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sur cette page : en route vers la ZPPAUP

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Fichiers pdf (règlement - cartographie - rapport d'étude) disponibles sur le site de la ville de Châlons

 

(combat mené en 2006-2009)

 

En route pour la ZPPAUP
(zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager)
Le coup d'envoi du chantier de la ZPPAUP a été lancé le 6 mars 2006 sans concertation.

autres pages
contribution citoyenne à l'enquête publique relative au plan local d'urbanisme (mai 2006)
ZPPAUP : histoire d'une revendication associative
 

 

ZPPAUP : c’est (mal) parti !

La zone de protection du patrimoine architecturale, urbain et paysager de Châlons-en-Champagne vient d’être lancée sans aucune concertation passée, présente et à venir.
(article publié dans Le Petit Catalaunien Illustré n° 54, printemps 2006 : pour lire la suite)

 

ZPPAUP : à prendre ou à laisser

Le cahier des charges de la ZPPAUP définit une méthode d’élaboration de son périmètre et de son règlement où la transparence est exclue laissant déjà apparaître de larges mailles dans un filet sensé protéger le patrimoine. Faute de concertation, son résultat, attendu dans 18 mois, sera à prendre ou à laisser.
(article publié dans Le Petit Catalaunien Illustré n° 54, printemps 2006 : pour lire la suite)

 

 

ZPPAUP : c’est (mal) parti !

La zone de protection du patrimoine architecturale, urbain et paysager de Châlons-en-Champagne vient d’être lancée sans aucune concertation passée, présente et à venir.


Dans le plus grand secret, la ville de Châlons a concocté un cahier des charges en vue de lancer une étude sur la ZPPAUP, la zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager. Les associations de défense du patrimoine ont reçu une invitation très laconique 48 heures avant la réunion publique où ce dossier a été présenté. Le caractère tardif de l’invitation dissimulerait-il une intention maligne d’écarter les associations de défense du patrimoine du processus d’élaboration de la ZPPAUP ?

A examiner le cahier des charges (non amendable) diffusé à l’issue de cette réunion publique, un fiasco qui a réuni une dizaine de Châlonnais, le doute n’est plus permis en la matière. “ Les associations représentatives ” devront attendre la fin de l’étude, qui devra être achevée en juin 2007, pour avoir un aperçu de ce que pourrait être la zone de protection du patrimoine châlonnais.

Entre temps, le non encore choisi bureau d’études chargé d’élaborer le dossier le “ fera en concertation avec l’équipe municipale […] et avec l’appui de l’architecte des Bâtiments de France dans le cadre d’un groupe de pilotage ” dont les associations sont exclues. Celles-ci n’auront donc aucune possibilité d’influer en interne en faisant valoir leur point de vue lors des arbitrages qui détermineront le périmètre de protection ainsi que la philosophie générale de celle-ci et son niveau.

Le pourront-elles après ? En théorie, les associations peuvent intervenir dans le cadre de l’enquête publique qui devrait se dérouler en septembre 2007. Mais cet exercice ne peut déboucher, au mieux, que sur des rectifications mineures, mais absolument pas sur une réécriture du projet si celui-ci se révèle être un ersatz de protection du patrimoine ne répondant pas à leurs attentes.

Fantasme ? Procès d’intention ? Le premier magistrat ne se vante-t-il pas d’être le protecteur par excellence du patrimoine châlonnais ? Ne rappelle-t-il pas à qui veut l’entendre l’engagement de la ville dans la défense et la valorisation du patrimoine en citant l’exemple récent des caves médiévales ? Derrière ces paillettes et flonflons médiatiques, faut-il rappeler qu’il n’a restauré ces caves que contraint et forcé ? Qu’il prétendait surélever le CHV de plus de 4 m ? Qu’il a signé la mise à mort de la ruelle de Nau et son bel immeuble en pierres de savonnière ? Que le bâti ancien laisse un peu plus la place chaque jour au béton et à la spéculation ? Que sans notre action, la maison des oeuvres n’aurait pas retrouvé ses fenêtres XVIIIème ? Que la prochaine victime programmée de cette triste politique patrimoniale est la chapelle sainte-Pudentienne ?

La démarche suivie par la ville prouve, si besoin est, que nos édiles n’ont toujours pas tiré les bonnes leçons du conflit du CHV et de ses caves médiévales. Ce conflit avait pourtant mis en lumière les limites de leur conception très bonapartiste de la démocratie participative. Ils la conçoivent non comme une manière de mieux administrer la collectivité, mais comme un péché mortel. La concertation n’a de sens pour eux que lorsqu’il existe une contrainte légale incontournable. Ils la mettent alors en œuvre de la manière la plus restrictive qu’il soit. Aucun texte ne prévoyant de concerter des associations, celles-ci sont donc délibérément écartées, comme, apparemment, l’opposition municipale.

Pour sortir de cette impasse, le groupe de la gauche plurielle vient de faire une proposition constructive qui, si elle était retenue, aurait notre agrément. “ Sur un dossier aussi complexe et sensible pour l’identité de notre ville ”, il demande en effet “ la mise en place d’une commission extra-municipale associant les élus, les administrations territoriales et d’Etat concernées, les associations représentatives et des experts, pour animer, suivre l’élaboration et la mise en place de la ZPPAUP ” ainsi que “ la réalisation d’une plaquette d’information sur le sujet et d’un questionnaire à adresser à l’ensemble de nos concitoyens pour avoir leurs réactions et leurs propositions ”.

Bruno Malthet
Président de l’association Nouvelle Catalaunie
 

ZPPAUP : à prendre ou à laisser

Le cahier des charges de la ZPPAUP définit une méthode d’élaboration de son périmètre et de son règlement où la transparence est exclue laissant déjà apparaître de larges mailles dans un filet sensé protéger le patrimoine. Faute de concertation, son résultat, attendu dans 18 mois, sera à prendre ou à laisser.

Le cahier des charges, soumis à la parodie de consultation le 6 mars dernier, circonscrit la ZPPAUP dans un “ périmètre 1 prédéfini ” pouvant être élargi “ aux secteurs identifiés comme potentiellement intéressants (périmètre 2) ou au-delà si nécessaire ” (cf croquis). Le périmètre 1 franchit les limites du centre ancien intra-muros et de son site inscrit pour n’englober qu’une partie du patrimoine urbain issu de l’extension de la ville avant 1940 et du patrimoine paysager le long des cours d’eau.

Même en tenant compte du périmètre 2, le projet est loin d’atteindre, comme nous le demandions, les limites spatiales de Châlons en 1940. Ainsi, le patrimoine architectural particulièrement intéressant bordant l’avenue de Metz a été écarté. Il en va de même pour la majeure partie de la Rive-Gauche, et notamment son vieux quartier dit du “ grand bourg ” encore dénommé le faubourg Sainte-Pudentienne.

S’agit-il d’un simple oubli ou bien de ce que nous redoutions, à savoir la soumission de la ZPPAUP au plan local d’urbanisme, le PLU, que le conseil municipal devrait adopter en juin prochain ? A lire le PLU et les projets futuristes prévus dans ce secteur, cette deuxième hypothèse paraît plus vraisemblable. Elle explique notamment pourquoi les associations de défense du patrimoine ont été écartées de toute concertation.

Le volet paysager du projet est lui même très curieux. Alors que le PLU paraît vouloir valoriser les jards séparant les maisons de Champagne de la Bidée, ceux-ci sont écartés, comme les maisons de Champagne, du périmètre 1. De même, leur prolongement surplombant la pénétrante ainsi que la coulée verte le long de la rive gauche de la Marne se prolongeant avec les étangs Saint-Hubert, sont absents des deux périmètres retenus.

Si le flacon ne répond pas totalement aux attentes des défenseurs du patrimoine, leur donnera-t-il au moins l’ivresse qu’ils en attendaient ? S’il est difficile de préjuger du résultat final, les orientations contenues dans le cahier des charges éclairent quelques peu sur les intentions de nos élus qui en ont passé commande. Les objectifs et les enjeux y sont, au demeurant, clairement définis.

Ainsi, “ la mise en place d’une ZPPAUP vise à compléter et préciser les dispositions du PLU en mettant en œuvre les modalités d’une gestion raisonnée du patrimoine adaptée à la spécificité des lieux ”. En d’autres termes, le caractère très permissif du PLU ne saurait être remis en cause par la ZPPAUP, le patrimoine devant se plier aux exigences du XXIème siècle. La ZPPAUP doit donc permettre “ de répondre aux attentes des résidents pour une offre immobilière adaptée à l’évolution de modes de vie et des techniques et en favorisant l’affirmation d’une vie économique et sociale et d’une certaine modernité ”.

Faut-il en conclure que l’évolution des modes de vie va contraindre les résidents à vivre sur la façade de leur immeuble et non pas dedans ? Ou qu’il n’existe pas d’alternative aux antennes paraboliques qui enlaidissent les façades ?

Pour permettre toutefois à la ZPPAUP de remplir sa fonction, à savoir protéger le patrimoine, le cahier des charges demande au bureau d’études “ d’identifier les constructions d’intérêt patrimonial dont la destruction sera interdite, de fixer les limites d’adaptabilité de ces constructions au contexte actuel et de définir les conditions d’intégration d’éléments d’architecture contemporaine dans le tissu ancien ”. Pour faciliter cet inventaire, le cahier des charges énumère en annexe une liste d’immeubles à l’intérêt patrimonial certain, dont plusieurs n’existent plus, comme l’Hôtel-Dieu et la chapelle du collège des Jésuites (l’actuel lycée), et d’où sont absents de nombreux autres présentant un intérêt patrimonial tout aussi certain, comme la chapelle Sainte-Pudentienne et les maisons bourgeoises de l’avenue de Metz.

Le rapport qui sera remis au terme de cette étude sera complété par “ un cahier de recommandations techniques et esthétiques ” non opposable aux tiers. L’expérience de l’actuel “ cahier des recommandations urbanistiques et architecturales du centre ancien ” annexé au plan d’occupation des sols révisé en 1997 nous apprend qu’un tel cahier ne sert à rien d’autre qu’à amuser la galerie. Ce que, du reste, reconnaît explicitement le préambule du cahier des charges lorsqu’il énonce que “ les enjeux de protection et de mise en valeur du patrimoine ne semblent pas pleinement satisfaits par les dispositifs actuels ”.

Un règlement viendra donc compléter ce cahier de recommandations afin de donner un sens à la protection du patrimoine recherchée avec une ZPPAUP. Obligatoire et opposable aux tiers, il sera “ constitué des prescriptions qui s’imposent au pétitionnaire ” demandant un permis de construire. Les règles qu’il contiendra “ consistent en une limitation du droit d’occuper ou d’utiliser le sol, des obligations de faire […], des obligations de moyens ou de modes de faire s’ils sont indissociables de l’aspect ”. Avec le périmètre, ce règlement constituera le cœur du dispositif de la ZPPAUP. C’est lui qui décidera s’il convient d’interdire ou d’autoriser, par exemple, les volets roulants et les fenêtres en PVC sur les maisons à colombage.

Quelle sera la limite séparative entre le cahier de recommandations et le règlement ? Quels critères le bureau d’études retiendra-t-il pour déplacer le curseur des simples recommandations vers une gamme plus ou moins étendue de prescriptions ? Seront-ils uniquement patrimoniaux ou au contraire contraints par l’oppostunisme politique du moment ? Pour le savoir, compte tenu de l’exclusion des associations du processus de concertation, il faudra attendre 18 mois. C’est le temps que s’est donnée la ville pour nous livrer une ZPPAUP clé en main. A prendre ou à laisser.

En attendant, si aucune modification n’est apportée au projet de Plan Local d’Urbanisme que le conseil municipal doit définitivement adopter en juin prochain, le patrimoine châlonnais sera livré au libéralisme le plus total (*). Lors de leur assemblée générale, les adhérents de l’Association Nouvelle Catalaunie se prononceront sur ceux que leur proposera son conseil d’administration.

(*) Cf Le Petit Catalaunien Illustré n° 53

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