L'édito du n° 108
Coqs & fontaines
Comme toujours, au moment de composer le Petit Catalaunien Illustré, se pose la question de la ligne directrice du numéro. «Coqs et fontaines », ce titre énigmatique demande un déchiffrage.
L’emblématique coq gaulois trône depuis toujours sur les flèches de nos églises. S’ils pouvaient parler, ils nous raconteraient bien des histoires qu’ils ont vécues comme le fait Messire Ysidor dans ses « Mémoires insolites » publiés par les éditions du Petit Catalaunien Illustré et dont nous publions quelques pages. Un autre coq, celui qui chante la victoire de 1918, figure sur la garde de l’épée d’honneur offerte par la ville de Châlons au général Gouraud, notre Châlonnais célèbre, lors de la fête de la Reconnaissance du 14 septembre 1919 faisant l’objet d’un numéro hors-série de notre journal. La tactique, qu’il a adoptée le 15 juillet 1918, a brisé net l’offensive allemande, sauvé Châlons d’une deuxième occupation, ouvert les portes de la seconde bataille de la Marne et permis d’en finir avec ce premier conflit mondial. Après cette guerre, les Poilus veulent reconquérir leur place dans la société française, notamment dans les bureaux de l’armée, place qu’ont prise les femmes en leur absence : des articles extraits des journaux locaux montrent que le chemin sera encore long avant d’accorder le droit de vote aux femmes.
Fontaines, eaux vives : Messire Ysidor a assurément connu l’apothéose monumentale de Léon Bourgeois et la fontaine en fonte de la place de la République, deux sujets abordés dans ce numéro. Cependant, n’ayant pas la faculté de prévoir l’avenir, il ne nous a pas livré ses pressentiments sur les dossiers qui viennent compléter notre rubrique « société ». On cherchera donc en vain dans ses mémoires une quelconque allusion à la façon dont vient d’être aménagée la place de la République et son opinion sur la triste table d’eau qui, censée l’orner, ressemble à un mausolée.
L’attachement au patrimoine d’Ysor est indéniable et, s’il avait vécu jusqu’à nos jours, il eût sans nul doute approuvé les combats que nous menons pour le protéger. N’étant pas une girouette tournant selon le sens du vent, il eût apprécié de nous voir tenir ce cap avec constance et détermination.
Sabine Schepens Bruno Malthet
rédactrice en chef président de l’association