Chaque trimestre, Le Petit Catalaunien Illustré ouvre ses pages "société" aux réflexions et actions menées par l'association Nouvelle Catalaunie et par toute personne ou groupement de personnes visant à dessiner la Catalaunie d'aujourd'hui et de demain. La citoyenneté et les droits de l'homme y figurent en bonne place.

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Référendum anti F-Haine (2002)
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Débat autour de la laïcité (2004)
Municipales 2008 : doit-on laisser un candidat violer délibérément la loi ?
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Dans le Petit Catalaunien Illustré  

La laïcité en débat

au sommaire du n° 46 du Petit Catalaunien Illustré (printemps 2004)
La laïcité aujourd'hui : débat du 8 avril organisé à Châlons par la LICRA
Laïcité et extrémisme

Les suites du rapport Stasi :
synthèse du rapport et l'intégralité en pdf - signes ostensibles susceptibles d'être autorisés ou interdits - après la laïcité, réussir l'intégration.
Le débat ouvert à l'automne 2003 dans les colonnes
du Petit Catalaunien Illustré n° 44

Laïcité :
pourquoi vouloir légiférer ?
De la cornette au foulard
Position de la
Ligue des Droits de l'Homme (automne 2003)
Position de la
LICRA (automne 2003)

 La laïcité aujourd’hui

La laïcité aujourd’hui : tel était le thème de la conférence débat organisée le 8 avril 2004 par la LICRA. Elle avait invité Riva Gherchanoc, membre du bureau national de “ Ni putes, ni soumises ”, Yacine Demaison, président national des “ Scouts musulmans de France ”, et Alain Seksig et Philippe Comby, membres du bureau exécutif de la LICRA. Le petit Catalaunien vous livre ses notes.

La loi sur la laïcité à l’école votée par le parlement entrera en application dès la rentrée scolaire de septembre 2004 dans les écoles, collèges et lycées publiques de France, à l’exception des départements d’Alsace-Moselle. Pour Alain Seksig, “ ce n’est pas une loi sur (ou contre) le voile, mais une loi à valeur générale, comme celle sur le PACS ”. L’école doit rester le lieu d’apprentissage des valeurs de la République, parmi lesquelles figure la laïcité. “ Mais si tout le monde se réclame aujourd’hui de la laïcité, y compris ceux qui veulent y envoyer leurs filles avec un foulard, on n’en a plus la même acception ”. L’école ne craint rien de l’Islam, mais n’a rien à faire de l’islamisme.

Pour Yacine Demaison, “ la laïcité n’est pas un moteur, un idéal en soi ”. Il existe une fraternité universelle, qui permet de se rencontrer dans la différence. La “ loi sur le voile ” ? Elle va profiter à une minorité agissante, celle des fondamentalistes qui ont “ une vision restrictive de l’Islam. Il y a deux Islam : le leur dont on parle, qui heurte et qui est en profond désaccord avec l’autre Islam, celui qui rapproche les communautés pour que le vivre ensemble puisse se réaliser ”. Il ne s’agit donc pas de monter deux communautés l’une contre l’autre en se trompant de débat, mais “ de faire de tous les enfants des citoyens libres et égaux ”.

Pour Riva Gherchanoc, la loi votée “ a montré du doigt les femmes voilées, mais de l’oppression des femmes qui portent le voile ou non, on n’en parle pas ! ”. C’est la faute des politiques “ qui ont abandonné les quartiers aux imams plutôt qu’aux éducateurs ”. Aussi déplore-t-elle que l’on parle beaucoup trop de religion, ce qui dépasse l’athée qu’elle déclare être, et pas du tout “ du pourquoi, du comment ”, des replis communautaires. Dans les banlieues, “ le problème de la jeunesse, ce n’est pas la laïcité, mais la mixité ; le problème majoritaire, ce n’est pas le voile, mais le mariage forcé ”. La défense de la laïcité, “ ce n’est pas seulement l’affaire d’une loi, c’est de descendre dans la rue ” pour briser le carcan qui opprime la femme, pour “ dénoncer les violences vécues au quotidien dans les quartiers ” par ces femmes qui ont lancé le slogan de “ ni putes, ni soumises ”. Un slogan, à ne pas confondre avec “ ni voilées, ni violées ”, porté par un mouvement féministe pour qui “ la laïcité participe à la libération de la femme ”.

Pour une des participantes, le voile qu’elle porte “ est le fruit d’une démarche spirituelle qui ne regarde personne d’autre ” qu’elle, l’essentiel étant à ses yeux de cacher ses “ cheveux ” et ses “ oreilles ”. Mais, déplore-t-elle, “ depuis un an, on nous regarde avec de la haine, on est stigmatisée ”.

Pour un autre participant, le débat autour du voile a permis à l’Etat et aux médias d’occulter d’autres sujets, d’autres mécontentements, comme la grande manifestation de janvier dernier contre le nucléaire.

Un débat qui, insista Philippe Comby, nous rappelle que la laïcité est indissociable de la «République sociale» chère à Jean Jaurès.

 Laïcité et extrémisme

“ La laïcité n’est pas qu’une règle du jeu institutionnel, c’est une valeur fondatrice du pacte républicain permettant de concilier un vivre-ensemble et le pluralisme, la diversité ”.

Cette définition de “ la laïcité aujourd’hui ”, donnée par le rapport Stasi et reprise par les organisateurs de la conférence-débat, est loin de reflêter la réalité des enjeux qui se jouent et se dissimulent autour de la loi sur la laïcité à l’école votée par le parlement.

L’histoire nous dira si la montagne n’aura pas accouché, une fois de plus, d’une souris. Destinée à combattre à l’école l’oppression de l’intégrisme islamique, combien de jeunes filles, ayant atteint l’âge de 16 ans, cette loi va-t-elle laisser sortir du système scolaire où elles avaient une ouverture sur la liberté qu’elles pourraient plus sûrement revendiquer à leur majorité ? Plutôt que de stigmatiser le voile, n’aurait-il mieux pas valu agir pour le désacraliser, pour le laïciser, en le réduisant à sa fonction vestimentaire première ?

Derrière l’intégrisme islamique, qui n’est jamais que l’arbre qui cache cette forêt, se cache une montée de l’extrémisme en général que notre société s’est montrée incapable de combattre et surtout de juguler. Il a pour nom chez nous l’extrême-droite et l’extrême-gauche, avec leurs solutions miracles, qu’elles soient fascistes ou trotskistes. L’extrême-droite a tout fait pour exclure les générations issues de l’immigration d’une société où elles ont pourtant toute leur place. L’intégrisme religieux tente quant à lui de récupérer leur révolte sociale face à l’échec de leur intégration, qu’il ne cherche surtout pas à faciliter, en utilisant le discours radical des orphelins de la révolution. Ceux-ci cherchent désespérément à y trouver un second souffle idéologique pour mettre à bas la société qui les a nourris.

Pour minoritaires qu’ils soient, ces extrémismes religieux et politiques là n’en sont pas moins dangereux, car très actifs et structurés. Ils n’oublient jamais que les coups l’Etat réussis ont toujours été l’œuvre de minoritaires profitant du sommeil citoyen pour agir et kidnapper la démocratie.

A nous de rester éveillés afin que la loi sur la laïcité à l’école n’agisse pas sur la société démocratique comme un somnifère et ne nous fasse oublier de militer pour le bien-vivre ensemble.

A nous donc d’empêcher les extrémistes et radicaux de tout poil qui la gangrènent, souvent en endossant les habits de la respectabilité que leur confèrent les structures sociales ou politiques qu’ils ont infiltrées pour mieux y diffuser leur venin, de parvenir à leurs fins.

le débat ouvert dans les colonnes du
Petit Catalaunien Illustré
(automne 2003,
n° 44)

 Laïcité : pourquoi vouloir légiférer ?

Relancée ce printemps, la question de la laïcité a amené plusieurs ministres à s’interroger sur l’opportunité de légiférer sur les signes religieux, et plus spécifiquement sur le port du foulard islamique, notamment à l’école. L'association Nouvelle Catalaunie ouvre le dossier à Châlons-en-Champagne.(article publié dans le n° 44 du Petit Catalaunien Illustré, automne 2003)

 De la cornette
au foulard

Faut-il légiférer sur le port du foulard islamique ou, au contraire, comme pour la cornette, laisser du temps au temps afin qu’il tombe de lui-même ? Lire la réflexion de l'association Nouvelle Catalaunie.(article publié dans le n° 44 du Petit Catalaunien Illustré, automne 2003)

 

 

 Liberté, égalité, fraternité, laïcité

Le débat sur le foulard islamique, lancé au printemps par le Ministre de l’Intérieur, a fait l’objet lors du 82ème congrès de la Ligue des droits de l’Homme d’une résolution que nous a transmise sa section de Châlons.(article publié dans le n° 44 du Petit Catalaunien Illustré, automne 2003)
 Laïcité : de la défensive à l’offensive
La section de Châlons de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme nous a livré l’analyse de Patrick Gaubert, son président national, sur la laïcité ainsi que son communiqué sur le port d’insignes religieux à l’école.(article publié dans le n° 44 du Petit Catalaunien Illustré, automne 2003).

 Laïcité : pourquoi vouloir légiférer ?

Relancée ce printemps, la question de la laïcité a amené plusieurs ministres à s’interroger sur l’opportunité de légiférer sur les signes religieux, et plus spécifiquement sur le port du foulard islamique, notamment à l’école.

Bernard Stasi, médiateur de la République, a été nommé par le Chef de l’Etat à la tête d’une commission chargée de réfléchir sur la question de l’application du principe de laïcité. Elle rendra ses conclusions en décembre, comme la mission parlementaire créée aussi à cet effet et où siège Bruno Bourg-Broc, député-maire de Châlons-en-Champagne.

Ce débat, qui agite, trop et mal à notre goût, jusqu’à la classe politique locale1, semblait pourtant tranché depuis que le Conseil d’Etat a rendu en 1989 un avis où il estime que si le port du voile à l’école n’est pas en lui-même incompatible avec le principe de laïcité, il en va différemment des signes religieux qui “ par leur caractère ostentatoire ou revendicatif, constitueraient un acte de pression, de provocation ou de propagande ”.

A charge pour chaque établissement scolaire d’appliquer cette jurisprudence avec discernement, ce qu’ils font.

Dans ces conditions, est-il vraiment opportun, en 2003, de légiférer sur les signes religieux en général et sur le foulard islamique en particulier ? Puisse ce dossier, que nous avons enrichi avec les sections locales de la Ligue des droits de l’Homme et de la LICRA, vous conduire sur la seule réponse que l’on attend de la laïcité : non.


Bruno Malthet
Président de l’association Nouvelle Catalaunie

1 Cf dans L’Union du 25 juin 2003 la polémique opposant le PS châlonnais au député-maire UMP de Châlons sur la remise en cause du principe de laïcité que ce dernier opérerait en étant trop conciliant avec la religion catholique.

 De la cornette au foulard

Faut-il légiférer sur le port du foulard islamique ou, au contraire, comme pour la cornette, laisser du temps au temps afin qu’il tombe de lui-même ? La réflexion de l’association Nouvelle Catalaunie publiée dans le n° 44 du Petit Catalaunien Illustré, automne 2003.

« La religion, c’est l’opium du peuple », écrivait Karl Marx au milieu du XIXème siècle. La France vivait encore sous le régime concordataire en attendant la grande loi émancipatrice de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’Etat. Les uns « bouffaient » alors du curé et rendaient la religion responsable de l’obscurantisme qui aliénait l’homme au lieu de le libérer. Les autres exécraient la République des francs-maçons qui voulait rendre à César ce qui lui appartenait, le temporel, sans reconnaître à Dieu et à ses représentants sur terre une quelconque primauté.

L’affrontement entre laïques et cléricaux fut violent. Il parasita longtemps le message universel de la devise républicaine où chacun puisait pourtant ses racines : liberté, égalité, fraternité. Mais l’idée que la religion serait avant tout une affaire de conscience personnelle, n’ayant pas besoin d’extériorisation vestimentaire provocante ou prosélyte, progressait à petits pas dans les esprits.

Il faudra toutefois attendre plus de 60 ans pour que cela devienne une réalité quotidienne, pour que sous l’impulsion de Vatican II et le choc de mai 1968 prêtres, religieux et « bonnes sœurs » sécularisent leurs tenues et se fondent dans la société. Sans pour autant devoir renier leur foi. Depuis, Dieu peut enfin reconnaître ses pasteurs autrement qu’à la couleur de leur froc ou à leur cornette.

Entre temps, la France rurale est devenue urbaine, les femmes ont conquis le droit de vote et la reconnaissance de l’égalité des sexes. La mode a remisé les tenues vestimentaires traditionnelles dans les placards du folklore. L’ouvrier ne porte plus casquette, le patron le haut-de-forme, la bourgeoise la mantille et la femme du peuple le fichu. Ce dernier s’est émancipé en tombant sur les épaules et en se faisant foulard pour élégantes.

Entre temps également, l’immigration a remplacé l’exode rural. Faute de pouvoir se fondre immédiatement dans la société française, encore profondément marquée par le drame algérien, les nouveaux arrivants n’ont guère eu d’autre alternative que d’immerger dans le communautarisme leurs cultures traditionnelles. L’émancipation féminine n’avait pas encore pu y trouver un terreau suffisamment fertile pour prospérer et reléguer le voile traditionnel dans les greniers de l’histoire.

Avec la deuxième génération, cet «archaïsme» s’est largement dissous dans notre modèle républicain d’intégration, même s’il est aujourd’hui parfois revendiqué comme un rempart contre les excès de la modernité de la société française. Revendication au demeurant discriminante, puisqu’elle ne se manifeste sur le plan vestimentaire que chez les jeunes femmes avec le port du foulard islamique, syncrétisme du fichu de nos grands-mères et des cornettes des religieuses, voire, plus rarement, avec le voile. Les jeunes hommes, eux, ont définitivement troqué l’habit traditionnel même s’ils ont conservé la pratique religieuse de leurs parents.

Certes, dans un contexte marqué par la montée de l’intégrisme religieux, le foulard islamique n’est pas qu’une simple fantaisie vestimentaire, au demeurant souvent trop austère pour être « tendance ». Quant au voile, plus il se fait ostentatoire, plus il dévoile les positions idéologiques réactionnaires qui se cachent derrière tout obscurantisme religieux. Certains y voient une menace potentielle pour la laïcité, comme a pu l’être le cléricalisme voici un siècle. D’autres, la marque d’un refus de l’émancipation des femmes et de la libération des individus.

Mais, qu’il soit contraint ou revendiqué, le foulard islamique est aussi et surtout prétexte à ranimer une querelle religieuse qui n’a pas lieu d’être. Le débat religieux n’a que trop troublé les consciences depuis le martyre des premiers chrétiens, les bûchers de l’inquisition, la nuit de la Saint-Barthélémy, la révocation de l’édit de Nantes ou la shoa.

Certes, pas plus que la croix pour les Chrétiens ou la kippa chez les Juifs, le voile n’est nécessaire aux jeunes musulmanes pour vivre leur foi à l’école, dans la rue ou au travail. Certes aussi, le foulard islamique, en enfermant ses adeptes dans un communautarisme, qui n’est jamais qu’un racisme à l’envers, n’est certainement pas la bonne alternative à une intégration manquée.

Certes aussi, comme tout insigne religieux, militaire ou politique ostentatoire, le foulard islamique irrite plus ou moins fortement nos épidermes laïcs.

Mais faut-il pour autant légiférer afin d’interdire le port de tout insigne ostentatoire, en feignant de croire que cette interdiction serait générale alors qu’elle viserait plus spécifiquement le foulard islamique ? Faut-il créer une frustration chez toute une génération à partir de ce qui n’est aujourd’hui jamais qu’un épiphénomène et qu’un prétexte pour marquer une différence ou un refus ? Faut-il rejeter cette génération vers l’intégrisme, elle qui ne nous demande rien d’autre que de l’intégrer, qui n’aspire aussi qu’à s’intégrer, sans pour autant devoir renier sa foi ?

Ou bien, plus simplement, ne vaut-il pas mieux laisser du temps au temps ? Et, sans qu’il soit nécessaire de légiférer, attendre que, comme jadis la cornette, le voile finisse par tomber de lui-même sous l’effet de la modernité, de la tolérance et de la compréhension mutuelles, de l’intégration réciproque et du rappel ferme du caractère non négociable des principes laïques et républicains régissant notre société ? Bref, faire résolument confiance à la solidité de notre laïcité pour encaisser et amortir les inévitables soubresauts qui de tout temps ont jalonné son histoire ?

 Liberté, égalité, fraternité, laïcité

Le débat sur le foulard islamique, lancé au printemps par le Ministre de l’Intérieur, a fait l’objet lors du 82ème congrès de la Ligue des droits de l’Homme d’une résolution que nous a transmise sa section de Châlons.

Le 82ème Congrès de la LDH, qui réaffirme son attachement à la laïcité de l’école et de la République, estime qu’il n’y a pas de raison de légiférer sur le port de signes religieux à l’école.

Comme il y a quatorze ans, le battage médiatico-politique ne doit pas égarer l’opinion : 150 cas de litiges recensés par le ministère de l’Éducation Nationale, autour d’un foulard dans un établissement scolaire représentent une infime minorité au regard de l’ensemble des jeunes filles scolarisées. La législation actuelle, dont l’avis du Conseil d’État n’est que la traduction, permet de faire face dans l’équité et sans précipitation aux situations éventuellement conflictuelles : le foulard, qu’il soit ou non porté comme un signe religieux, n’est pas en lui-même une infraction à la laïcité de l’école, pas plus que les autres signes ; en même temps qu’est réaffirmée l’obligation, essentielle, de suivre tous les enseignements sans exception. Le projet d’une législation relative au port de signes religieux à l’école a donc une apparence : bannir des établissements scolaires tous les insignes religieux. Il a une réalité : au travers du foulard, que son port procède d’une démarche revendiquée ou d’une soumission à un rôle social, c’est l’image et la place des musulmans en France qui sont en cause.

Bien des peurs se focalisent sur les musulmans : terrorisme, insécurité, immigration, banlieues transformées en zone de non droit, intégrisme religieux, etc. Leur situation dans la société porte, en fait, la trace d’une incertitude permanente. S’ils sont étrangers, ils sont soumis à l’instabilité et à l’ostracisme de la loi, le dernier projet du gouvernement s’y employant plus que jamais. S’ils sont français, cela ne les empêche nullement de subir les discriminations quotidiennes qui délitent tout autant le lien social. A l’inverse de tous les principes de la République, les musulmans sont individuellement assignés à résidence. Ils n’auraient pas d’autres droits, quelle que soit leur manière de vivre l’Islam, et elle n’est certes pas uniforme, que de se conformer à des canons d’un mode de vie «français» aussi indéfinis qu’arbitraires. Ils sont ainsi renvoyés à une existence communautaire qu’ils vivent comme le lieu d’une existence sociale et culturelle qui leur est déniée par ailleurs. L’Islam est alors utilisé comme un mode de reconnaissance, le moyen d’exprimer une visibilité sociale qu’on leur refuse dans le même temps. Ici se trouve le terreau d’une révolte que certains manifestent en se fourvoyant dans l’intégrisme.

Il ne s’agit pas d’imposer à des jeunes filles l’alternative entre l’interdiction de porter le foulard en classe et l’exclusion de l’école - ce qui revient à faire de ces femmes les victimes d’une nouvelle forme de double violence - mais d’assurer l’intégration d’une population marquée au sceau de l’exclusion. En ce domaine, beaucoup reste à faire, et le métissage des appareils des partis politiques ne suffit pas à faire une politique d’intégration. C’est une ambition d’une autre ampleur dont nous avons besoin. Elle passe par la reconnaissance d’une diversité culturelle qui doit s’exprimer dans le cadre de l’égalité de traitement que la République doit assurer à tous. L’Islam doit bénéficier de la liberté du culte et doit supporter les règles qu’impose une société laïque, pluraliste et profondément sécularisée. Elle passe, enfin, par un véritable projet politique qui prenne en compte l’exclusion dont sont victimes des millions de personnes, françaises ou non, musulmanes ou non, et qui mette en œuvre une réelle politique d’égalité entre les hommes et les femmes. C’est à ce prix-là que les femmes cesseront d’être victimes de violences réelles ou symboliques, c’est à ce prix-là que l’on évitera de contraindre les esprits ou, pire encore, de transformer l’Islam en un instrument de révolte. Il n’est pas de réponse laïque, ni de lutte efficace contre le risque de communautarisme, hors du combat pour l’égalité et la citoyenneté sociale.

 Laïcité : de la défensive à l’offensive

La section de Châlons de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme nous a livré l’analyse de Patrick Gaubert, son président national, sur la laïcité ainsi que son communiqué sur le port d’insignes religieux à l’école.

Depuis 1989 et la trop fameuse affaire du foulard, tout se passe comme si les politiques avaient peur de leur ombre et peur de prendre leurs responsabilités. Il est temps maintenant pour eux de retrouver ce courage politique qui ne manqua pas à ceux qui entreprirent, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, d’écarter le religieux de la sphère politique et publique, notamment à l’école.

Un siècle après, personne n’est prêt à croire que la laïcité est l’ennemi de la religion. C’est bien plutôt le contraire. La République laïque est garante de la liberté des cultes en France. Pourtant il ne se passe plus une journée sans qu’un article ne paraisse sur le sujet dans la presse, pour ou contre.

En nommant Bernard Stasi à la tête d’une commission sur la laïcité, le Président de la République semble avoir compris que seule la détermination politique permettra de surmonter tous les obstacles.

À la LICRA, il nous paraît déterminant que cette mission soit confiée à un homme, médiateur de la République, chargé de surcroît de mettre en place le Haut Conseil contre les Discriminations.
Pour tous les militants de terrain de la LICRA, lier les deux paraît essentiel, tant les identités de repli (religieuses ou communautaires) sont une forme de réponse à une société de tolérance dans la théorie des valeurs qu’elle prône, mais discriminante dans la réalité quotidienne.

L’acceptation et la reconnaissance par tous des acquis de la laïcité, de son ouverture sans distinction d’origines passent, à nos yeux, nécessairement par une accentuation politique de la lutte contre toutes les discriminations, par la coordination d’une grande action de l’État en faveur de plus de justice sociale dans l’accès au travail, l’égalité de traitement dans le travail, l’accès à des logements dignes de ce nom et la fin des ghettos où se recrutent facilement ceux qui entendent remettre en cause la République laïque et faire peser les dogmes religieux sur la sphère politique.

En ce sens, le choix de Bernard Stasi est porteur d’espoir. En le plaçant au carrefour de deux questions d’importance, la lutte contre les discriminations et la laïcité, le Président de la République indique ainsi la piste à explorer.

Choisir de militer pour une laïcité plus offensive, plus explicative d’elle-même, c’est faire le pari de l’intelligence, et du progrès contre la régression qui nous guette.
Patrick Gaubert

extrait de «Le droit de vivre», juillet 2003

Port d’insignes religieux à l’école

La LICRA, représentée par Richard Séréro, a participé aux travaux de la Commission parlementaire à l’Assemblée Nationale sur la question des insignes religieux à l’école.

Il est clair que dans le contexte actuel la question centrale est celle du voile islamique.

La LICRA s’est prononcée contre le principe interdisant le port du voile à l’école. Loi qui serait discriminante et utilisée par les extrémistes religieux pour se poser en victimes.

La LICRA recommande un travail sur le long terme. Travail de réaffirmation ferme par l’ensemble du monde politique de la primauté des principes et valeurs de la laïcité. Un travail de fond doit être entrepris pour renforcer l’autorité des enseignants et mettre les élèves à leur juste place “ d’enseignés ”.

La LICRA a par ailleurs recommandé que Des modules de formation sur la laïcité soient introduits dans le programme de formation des IUFM.

Sur ce sujet sensible, comme l’a rapporté Le Figaro de ce jour, l’affaire dite d’Aubervilliers et la position du MRAP en faveur d’une négociation a provoqué un tollé général au sein de la Commission, de la part des représentants d’associations et députés présents.

Tous réaffirmant que la laïcité et la République ne sont pas négociables.

Communiqué du 25 septembre 2003

 Le rapport Stasi : synthèse et en intégralité

 Laïcité et religion
Dans le cadre de notre contribution au débat sur la laïcité, nous avons extrait du rapport Stasi le cheminement de la laïcité et de la religion depuis 1905. Pour disposer de l'intégralité du rapport en fichier pdf (328 ko),
cliquez sur ce lien.

[Sous la IIIème République], “ Deux modèles de laïcité s’opposent. L’un, combatif, anti-clérical, est défendu par Emile Combes ; l’autre prône la séparation mutuelle de l’Etat et des religions dans le respect de toutes les options spirituelles. Ce dernier modèle, plus libéral et tolérant, porté notamment par Aristide Briand, Jules Ferry et Jean Jaurès, l’emporte. La laïcité s’enracine alors dans nos institutions avec la grande loi républicaine du 9 décembre 1905 qui sépare les Églises de l’Etat. Le style en est remarquablement concis : article 1er “La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes, sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public” et article 2 “La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ”. […]La dissociation de la citoyenneté et de l’appartenance religieuse est affirmée ; la religion perd sa fonction d’instance de socialisation officielle ; enfin la France cesse de se définir comme nation catholique tout en renonçant au projet d’une religion civile républicaine. Cette séparation est douloureusement ressentie par beaucoup de Français et suscite de nombreux conflits. Après l’épreuve partagée de la première guerre mondiale, la paix religieuse est rétablie avec l’accord de 1924 entre le Saint-Siège et le gouvernement français ”. […]

“ Initialement, la laïcité demande un effort d’adaptation pour toute religion. Lorsqu’elle a une visée universelle, embrasse l’au-delà comme l’ici-bas, il lui est malaisé d’accepter de séparer l’un de l’autre. De fait, la laïcité exige un effort d’interprétation pour concilier le dogme religieux et les lois qui régissent la société, ne serait-ce que pour rendre possible la vie ensemble.

L’Islam, religion la plus récemment implantée en France et qui compte de nombreux fidèles, est parfois présentée comme inconciliable avec la laïcité. Pourtant la théologie musulmane a produit, dans sa période la plus brillante, une réflexion novatrice sur le rapport entre politique et religion. Les courants les plus rationnels en son sein refusaient la confusion entre pouvoir politique et spirituel. La culture musulmane peut trouver dans son histoire les ressources lui permettant de s’accommoder d’un cadre laïque, de même que la laïcité peut permettre le plein épanouissement intellectuel de la pensée islamique à l’abri des contraintes du pouvoir. ”

[…] “ Par rapport au contexte de 1905, la société française a changé : l’emprise de l’Église catholique n’est plus perçue comme une menace. La laïcité se retrouve au cœur du pacte républicain en des termes nouveaux.

Notre pays a connu en un siècle une mutation radicale. Il est devenu pluriel sur le plan spirituel. Autrefois appelée “Fille aînée de l’Église”, forte d’une tradition protestante diversifiée, la France rassemble la première communauté juive d’Europe occidentale. Au cours des dernières décennies, de nouvelles religions se sont développées. L’Islam, issu principalement de populations originaires du Maghreb, d’Afrique et du Moyen-Orient, est représenté par la communauté la plus importante de l’Union européenne ; l’orthodoxie est aussi présente ainsi que le bouddhisme. La France compte également un nombre important d’athées, d’agnostiques et de libres penseurs. En parallèle, la pratique religieuse régulière a reculé laissant place à une autonomie croissante des convictions spirituelles ou religieuses. ” […]

La laïcité est le produit d’une alchimie entre une histoire, une philosophie politique et une éthique personnelle. Elle repose sur un équilibre de droits et d’exigences. Le principe laïque est conçu comme la garantie de l’autonomie et la liberté de chacun de choisir d’être lui-même. Il suppose une attitude intellectuelle dynamique à l’opposé de la posture paresseuse de la simple neutralité. C’est un problème qui va au-delà de la question spirituelle et religieuse pour concerner la société dans toutes ses composantes. La laïcité touche ainsi à l’identité nationale, à la cohésion du corps social, à l’égalité entre l’homme et la femme, à l’éducation, etc. Après un siècle de pratiques et de transformations de la société, le principe laïque est loin d’être devenu obsolète mais il a besoin d’être éclairé et vivifié dans un contexte radicalement différent.

En 1905, la loi de séparation a été conçue essentiellement par rapport à l’Église catholique. Le temps de la laïcité de combat est dépassé, laissant la place à une laïcité apaisée, reconnaissant l’importance des options religieuses et spirituelles, attentive également à délimiter l’espace public partagé. En un siècle, sous l’effet de l’immigration, la société française est devenue diverse, notamment dans le domaine spirituel ou religieux. Il faut ménager une place à de nouvelles religions tout en réussissant l’intégration. Les défis ont changé de nature et les enjeux sont sans doute devenus en même temps plus difficiles à relever : comment concilier une unité et le respect de la diversité ? Cet enjeu est celui d’une société marquée par la volonté de voir reconnaître les options individuelles. La laïcité, qui est aussi une façon de structurer le vivre-ensemble, prend une nouvelle actualité. Pour répondre à ces défis, la laïcité ne doit pas être sur la défensive ; elle ne peut se décliner sur le mode de la forteresse assiégée. Pour affirmer dans ce contexte l’existence de valeurs communes, il faut une laïcité ouverte et dynamique, capable de constituer un modèle attractif et fédérateur. Elle doit permettre de dessiner harmonieusement la place du citoyen et d’un espace public partagé. La laïcité n’est pas qu’une règle du jeu institutionnel, c’est une valeur fondatrice du pacte républicain, la possibilité de concilier un vivre ensemble et le pluralisme, la diversité. […]

La laïcité constitue le cadre français dans lequel est pleinement garantie la liberté de culte et d’expression de toutes les options spirituelles. Aujourd’hui, la France est caractérisée par le pluralisme spirituel et religieux. Les pouvoirs publics doivent en tirer toutes les conséquences pour faciliter l’exercice des différents cultes, sans pour autant remettre en cause la place historique que tiennent la culture et les confessions chrétiennes dans la société».

 Signes ostensibles susceptibles d'être interdits et autorisés

Que dit le rapport Stasi ?

«La commission propose d’insérer dans un texte de loi portant sur la laïcité la disposition suivante : « Dans le respect de la liberté de conscience et du caractère propre des établissements privés sous contrat, sont interdits dans les écoles, collèges et lycées les tenues et signes manifestant une appartenance religieuse ou politique. Toute sanction est proportionnée et prise après que l’élève a été invité à se conformer à ses obligations».

Cette disposition serait inséparable de l’exposé des motifs suivant : « Les tenues et signes religieux interdits sont les signes ostensibles, tels que grande croix, voile ou kippa. Ne sont pas regardés comme des signes manifestant une appartenance religieuse les signes discrets que sont par exemple médailles, petites croix, étoiles de David, mains de Fatimah, ou petits Coran.» (p 58-59)

Le discours du Président de la République

«En conscience, j’estime que le port de tenues ou de signes qui manifestent ostensiblement l’appartenance religieuse doit être proscrit dans les écoles, les collèges et les lycées publics.
«Les signes discrets, par exemple une croix, une étoile de David, ou une main de Fatima, resteront naturellement possibles.
«En revanche, les signes ostensibles ne seront pas admis. Le voile islamique, la kippa ou une croix de dimension manifestement excessive n’ont pas leur place dans les enceintes des écoles publiques.
«Pour cela une loi est nécessaire (...) Je souhaite qu’elle soit pleinement mise en oeuvre dès la rentrée prochaine».

Extrait du discours du président Chirac du 17 décembre 2003

Ostensible et ostentatoire

Selon le petit Larousse, un signe ostensible est un signe que l’on ne cache pas, que l’on montre. Est par contre ostentatoire une attitude qui manifeste de l’ostentation, c’est à dire une affectation que l’on apporte à faire parade d’un avantage ou d’une qualité.

 De l’ostentatoire à l’ostensible :
Après la laïcité, réussir l’intégration
Sous ses apparences radicales, la future loi sur la laïcité à l’école sera sélective et discriminante. Elle ne vise pas à n’apporter une quelconque solution au problème de fond qui se cache derrière le voile : l’intégration manquée d’une jeunesse tiraillée entre une origine étrangère et un modèle culturel dominant qu’elle n’a pas toujours les moyens d’atteindre.

Le débat portait à l’origine sur le port des signes religieux qui, selon l’avis rendu par le Conseil d’Etat en 1989, “ par leur caractère ostentatoire(1) ou revendicatif, constitueraient un acte de pression, de provocation ou de propagande ”. La future loi déplacera le curseur de la laïcité d’un cran en interdisant les signes religieux ostensibles à l’école. Ou plutôt, certains signes, mais pas tous, et pas partout. Car la frontière devrait s’arrêter au pied de la ligne Maginot comme à la porte des écoles sous contrat d’association, essentiellement catholiques, et, dans l’enceinte des écoles publiques, devant les signes religieux discrets.

L’exclusion des écoles sous contrat de ce dispositif est pour le moins curieux. Citant la loi Debré du 31 décembre 1959, le rapport Stasi rappelle en effet que “ en contrepartie d’aides financières […] les établissements privés doivent adopter les programmes de l’enseignement public et accueillir “tous les enfants sans distinction d’origine, d’opinions ou de croyance” “dans le respect total de la liberté de conscience”. ”(2). Or, c’est bien au nom de ce respect là que le rapport Stasi et Président de la République entendent interdire par la loi les signes religieux ostensibles sur les bancs de l’école de la République.

Pour séparer le bon grain des signes discrets de l’ivraie des signes ostensibles, ces mêmes autorités entendent écarter des cours de récréation tout ce qui ressemble à une grande croix, à un voile ou à une kippa pour ne conserver que les croix, étoiles de David et mains de Fatima. Mais, pour autant que l’on sache, il n’existe pas de cas de ports de grandes croix ou de crucifix dans les écoles publiques ni, du reste, de kippa. Par contre, il y existe bien de nombreux cas de ports de voiles islamiques à l’origine de la polémique.

Aussi, malgré tout l’habillage et les arguties juridiques qui l’entoureront, la future loi interdisant les signes religieux ostensibles à l’école publique sera bien interprétée et ressentie par les musulmans comme une loi dirigée contre leur religion, comme la loi de 1905 de séparation de l’Église et de l’Etat fut ressentie par les Catholiques comme une loi dirigée contre la leur. Ce qu’elle était effectivement pour les anticléricaux qui l’initièrent, tant ils étaient exaspérés par les débordements jugés abusifs, ostentatoires et ostensibles du fait religieux dans la vie civile.

Légiférer seulement contre le voile islamique ne simplifiera pas les choses. Et s’il faut vraiment légiférer pour ramener la paix dans les esprits et à l’école, pourquoi ne pas rétablir alors une stricte égalité sur tous les points du territoire, en Alsace-Moselle comme dans le reste de la France, dans les écoles de la République comme dans celles sous contrat ? Pourquoi ne pas y interdire tout signe religieux visible ? La République laïque n’a à privilégier ni à discriminer une religion. Pourquoi donc devrait-elle admettre que l’on puisse exhiber ces signes discrets, mais ostensibles, de l’héritage judéo-chrétien de la France ?

En septembre prochain, donc, il ne devrait plus y avoir de voiles dans les cours de récréation. Le problème ne sera pas réglé pour autant : combien de jeunes filles, ayant atteint l’âge de 16 ans au-delà duquel l’école n’est plus obligatoire, seront-elles contraintes de rester chez elles et de perdre le seul lien qui pouvait leur permettre de s’en sortir ? Pour elles, la nouvelle loi sur les signes ostensibles à l’école constituera une erreur.

Nous persistons à penser qu’il faut libérer les jeunes filles issues de l’immigration du voile de l’obscurantisme qu’elles sont plus ou moins contraintes de porter au nom de Dieu. Un nom qui sert surtout de paravent à une vision machiste des relations hommes/femmes héritée de leurs pères et induite par la soumission de leurs mères. C’est cette conception, totalement contraire aux principes qui fondent notre savoir-vivre ensemble, qu’il nous faut combattre, et non pas l’islam. Ce combat sera au moins aussi difficile à mener que celui que gagnèrent finalement des Jules Ferry, Jean Jaurès et Léon Bourgeois en ancrant l’école publique et la laïcité dans nos institutions.

Mais pour cela, il nous faut régler les difficultés d’une jeunesse tiraillée entre une origine étrangère et un modèle culturel dominant qu’elle n’a pas toujours les moyens d’atteindre. Une partie d’entre elle est mal intégrée dans notre pays et se saisit d’occasions de contestation ou de provocation, comme le voile, à l’intention du pays qui l’accueille sans lui faire vraiment une place. Que les politiques osent enfin prendre à bras le corps le problème de l’intégration et son corollaire, le mal-vivre des banlieues. Alors, et alors seulement, ils pourront lutter contre l’influence des intégristes sur cette jeunesse.

C’est à l’évidence plus difficile à faire que de voter une loi sur la laïcité. Mais au moins aussi urgent.

1 Est ostentatoire une attitude qui manifeste de l’ostentation, c’est à dire une affectation que l’on apporte à faire parade d’un avantage ou d’une qualité. Un signe ostensible est quant à lui un signe que l’on ne cache pas, que l’on montre.
2 Rapport Stasi, p 28.

 

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