L'édito du n° 91
Salle, Garinet, des Gachons et les autres...
L’an dernier, nous commémorions le bicentenaire de la bataille de France qui fut suivie de la première abdication de Napoléon. Le numéro double du Petit Catalaunien Illustré que nous y avons consacré s’est intéressé à la vie quotidienne des Châlonnais durant cette période et aux malheurs qui s’abattirent sur eux. Cette année, le bicentenaire des Cent-Jours n’a pas donné lieu à de semblables commémorations. En France, tout du moins, contrairement à celles qui se déroulèrent le 18 juin à quelques lieues de Bruxelles, à Waterloo, lieu symbolique marquant la chute définitive du premier Empire. Que s’est-il passé à Châlons durant ces Cent-Jours ? Et comment nos ancêtres accueillirent-ils le rétablissement puis la chute de l’Empire ? Les écrits de Léandre Salle, le Châlonnais célèbre de ce numéro, et le dépouillement de la presse locale nous permettent d’appréhender ces moments intenses qui allaient déboucher sur une seconde invasion.
Bis repetita, serait-on tenté d’écrire. Mais si on sait ce qu’il advint la première fois, la seconde qui se dessine lui ressemblera-t-elle ? C’est la question que l’on est en droit de se poser avec le musée Garinet à la lumière du drame qui secoua, voici 7 ans, le musée Schiller & Goethe. Les arguments utilisés hier pour justifier l’injustifiable sont les mêmes aujourd’hui. En ces temps de crise, il est électoralement peu risqué de fermer un musée. Tant pis pour les touristes qui se cassent le nez devant une porte close. Ils apprendront à leurs dépends que Garinet n’est pas Vegas et, à la lecture de ce numéro, que son drame actuel est en partie lié à sa naissance en 1899 lorsque le conseil municipal s’avisa de le couper en deux.
Que faire ? Depuis longtemps, hélas, la culture ne fait plus rêver nos édiles, même s’ils revendiquent en la matière pour Châlons un label de capitale nationale. Fort heureusement, le rêve est bien présent dans ce numéro, avec cette magnifique toile d’André des Gachons pour laquelle les Amis des Musées nous invitent à nous faire mécènes. Les petits ruisseaux font les grandes rivières, dit le proverbe. Si chacun de nos lecteurs envoie aux Amis des Musées ne serait-ce que 10 € pour contribuer à cette restauration, le lac d’où viennent « les passantes du rêve » et la fontaine vers où elles dirigent leurs pas retrouveront tout l’éclat de ce décor enchanteur.
Ces « passantes du rêve » ont déjà trouvé leur place dans une des planches du « dictionnaire des Châlonnais » qui compte 664 illustrations – 702 si on prend en compte celles de ses tables ! – pour 917 notices biographiques. Le lancement de la souscription, qui a retardé la sortie de ce numéro, est l’aboutissement de quatre années et plus de 10 000 heures de recherches bibliographiques et iconographiques, pour l’essentiel dans les fonds patrimoniaux de Châlons. En attendant la sortie de cet ouvrage de référence tant attendu, ce numéro vous le présente.
Sabine Schepens
rédactrice en chef