, ce sont les trous ! La meule une fois tranchée, il suffit de s’attaquer au premier trou venu, de tailler autour et de savourer cette fine lamelle de pâte molle avant de s’attaquer de la même façon au trou suivant. Et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’il ne reste plus sur la croûte que quelques rogatons tout juste bons à être râpés ou fondus.

La politique du gruyère ...

Appliqués au patrimoine, ces plaisirs enfantins ont de tout temps été très dévastateurs. C’est ainsi que la salle Barbat est tombée sous la poussée des bulldozers en 1972. Il s’agissait d’une opération de rénovation rendue possible par la politique du gruyère alors mise en œuvre par la municipalité. Elle absorba avec avidité toutes les dents creuses que l’on avait laissées s’installer dans le centre ancien de Châlons, avec l’assentiment passif de nombreux Châlonnais, convaincus que leurs édiles agissaient pour le bien public en rasant ce qu’on leur présentait comme des taudis insalubres.

Pour qu’il n’y ait « plus jamais ça » et sauver ce qui pouvait encore l’être, une étude urbanistique a été confiée en 1979 à M. Listowski, architecte-urbaniste. Son objectif était de mener une réflexion sur la structure de la ville et son habitat ancien. Ce qu’il fit en étroite concertation avec, notamment, la municipalité et les Amis du Vieux Châlons. Son rapport a inspiré le plan d’occupation des sols de Châlons-en-Champagne ainsi que son cahier de recommandations architecturales, qui y est annexé, afin d’apporter une protection architecturale renforcée au centre ancien de la ville.

Depuis quelques années pourtant, cette protection est mise à mal. Les dents creuses ont fait leur réapparition un peu partout dans le centre ancien. Et, avec elles, la politique du gruyère. Le haut de la rue Léon Bourgeois en est une parfaite illustration. Avec l’OPAC comme chef d’orchestre qui ne semble avoir retenu qu’une formule de M. Listowski : « Quand on veut détruire une ville, disait-il, on commence par casser ses angles de rue ».

… est de retour ...

Tout a commencé avec une petite dent creuse. La sagesse eût voulu qu’on évite qu’elle tombe et, à défaut, qu’on la remplace par un pivot. Mais faute de soins, les dents voisines se sont rapidement cariées justifiant qu’on les arrache avant qu’elles ne se déchaussent. Des incisives, le mal s’est propagé aux molaires, puis sur l’autre côté de la rue des Meules, en attendant de gagner la rue Saint-Joseph. Puis sur le maxillaire supérieur, à l’angle de la rue Léon-Bourgeois et du boulevard Justin Grandthille. Encore un peu de patience, un nouvel arrêté de péril, une tempête ou un incendie providentiel, et tout un quartier ancien disparaîtra. Le diagnostic final pourra alors tomber avec les dernières maisons dont on soulignera à loisir, la larme à l’œil, l’aspect insalubre. Exit les pivots. Exit également le dentier de grand-papa ! Ce sera une nouvelle dentition, avec des logements de standing, en cœur de ville, face à l’écrin de la nouvelle bibliothèque.

La ville se défend d’être l’inspiratrice de cette politique du gruyère. Mais elle y assiste plus en spectatrice, attendant la fin du suspens pour en tirer les conséquences, qu’en actrice déterminée à jouer les premiers rôles et à obtenir le César du patrimoine. Elle s’abrite derrière la réglementation, qui ne permet pas de s’opposer à un permis de démolir, et derrière le POS, le plan d’occupation des sols, qui encadre les projets des promoteurs. Un POS qui, pour contraignant qu’il soit, les dispense d’appliquer, si bon leur semble, les recommandations Listowski qui y sont annexées.

… avec ses effets périphériques pervers...

Car recommandation ne signifie pas obligation. Au grand dam des riverains du quartier des Augustins, déjà remontés par les projets affectant la rue Titon (cf le Petit Catalaunien Illustré, n° 37). Suite à la délivrance d’un permis de construire, ils craignent en effet de voir les anciennes granges de la rue des Augustins tomber les unes après les autres et laisser la place à des immeubles de deux étages déstructurant la trame historique du quartier et apportant son lot d’inconvénients : co-vision rapprochée à deux mètres entre immeubles, ensoleillement réduit, surdensité du quartier, stationnement impossible…

« Stop ! Raz le bol ! Y’en a marre ! », ne cessent de dire les associations patrimoniales châlonnaises, convaincues qu’il faut désormais passer à une vitesse supérieure pour défendre le patrimoine châlonnais. Craintes infondées, face à une municipalité dont le credo est « J’aime Châlons » ? Pas vraiment, si on en juge par l’apparition rue Carnot d’une porte de garage bleue, à la place d’une devanture de magasin, juste devant un passage piéton dont la sécurité n’est plus garantie. Ces travaux, contraires à l’autorisation accordée, devraient donner lieu à un procès-verbal. Mais l’amnistie, ou la mansuétude locale, risque fort de le reléguer aux oubliettes châlonnaises. Celles dont les margelles de pâte molle sertissent si bien les trous du gruyère.

… justifiant de créer une ZPPAUP

Le torchon brûle. Aussi les associations des Amis du Vieux Châlons, des Augustins et Nouvelle Catalaunie, avec le soutien de l’association nationale pour la protection des villes d’arts, ont-elles annoncé lors d’une réunion-débat leur volonté commune de voir Châlons-en-Champagne créer sur son territoire une ZPPAUP, autrement dit une zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager. Une démarche qui s’inscrit dans la décision du Conseil municipal de transformer d’ici deux ans le POS (plan d’occupation des sols) en PLU (plan local d’urbanisme). Une affaire à suivre de près.

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 Les Augustins se mobilisent
La mobilisation finit toujours par payer. L’association des Augustins vient à nouveau de le démontrer face à un projet immobilier qui lui donnait quelques inquiétudes quant à la préservation du patrimoine et du cadre de vie des riverains de ce quartier du centre ville. Un quartier dont l’association demande le classement en «Zone de Protection du Patrimoine Architectural et Urbain».

L’association des Augustins nourrissait quelques craintes sur un ensemble immobilier situé aux 13 et 15 boulevard Aristide Briand, face au Petit Jard, et aboutissant aux n°s 22 à 26 de la rue Titon qui venait d’être acquis par des promoteurs et aurait fait depuis l’objet d’une cession partielle.

Une mobilisation réussie

Dans l’un des premiers projets dont elle a eu connaissance, l’immeuble du boulevard Aristide Briand, inoccupé depuis 10 ans et squatté depuis peu était promis à la démolition. Sa façade devait être reconstruite à “ l’identique ”, à quelques gros détails près. Pour l’association, les modifications envisagées portaient atteintes à son intérêt architectural et à son implantation harmonieuse dans le bâti existant et ancien. Elle exigeait donc sa conservation totale. Satisfaction semble lui avoir été donnée sur ce point. L’immeuble serait en effet cédé à un tiers qui envisagerait de le conserver en l’état et de procéder au ravalement de sa façade et à des aménagements intérieurs.

L’incertitude demeure par contre toujours sur le sort des immeubles de la rue Titon, deux maisons à pans de bois de la fin du XVIIème ou du début du XVIIIème siècle séparées par des garages. Sous la pression de l’association, qui a lancé une pétition ayant réuni plus d’une centaine de signatures, le dossier a toutefois évolué de façon positive. Les promoteurs se sont en effet engagés à réaliser une étude afin de déterminer si les pans de bois peuvent être conservés et à recueillir l’avis de l’association avant de déposer en mairie leur projet d’aménagement. Une conservation que l’association estime devoir aller de soi, les façades, pour lépreuses qu’elles soient, ne montrant pas de signes manifestes de fatigue.

Protéger le cadre de vie

Réunis en assemblée générale extraordinaire pour débattre de l’évolution de la situation, les adhérents de l’association demeurent fortement mobilisés. Pour eux, ce quartier ancien de la ville devrait faire l’objet d’une attention particulière de la part des élus. Toute densification de son habitat serait en effet de nature à porter atteinte à son charme et à leur cadre de vie. Envisagée à l’origine, l’hypothèse de créer en cœur d’îlot un parking souterrain accessible depuis la rue Titon suscite toujours de vives inquiétudes, malgré la modification du projet qu’impliquerait la cession de l’immeuble boulevard Aristide Briand.

Autre sujet d’inquiétude : les lieux sont squattés. La situation est d’autant plus préoccupante pour l’association, qui a tiré toutes les sonnettes, de la mairie jusqu’à la Préfecture en passant par l’architecte des bâtiments de France, que, voici 10 ans, à quelques dizaines de mètres de là, la clinique Janvier avait également été squattée avant d’être ravagée par un incendie.

Vers une zone de protection du patrimoine

Si la partie n’est pas encore définitivement gagnée, force est de constater que la mobilisation opérée a eu quelques effets positifs sur l’évolution du dossier. Elle a en effet maintenu une pression que l’association n’entend pas relâcher, forte de son expérience. Elle n’oublie en effet pas que la mobilisation réussie de tout ce quartier du centre ville a permis de sauver la clinique Janvier.

Après dix années à combattre pour la préservation du quartier des Augustins, l’association estime plus qu’urgent l’adoption de mesures de protection. L’intérêt architectural, historique, patrimonial et paysager de ce quartier ancien justifierait amplement son classement en Zone de Protection du Patrimoine Architectural et Urbain (ZPPAU). Ce classement éviterait la naissance de projets dont l’ampleur et l’architecture ne permettent pas une insertion harmonieuse dans le lieu. Il éviterait aussi de voir apparaître des projets de démolition des immeubles constituant la trame historique et le caractère patrimonial de notre cité.

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