L'édito du n° 104
Tout vient à point...
Tout vient à point à qui sait attendre, dit le proverbe. Il s’applique assurément à nos lecteurs qui ont eu la patience d’attendre ce numéro, sans s’inquiéter outre mesure d’un retard de trois semaines. Nos adhérents et abonnés sont de ceux-là, connaissant l’ampleur de l’ouvrage que nous avions sur la planche avec la publication d’un hors-série hors norme, de 400 pages et d’un second, plus modeste avec ses 64 pages et son format A5, venant le compléter.
Le sujet qu’ils traitent est d’autant plus passionnant qu’il n’a jamais été étudié dans son ensemble et que l’histoire châlonnaise de la Grande Guerre se résumait, pour le public, à deux ou trois épisodes : l’occupation allemande de septembre 1914, le sacrifice du maréchal des logis Macquart de Terline en 1916 et le bombardement de la rue Titon en 1918. Pas de quoi, en somme, éditer un ouvrage de 400 pages ! D’où notre idée première de publier un hors-série standard de 60 pages, à laquelle il nous a fallu bien vite renoncer pour faire face à l’abondance de la matière.
La présentation de cette chronique historique de la Grande Guerre à Châlons et ses environs ne se contente pas d’occuper la moitié de ce numéro. Elle nous entraîne dans un voyage dans la Creuse où Roger Canard a découvert que le cirque de Châlons servait d’atelier de camouflage. Elle se glisse aussi dans une exposition consacrée à la brasserie de la Comète pour nous rappeler que ses caves servaient d’abri aux Châlonnais durant les bombardements. Elle est enfin présente dans notre rubrique philatélique rendant hommage au sauveur de Châlons, le général Gouraud.
Antoine Chezy, notre Châlonnais célèbre, oublié de ses concitoyens, n’a pas connu la Grande Guerre durant laquelle une impasse portait encore son nom avant de disparaître dans l’incendie qui ravagea son quartier en juin 1940. Jean-Marie Derouard nous le fait redécouvrir. Viviane Labeau, quant à elle, nous fait part de son ravissement face aux charmes de sa ville d’adoption.
Nous aurions aimé pouvoir traiter d’autres sujets sur lesquels nous maintenons notre vigilance : patrimoine, environnement, développement durable, le nouveau Conseil de Développement également, auquel nous ne savons toujours pas, un mois et demi après la date prévue, si notre association – et toutes les autres – sera conviée à y siéger ! Mais le temps qui nous a manqué ne l’a pas permis. Aussi notre rubrique «société» se trouve-t-elle réduite à un seul sujet, l’exil forcé, loin de sa terre d’adoption, d’un jeune Guinéen parfaitement intégré, dont l’avenir a été broyé par un honteux système administratif dépourvu d’humanité au prétendu pays des Droits de l’Homme.
Sabine Schepens Bruno Malthet
rédactrice en chef président de l’association